Une brève radiophonique entendue ce matin m’informait que l’on fait désormais des injections de Botox au niveau du point G pour amplifier l’orgasme féminin. Alors que des milliers de femmes sont encore excisées de nos jours, que des millions de femmes n’ont jamais connu et ne connaîtront jamais l’orgasme, que le plaisir féminin n’est pas même considéré comme important par la majorité des êtres humains dans le monde, certaines vont se faire injecter du Botox pour jouir plus fort.

orgasme féminin botox

En soi, ceci pourrait se défendre : après tout, on peut comprendre qu’une telle sensation, que dis-je, phénoménale expérience, procure le désir de l’amplifier encore. La gourmandise est rarement raisonnable. Le petit souci, c’est que cette “avancée scientifique” (ou “opération esthétique” ?) qui pourrait sembler anodine, simplement faire sourire, n’est pas si inconséquente qu’il n’y paraît…

Je repense aux mots entendus récemment lors d’une Théma d’Arte

 
C’est un Thema sur “Mahomet et les femmes” : j’y apprenais alors que Mahomet avait établi dans le Coran que la jouissance féminine était un droit. Nul besoin de revenir en détails sur la révolution sexuelle de nos années 60-70, ni sur l’art du Kama-Sutra, on sait bien qu’il a toujours été des régions et des moments du monde où l’on a érigé la jouissance sexuelle au rang d’art accessible à tout un chacun.

L’orgasme féminin : un devoir ?

Là où l’on a souvent présenté la sexualité, sous quelque forme respectueuse d’autrui qu’elle s’exprimât, comme un droit, l’on présente de plus en plus, et la vogue du porno-chic y est pour quelque chose, l’orgasme comme un devoir. Et c’est là que le vît blesse. Prendre du Viagra pour lutter contre l’impuissance est une chose, en prendre pour démultiplier son plaisir pourtant naturellement présent en est une autre.

Se faire injecter du Botox au niveau du point G

 
Et pourquoi pas se faire injecter du Botox au niveau du clitoris, ce qui arrivera sans doute pour requinquer un organe défaillant serait une chose, mais l’on n’y a pensé que pour démultiplier un orgasme pré-séant. A doper notre sexualité comme d’autres se dopent pour des pseudo-exploits sportifs, non seulement on encourage davantage notre tendance à l’insatisfaction permanente, mais en plus on tend à se détacher de notre corps, croyant paradoxalement ce-faisant s’en rapprocher.

L’être humain devient une machine qui actionne ses propres boutons dans de déjà nombreux domaines, agir de même dans la plus animale de nos parts, la sexualité, c’est renier une fois de trop ce qui définit notre condition : l’aléatoire. Notre prétention nous perdra.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *