Humeurs

Dans le vidéoscope #3 : “Skateboarding in Palestine”

Clin d’œil à une époque désormais révolue, le magazine des filles à la page arborait, dans ses jeunes années, un encart vidéo qu’il nous plaisait de changer à loisir, fruit de nos recherches parfois interlopes sur les Internets, donnant parfois lieu à des découvertes mirobolantes…Vidéoclips à l’esthétique renversantereprises stupéfiantes de classiques pop ou encore courts-métrages dont la poésie laisse sans voix, nous avons fini par nous rendre à l’évidence : pourquoi vouloir changer une équipe qui gagne ? Chaque semaine sur Ladies Room, venez donc zieuter notre Vidéoscope, pour y découvrir ou y re-découvrir les vidéos dénichées par la rédaction !

Cette semaine, en écho à l’acte de Banksy, le street-artist à l’identité mystérieuse qui, afin d’attirer l’attention des internautes sur la situation en Palestine, a peint un chaton triste sur un mur en ruine à Gaza, on vous propose de découvrir une initiative admirable de légèreté et de bon coeur. Et on vous retranscrit ici la courte interview qui accompagne la vidéo sur le site Nowness :

« En deux ans, SkatePal, une association basée en Ecosse, a construit trois skateparks en Palestine, pour aider à créer et entretenir une communauté locale de skate en enseignant aux jeunes enfants les joies de la planche à roulettes. Le photographe et réalisateur Sirus F. Gahan a voyagé jusqu’à Gaza avec une équipe de skaters et de volontaires : Luke Murphy, Martin O’Grady, Harry Gerrard et Sam Dearden, pour rendre compte de l’admirable travail accompli par SkatePal. »

« On a rencontré seulement une poignée de skaters au cours de notre premier voyage et ils avaient commencé à skater juste six mois auparavant » raconte Charlie Davis, qui fonda l’association après s’être porté bénévole comme professeur à Jenin, en Cisjordanie, et qui s’apprête à construire cette année un skatepark à Aqiea Ash-Shamaliya. « D’après ce qu’on m’a dit, ils sont les tout premiers skaters du pays ; la part la plus importante de ce que fait SkatePal est de rendre publique la scène skate en Palestine, pour que les gens en entendent parler et s’y intéressent. »

Qu’est-ce qui vous inspire au sujet de SkatePal ?

Sirus F. Gahan : L’idée que cela soit un terrain complètement nouveau en Palestine m’a vraiment enthousiasmé. Etre capable d’apporter une telle activité sur un territoire sous tension, qui a transformé et dirigé les vies de tant de monde que je connais, puis voir l’effet que cela a sur place.

Quelles ont été les réactions lorsque vous tourniez ce film de skate en Palestine ?

SFG : La réalité du skate est rendue tellement plus simple par le fait qu’à peu près tous les gens que tu rencontres sont carrément excités de te voir voler autour d’eux sur un morceau de bois avec des roues. Les gens sont très gentils et hospitaliers, donc on t’offre souvent de la nourriture, de l’eau ou un bon café pendant que tu skates autour de la maison de quelqu’un. C’est un concept assez inimaginable dans le monde du skateboard occidental.

Comment étaient les spots de skate ?

SFG : Il y a des collines incroyables, sur lesquelles l’asphalte a été assez bien maintenu. Elles sont constamment bombardées. Il y a des spots partout du moment que t’as les bons yeux pour les repérer. »

La vidéo tirée de cette aventure est le témoignage d’une belle leçon de vie. Leur communication se passe de mots, il n’est question que de sensations et d’échange, entre apprentissage, transmission et franche camaraderie. C’est courageux d’aller faire ça en Palestine. L’initiative est candide et belle, c’est pour ça qu’on voulait vous en parler. Aussi parce qu’on ne pense pas assez au quotidien douloureux de ces enfants qui subissent la guerre et tentent de grandir normalement. Le skate, une fenêtre ouverte pour respirer… Ouverte, on voudrait qu’elle le soit toute la vie. Bon weekend à toutes.

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