Humeurs

Dessine-moi tes choix…

- Tu sais, toi et moi nous ne sommes pas les mêmes. Toi, tu arrives à jongler avec les hommes comme avec les pommes…

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- Rassure toi, je n’ai pas de harem, j’ai deux hommes, voilà tout.

- Ok, mais tu ne culpabilises pas. Tu ne te ne poses pas de questions alors que moi, même si parfois, j’en ai envie, je reste tétanisée par le fait de perdre tout ce que j’ai construit.

- Ce n’est pas vraiment ça. La culpabilité, elle existe. La conscience aussi mais à un moment, on oublie ou on choisit.

- Il faut que tu m’expliques… Parce que je ne comprends pas. Je ne comprends pas comment tu peux t’abandonner à cet homme et puis rentrer chez toi et embrasser ton mari.

- Je vais essayer d’oublier le dégoût dans ta voix quand tu me demandes ça…

- Non, non, excuse-moi ! Je ne veux pas juger, mais c’est vrai que je trouve ça immoral. Notre éducation chrétienne, tu sembles l’avoir effacée de ta mémoire. Et puis… Et puis nous sommes des femmes. Et ma foi, ce n’est pas correct.

- Déjà, je n’adhère pas à ta façon de voir les choses. Un homme adultère serait donc beaucoup plus excusable qu’une femme ? Parce que d’un point de vue chrétien, c’est tout aussi indéfendable. Je ne te dis pas que je remets en question ma foi ou mes croyances, je te dis juste que ma foi est personnelle comme le sont mes actions. Il est quand même aberrant de traiter une femme de pute parce qu’elle n’a pas qu’un seul homme dans sa vie…

- Ce n’est pas ce que je dis. Je me demande juste comment tu as pu en arriver là. Ne t’es-tu jamais remise en question ?

- Il n’y a pas de schéma. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant que j’allais aller voir si les queues étaient plus roses ailleurs… Et j’en ai pleuré, crois-moi. J’en ai chialé à m’en écorcher l’âme car cet Autre, je ne l’attendais pas. Je ne l’ai pas cherché, je ne l’ai pas provoqué … Ok, je te l’accorde, j’aime bien flirter mais cette gym du désir n’a rien à voir avec ce Grand Huit des émotions qui m’est tombé sur le cœur.

- Tu me dis donc que tu l’aimes aussi ? Que tu l’aimes autant que ton mari ? Je n’y crois pas ! Quand tu aimes, tu n’as plus de place pour un autre dans ton cœur ou dans ton lit.

- C’est ta vision des choses, et longtemps elle a été la mienne ! Crois-moi, je n’ai jamais pensé devenir l’une de ces héroïnes de Marie-Claire qui encense l’amour pluriel pour en faire des chansons. Un jour, je me suis réveillée et me suis rendue compte que j’avais en moi de la place pour deux. Ici, au fond de moi. Il n’a jamais été question de pourcentage ou d’arithmétique. Quantifier l’amour est stupide comme il est stupide de penser que l’on peut s’en cacher. Et tout cela, je ne le savais pas avant de regarder l’Autre.

- Et donc c’est plus facile maintenant ? Tu te dis que tu en as deux pour te combler ?

- Tu utilises le bon verbe : combler. Aucun de mes amours n’annihile l’autre. Il n’y a pas de comparaison, ni de compétition. Il y a je pense, de la complémentarité car au début, je pense qu’il y avait un vide. Je sais qu’il me manquait quelque chose, sinon, peut-être ne me serais-je pas tournée vers l’Autre. Tu ne peux décemment pas me dire que ton cher et tendre comble tous tes désirs. Qu’ils soient émotionnels ou sexuels. Je ne dis pas que j’étais malheureuse, au contraire ! Je dis juste que peut-être n’étais-je pas complètement heureuse…

- Comme tu l’aimes, il est donc plus facile pour toi de changer et re-changer ?

- Non, ce n’est pas plus facile. Avoir deux amours, c’est peut-être avoir deux “je t’aime” et des bras en double quand tu as besoin de câlins, mais c’est aussi deux fois plus de logistique, d’incompréhension et de crises de nerfs. Je te l’avoue, parfois, je vire schizophrène… Lui qui aime le théâtre et l’autre qui aime les jeux vidéo. Lui qui ne supporte pas le bruit, l’autre qui en fait beaucoup. Parfois, je suis épuisée et je m’en veux car je reste consciente que si je suis dans ce tourbillon de sentiments, c’est en partie de ma faute. Mais encore une fois, le cœur ne te laisse jamais le choix…

- Donc tu me dis que parce que tu l’aimes, ton infidélité est excusable ?

- Je ne dis rien. Je ne demande rien et surtout pas l’approbation des autres. Je te dis que j’essaie maintenant de vivre sans me poser mille et une questions. Je dis seulement que l’on ne peut décemment pas se dire que tout est blanc ou noir dans ce monde et qu’il suffit de s’imposer des règles pour y arriver.

- Pourtant si. Je parle des règles. Comme toi j’ai déjà eu envie d’un autre, mais j’ai résisté. Je n’y suis pas allée. Tu aurais dû essayer…

- J’ai fait un choix. Le choix d’aller au bout de mes désirs.

- Tu n’as donc pas peur de tout perdre ?

- Si, tous les jours…

- Mais pourquoi tu n’arrêtes pas tout alors ?

- Parce au-delà de tout perdre, j’ai peur de ME perdre.

- C’est un peu égoïste non ?

- Je n’ai jamais dit le contraire…

(cc) Jo Guldi

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