Lu aujourd’hui ici :
http://fr.movies.yahoo.com/29022008/10/29022008064023.html
l’aveu de Misha Defonseca : elle a presque tout inventĂ©, Survivre avec les loups, l’adaptation au cinĂ©ma de son rĂ©cit qui m’avait tant bouleversĂ©e n’Ă©tait qu’une fiction, et le pur fruit de son imagination… Elle n’a jamais traversĂ© l’Europe d’Ouest en Est, n’a pas vĂ©cu dans la forĂŞt avec les loups… non elle n’avait pas non plus 7 ans Ă l’Ă©poque des faits relatĂ©s, tout juste 4, on a mĂŞme retrouvĂ© la trace de sa scolarisation pendant la guerre… Seule chose vraie, ses parents ont bien Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s, pour acte de rĂ©sistance.
Comment lui est venue cette idĂ©e saugrenue de fabuler autour de sa tragĂ©die de petite fille ?.. Elle dit aujourd’hui que son Ă©ditrice l’y aurait poussĂ©e, elle demande pardon Ă ceux qu’elle a pu blesser. Le film sorti en France en janvier, pourra bientĂ´t ĂŞtre vu en Allemagne…
Quelle leçon tirer de tout cela ? A quoi correspond notre recherche d’un monde, et d’ĂŞtres extraordinaires ? notre attirance pour le hors norme, celui qui a su dĂ©passer nos limites quotidiennes… comme Alexandra David NĂ©el… (au moins elle, c’est sĂ»r, elle l’a traversĂ©e la Chine, d’Est en Ouest!!!), nous la portons sans doute tous en nous. Alors, que son exploit soit rĂ©el ou inventĂ©, il nous dit l’aspiration de l’humain Ă se dĂ©passer.
Hier soir tard, je parlais de ce film Ă un ami quĂ©bĂ©cois en visite Ă Paris, lui rĂ©pĂ©tant combien il m’avait Ă©mu… j’ai eu la surprise de l’entendre me dire que tout ça lui semblait du pipeau, voyant mon Ă©tonnement il a insistĂ© : oui, tout ça est inventĂ©! Je ne savais que rĂ©pondre, aujourd’hui je suis sidĂ©rĂ©e par la coĂŻncidence, et par sa clairvoyance Ă lui, cet ami est poète…
posté le 29/02/2008 | 1687 vues | 26 commentaires | tags: survivre avec les loups démenti mensonge
Ca me file un coup. Tout simplement parce que je l’avais entendu Ă la radio il y a un moment raconter son histoire et que ça m’avait Ă©mu.
Tu as lu cette information, oĂą ?
@Anne H : tu peux lire l’info sur le lien “yahoo” qui est dans mon article (si le lien fonctionne…). Oui, ça me semblait “grandiose”, je suis tombĂ©e de haut… quelle leçon pour moi et ma tendance Ă m’exalter au quart de tour…
info vue jeudi soir au journal d’une des tĂ©lĂ© belges. La dame s’appelle Monique Waert, ou quelque chose d’approchant.
oui son vrai nom est Monique de Wael, voir le lien dans mon article, mais elle a Ă©crit sous le nom Misha Defonseca… finalement elle aurait pu se dire romancière, faire une fiction, sublimer tout ce passĂ© douloureux, elle dit avoir Ă©tĂ© flouĂ©e par une maison d’Ă©dition l’ayant poussĂ©e Ă faire un gros coup… elle a de toute façon Ă©tĂ© quelque peu sans scrupules… pour les gros sous peut ĂŞtre…
Ce qui est rĂ©vĂ©lateur dans cette affaire, c’est la prime au pathos, que la seule chose qui compte, le seul critère unique de jugement devient l’Ă©motion qu’on en ressent. D’ailleurs l’avocat a quand mĂŞme osĂ© dire Ă Misha qu’elle Ă©tait parfaitement lĂ©gitime de donner cette version parce que c’Ă©tait SA veritĂ©. Ce qui veut dire que plus personne ne considère qu’il y a UNE vĂ©ritĂ©. On considère qu’il y a autant de vĂ©ritĂ©s que d’humains.
Ce qui est complĂ©tement faux cet exemple nous le montre bien. C’est le règne du relativisme, seule compte l’Ă©motion, comme l’indique l’auteur de l’article…
Et le pire, c’est que tout le monde a marchĂ© comme un seul homme, vu que cela mĂŞlait histoire Ă sensations, passĂ© trouble liĂ© Ă la shoah, et surenchère victimaire. Que le type qui a rĂ©vĂ©lĂ© l’histoire s’est pris de nombreuses insultes pour oser s’attaquer Ă cette icĂ´ne.
Je trouve qu’un blogueur a excellement rĂ©sumĂ© la situation, sur toutes les leçons Ă tirer de cet Ă©pisode:
En vrac :
1- les-véritables- tabous de la seconde guerre, ceux concernant les règlements de comptes, le tryptique indépassable résistant-victime-collabo
2- la surenchère victimaire, la compensation victimaire, la hiérarchie victimaire
3- la mythomanie comme révélatrice des croyances sociales (cf Marie-Léonie du RER D ), si c’est une belle histoire selon les critère sociaux (ici histoire de victime) plus c’est gros plus ça passe (commentaires lus : “peu importe si c’est vrai, c’est une belle histoire”, ou l’avocat de Defonseca : “c’est sa vérité”)
4- les gros sous sans scrupule des maisons d’édition (l’éditrice doit plusieurs millions d’a-valoir à Defonseca), les gros sous sans scrupule du cinéma, la promo débilitante, l’inénarrable Bedos qui nous refait le coup de la menace fasciste
5 - l’absence de repentance pour les amis de la repentance (cf 5) (”Pas question de retirer le film des salles, affirme Mathieu Piazza, responsable de la promotion chez Bac Films Production. «Ce conte tragique reste un bel exemple de courage et de persévérance contre l’adversité. C’est Mowgli chez les nazis !»”)
5 nb : le bouquin cité parmi ceux “à faire lire” dans les école à propos de la mémoire de la shoah, avant que la supercherie n’éclate, bien sûr
6- la zoophilie compensatrice : les animaux valent mieux que les hommes, ainsi, ceux reconnus comme étant les plus agressifs envers l’homme (loups, ours..) sont “retournés” psychologiquement : pour fuir la société humaine mauvaise, on “passe de l’autre bord”, forcément bon
7- “formation des enfants” : leur enseigner qu’ils valent mieux que les adultes, nouveaux professeurs de morale intouchables
retour à une enfance totalement phantasmée
8- refus du rôle d’adulte : refus de prendre en charge une éducation, synonyme de contraintes, de limites à imposer, de responsabilités
9- refus du réel en général, de la part d’ombre humaine, de la séparation entre réel et imaginaire
10 - monumentale et nauséabonde-terme qu’ils chérissent- malhonnêteté des journalistes, qui après avoir vendu cette connerie, vendent le scoop de la supercherie, et se ruent sans rougir sur les excuses de la mytho
En mĂŞme temps, c’Ă©tait crĂ©dible. Moi je suivie avec deux monstres de chats, c’est dire.
@Polydamas: que nous ayons cru Ă cette “fiction”… indique plus, Ă mon sens, que l’humain porte en lui un besoin inextinguible de transcendance : elle, Misha, qui l’a portĂ©e et nous qui y avons cru. Vous avez dit, ici, ĂŞtre catholique… certains trouvent qu’il n’y a pire affabulation que les “Evangiles”… Le miracle de la rĂ©surrection, la virginitĂ© de Marie, avouez que cela peut en dĂ©concerter quelques uns… (dont je ne fais pas partie, je tiens Ă le prĂ©ciser). Dites, vous, vous vous en Ă©tiez doutĂ© (comme mon ami poète du QuĂ©bec) que tout ça avait Ă©tĂ© inventĂ©, avant de le dĂ©couvrir, comme moi, il y a deux jours ? Pourquoi vous attaquer Ă Guy Bedos (Ă qui Misha avait montrĂ© sa boussole!!!) ? moi, je le plains aujourd’hui, car, lui, il l’a vĂ©ritablement sublimĂ© son personnage. J’espère ne pas vous avoir trop choquĂ© avec ma rĂ©fĂ©rence aux “Evangiles”… et d’avoir osĂ© les rapprocher de cette histoire…
@ Philiberte:
Non, je n’avais pas entendu parler de ce film, ni de l’histoire, je suis passĂ© complètement Ă cĂ´tĂ©, donc je serais bien en peine de dire que j’avais vu quelque chose de suite. Je ne fais que reprendre les 10 points d’un blogueur que je trouve pertinent sur la question.
Cependant, cela revèle bien des choses sur notre capacitĂ© Ă croire Ă partir du moment oĂą la personne qui se prĂ©sente est une victime, une victime, qui plus est sur “les heures les plus sombres de notre histoire”. Et Guy Bedos n’est pas le dernier Ă instrumentaliser ce type d’histoire Ă des fins politiques, c’est comme cela qu’il faut interprĂ©ter cette pique.
Bon, concernant la religion, il ne me semble que cela soit Ă mettre dans le mĂŞme sac, vu qu’il y a une transcendance, une croyance dans un dieu par dĂ©finition tout-puissant, qui fait donc ce qu’il veut, il y a une croyance dans l’au-delĂ . Chez Misha, rien de tout ça, juste une histoire qu’elle prĂ©sente comme rĂ©elle, mais qui ne prĂ©sente pas de points communs avec ce qui s’est vraiment passĂ©.
@Polydamas : si je peux me permettre… il vous faudrait vraiment avoir vu le film… je vous assure qu’il y surgit quelque chose de magique… de “mystĂ©rieux”, et Guy Bedos n’a en aucun cas instrumentalisĂ© politiquement cette histoire, il en a Ă©tĂ©, comme nous tous, le “bedeau” Ă©merveillĂ©… Je ne sais qui est ce blogueur “Ă©nervĂ©”… que vous citez, j’ai l’impression que lui aussi essaie de tirer parti du scandale… non ?
Ah c’est possible que le film soit gĂ©nial, je ne dis pas le contraire. Mais en tant que fiction, pas en tant qu’histoire vraie. C’est lĂ tout le problème.
Le blogueur fait rĂ©fĂ©rence Ă la promotion du film dans lequel Bedos a tenu le discours qu’on lui connait. Ensuite, je ne pense pas qu’on essaye de tirer parti du scandale, il se contente d’analyser les diffĂ©rentes thĂ©matiques ressortant de cette histoire, et qui renvoie toutes Ă des problèmatiques contemporaines (statut de l’enfant, de la vĂ©ritĂ©, de la shoah, etc).
@Polydamas : non la shoah n’Ă©tait pas une fiction, et cette petite fille qui a ensuite, adulte, affabulĂ© avait Ă©tĂ© prise dans cette barbarie… Je viens de voir “Le pianiste”, certains aspects du film me dĂ©plaisent (l’esthĂ©tisme entre autre), “La liste de Schindler” m’avait semblĂ© plus percutant, toutefois, ces deux films ont pour scène la mĂŞme barbarie… ce sont des fictions… et ce sont des histoires vraies : celles de Schindler et ses juifs, celle de Szpilman et de la Pologne… Misha, ou Monique de Wael, a aussi vĂ©cu cette Ă©poque-lĂ … elle avait 4 ans… elle a perdu ses parents dĂ©portĂ©s… ça n’excuse pas le mensonge, ça l’explique, peut-ĂŞtre, en partie. Oui, la vraie question est notre capacitĂ© Ă croire Ă quelque chose d’extraordinaire, la survie de Szpilman, celle des juifs de Schindler, celle qui aurait pu ĂŞtre celle de Misha avec ses loups… L’Allemand qui le dernier a sauvĂ© Szpilman lui a dit de remercier Dieu, car seul lui avait pu lui permettre de rester en vie… Voyez le film… (les films) et ensuite, si vous voulez, reparlons-en.
Je ne peux pas parler de ce film ni du livre, mais je suis saisie par la justesse du commentaire de Polydamas.
Je ne peut ni parler du livre ni du film, car je ne les ai pas lu ni vu. Par contre sur les faits, en fait je ne comprends pas sa dĂ©marche. Pourquoi a-t-elle voulu faire passer ça pour une histoire vraie? Pour Ă©chapper Ă son quotidien? Pour se rendre plus importante? Ca me semble peu probable, mais je ne parviens pas Ă comprendre. Je pense qu’en se qualifiant de romancière, elle n’aurait pas gagnĂ© ou perdu du crĂ©dit, vu que cette histoire Ă©meut. C’Ă©tait peut-ĂŞtre un coup marketing… :-)
Mais… Ce qui me sidère c’est que les gens soient Ă©tonnĂ©s que ce genre de choses arrivent. Vous croyez vraiment tout ce que vous dit la tĂ©lĂ©? Alors certes, c’est dĂ©concertant de se rendre compte qu’une seule personne ( prĂ©tendĂ»ment) ait pu rouler toute une profession et tout un public mais… c’est ni la première fois, ni la dernière fois que ça arrive.
Le film, qui en a enchantĂ© autant, devient-il moins merveilleux? Je ne pense pas, un bon film est un bon film. Comme si Voyage au bout de la nuit Ă©tait devenu un ouvrage moins bon ( moi, j’aime pas, mais je ne suis personne pour juger de sa valeur) parce que le passĂ© de L-F CĂ©line est trouble…
Une oeuvre d’art est une oeuvre d’art. Elle peut s’appuyer sur le rĂ©el, elle peut avoir comme matière le politique, mais elle est Art, d’abord et avant tout.
@Cachemire et Soie : je rĂ©pondrai comme Ă Polydamas, je pense qu’il faudrait voir le film pour pouvoir percevoir l’exagĂ©ration, Ă mon sens, du blog qu’il cite… les deux autres films “la liste de Schindler” et “le pianiste” Ă©tant naturellement supĂ©rieurs cinĂ©matographiquement parlant, mais dont on pourrait Ă©galement dire qu’ils mĂŞlent ” histoire Ă sensations, passĂ© trouble liĂ© Ă la shoah, et surenchère victimaire”…(cf. Polydamas). Ce discours me gĂŞne un peu…
@Ovidette : c’est bien ce qui me trouble aussi… pourquoi ?
@Miss Lili : idĂ©e Ă creuser… sans tomber dans un fĂ©minisme dĂ©placĂ©, je me demande si on ne lui reproche pas plus cette supercherie parce qu’elle est une femme…
merci pour vos commentaires… il semblerait que la polĂ©mique enfle en France, voici le lien de l’interview de Misha Defonseca dans “Le Figaro” :
Philiberte : Je ne parlais pas de ce film en particulier (comme je l’ai dit, je ne l’ai pas lu/vu), ni des Ă©vĂ©nements ou de l’Ă©poque Ă laquelle il fait rĂ©fĂ©rence. Je voulais simplement souligner le fait que le commentaire de polydamas me semblait le juste reflet d’une façon de percevoir les choses, en France, dans les petites choses (et moins petites) du quotidien.
@Cachemire : oui… le commentaire en soi est percutant et mĂŞme, dirais-je, brillant ! toutefois, c’est bien “l’Ă©clat” qui me gĂŞne… on peut aussi, en France, bannir, de la mĂŞme main, ceux qu’on avait d’abord portĂ©s aux nues… le dĂ©bat, oui! mais Ă©couter, avant tout… essayer de comprendre (nous ne sommes ici dans aucune abomination !!! il ne faut quand mĂŞme pas exagĂ©rer ! il ne s’agit que d’une “affabulation littĂ©raire”… pas des “horreurs” qui sont dĂ©noncĂ©es dans ce blog!!!).
Je ne saisis pas bien. je saisis que Philiberte n’est pas d’accord avec Polydamas. Si je suis tout bien, Polydamas a repris des Ă©lĂ©ments d’un blog qui dĂ©nonce les dĂ©rives de l’”aventure Misha”, au sens large et Philiberte trouve que le “faux pas” de Misha ne vaut pas tout ce dont on la taxe.
Il me semble que :
1/ il ne s’agit pas de taxer Misha de tout ceci, mais d’avoir une vision de haut sur ce film… le fait qu’il soit fiction ou rĂ©alitĂ© n’a pas beaucoup d’importance, puisqu’on critique le point de vue du film. Le fait qu’il soit fiction alors qu’on l’a dit rĂ©alitĂ© est un problème, mais dans ce cas, la encore, on critique le “mensonge”. Ce qui me semble criticable
2/ la simple “affabulation littĂ©raire” (pour reprendre les termes de Philiberte) a quand-mĂŞme créé un grand Ă©lan de sympathie de la part de beaucoup de gens, on a parlĂ© de “phĂ©nomène”, Philiberte a, ici, dit son admiration sincère, fait des comparaisons avec de Grandes Dames, ce qui n’est pas rien. Et cette simple affabulation littĂ©raire a aussi créé un grand tollĂ© quand nous avons appris la supercherie.
Alors si ce film est vraiment un chef d’oeuvre, s’il soulève un tel engouement, si il est merveilleux Ă ce point, si la chute est si dure, pourquoi ne mĂ©riterait-il pas une critique Ă sa mesure?
De plus, et c’est pas tous les jours que je dĂ©fends Polydamas, il n’a pas prĂ©tendu avoir vu le film et l’avoir trouvĂ© mauvais, il a dĂ©noncĂ© les dĂ©rives d’un film ( et en plus, il a repris les Ă©lĂ©ments de son intervention ailleurs). Je ne vois pas oĂą il est question de ne pas Ă©couter ou de ne pas comprendre. Il ne s’agit pas d’essayer de comprendre POURQUOI Misha a menti, mais de comprendre les dĂ©rives possible Ă son mensonge…
Ou alors, j’ai rien compris, ce qui est possible aussi.
@Miss Lili : je ne me sens pas en dĂ©saccord avec Polydamas, j’ai simplement du mal Ă dialoguer avec lui, Ă©tant donnĂ© qu’il me parle de quelque chose qu’il ne connaĂ®t pas (le film, le livre…)… je sais qu’on peut prendre position sur tout en France… peut-on analyser les “dĂ©rives” d’un film qu’on n’a pas vu ? ça me semble de l’extrapolation, voire de la projection… Ce film n’est sans doute pas un chef d’oeuvre, pas comme les deux films que je cite en parallèle… MAIS… je m’interroge sur la FORCE de la polĂ©mique qui est nĂ©e, sur le VIVACITE avec laquelle on condamne Misha… allez sur le lien du “Figaro” oĂą elle s’explique un peu… je crois qu’IL N’Y A PAS DE DERIVE POSSIBLE Ă son mensonge… quelle dĂ©rive ? voyez le film et parlons-en après… s’il vous plaĂ®t.
@ Philiberte:
J’ai vu le Pianiste et la liste de Schindler qui, chacun Ă leur manière, racontent une version, un aspect de la shoah. Sur le film de Misha, oui, il est probable que ce soit une version Ă©galement de celle-ci. Mais les spectateurs auraient-ils Ă©tĂ© Ă©merveillĂ©s de la mĂŞme façon si ils avaient su qu’il s’agissait d’une fiction ? Je ne sais pas, je me pose la question mais j’aurais tendance Ă penser que non.
En outre, vous aurez remarquĂ© la tendance “Tous victimes !” de notre sociĂ©tĂ©. Si vous souhaitez gagner une cause, c’est THE stratĂ©gie. Peu importe que vous soyez vraiment bourreau ou victime, ce qui importe, c’est que vous soyez perçus ainsi. C’est lĂ tout le problème, on a un peu trop tendance Ă faire privilĂ©gier nos Ă©motions, notre ressenti, qui va naturellement vers la victime, plutĂ´t que notre intellect, la raison. Je ne dis pas qu’il ne faut pas privilĂ©gier la victime, je dis qu’il faut savoir raison garder et dĂ©mĂŞler le vrai du faux, ce qui est compliquĂ©.
Et puis, oui, la tendance qu’ont certains journaleux Ă raconter tout et n’importe quoi me laisse parfois pantois. Je ne parle pas de ce film, qui effectivement, peut ĂŞtre une belle oeuvre, je parle de ce qu’il rĂ©vèle sur notre sociĂ©tĂ©, sur ce qu’il en ressort, sur ce que les spectateurs, mais aussi les journalistes et les faiseurs d’opinion en disent. C’est sur la bulle mĂ©diatique que je m’interroge.
On pourrait parler Ă©galement du succès de “Bienvenue chez les ch’ti”. Sans l’avoir vu, on peut quand mĂŞme se dire qu’il rĂ©vèle deux-trois petites choses sur notre sociĂ©tĂ©.
@ Miss Lili:
Heureux de vous voir de mon cĂ´tĂ©… :-)
@Polydamas : dĂ©solĂ©e… mais je crois je n’ai plus rien Ă ajouter que ce que j’ai dĂ©jĂ dit…
Certes Polydamas n’a pas vu le film, mais des mensonges, il en a vu. Des grands et des petits.
Alors oui, ce film est un chef d’oeuvre, oui cette oeuvre est poignante, mais mensonge Ă grande Ă©chelle il y a eu, on ne reviendra jamais lĂ dessus.
Oui, on a dit au public que ce chef d’oeuvre Ă©tait une histoire vraie alors que c’Ă©tait faux.
Bien sur que la polĂ©mique est grande! Le mensonge l’Ă©tait aussi!
Pour faire un parallèle trivial : on a fait beaucoup de cas du mariage de Lady Di et on a fait beaucoup de cas de son divorce. L’un PARCE QUE l’autre. Lady Di se serait mariĂ©e en vitesse Ă Las Vegas avec deux clochards pour tĂ©moins avec un illustre inconnu, son divorce n’aurait intĂ©ressĂ© personne!
Il me semble que tu veux dissocier deux choses indissociables. La polĂ©mique, l’affaire Misha est liĂ©e, indissociablement, Ă l’engouemment suscitĂ© par le film… Et lĂ encore, je n’arrive pas Ă trouver cela anormal. Et je n’ai toujours rien lu qui m’explique pourquoi tu veux qu’on traite avec moins d’emphase quelque chose qui a suscitĂ© cette emphase…
Polydamas> n’y voyez lĂ aucune sympathie. Seulement j’ai un peu d’honnĂŞtetĂ© d’esprit.
@Miss Lili : je crois malheureusement que l’emphase et l’Ă©moi autour de “Survivre avec les loups” sont liĂ©s autant Ă la pĂ©riode, au thème Ă©voquĂ©, Ă la blessure qui est prĂŞte Ă se rouvrir Ă la moindre occasion… qu’au mensonge d’une femme… si elle avait menti sur autre chose (cf. Castaneda et son initiation par Don Juan) on ne lui en aurait pas autant fait grief. Je crois mĂŞme que le fait qu’elle soit une femme a aggravĂ© les choses (les rĂ©actions…).
Pour te donner un exemple de l’Ă©motion qui peut surgir Ă la seule Ă©vocation de cette pĂ©riode, je voudrais te faire part d’une brève lue aujourd’hui dans un journal gratuit : Angela Merkel, première dirigeante allemande Ă faire un discours Ă la Knesset, le Parlement israĂ©lien, elle a dit combien la “Shoah emplissait de honte” elle et ses compatriotes, et qu’Ă jamais pour cette raison ces deux peuples resteraient liĂ©s. Je n’ai pu contenir mes larmes. C’est l’une des plus belles dĂ©clarations que j’aie pu lire. Pourtant, dans cette Knesset, quelques membres de l’extrĂŞme droite israĂ©lienne ont protestĂ©, sont partis, parce que ça semblait une injure, de seulement entendre cette langue allemande… Honte Ă eux aussi!!! car leurs ancĂŞtres dĂ©portĂ©s, pour beaucoup la parlaient cette langue, et le yiddish quand vous l’Ă©coutez est si proche des sonoritĂ©s allemandes… C’est ça que j’ai aussi voulu dire, cette Ă©motion si forte chaque fois qu’on parle de cette guerre… Cette Ă©motion, cette douleur ENORME, est celle de Misha… Alors, moi, je lui pardonne son mensonge.
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Par contre, il m’avait semblĂ© voir que si ses parents avaient effectivement Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s on n’Ă©tait pas sĂ»r encore que ce soit pour des faits de rĂ©sistance…