Histoires

J’essaie de t’oublier : test N°1

J’aime les mecs désargentés, oui je les aime artistes et passionnés, avec un look de “sans famille”, mais tellement sexy, avec cette gueule qui te dit va te faire foutre mais à la fois plein de sensibilité, oui je l’aime encore, celui que j’ai rencontré sur une piste de danse il y a quelques mois, avec lequel j’ai passé les moments les plus intenses de ces 5 dernières années, mais je l’ai quitté et il va falloir l’oublier, changer de chaîne, zapper quoi !

3078664173_719b71515c_bIl faut tout recommencer, repartir de la case pauvre fille esseulée qui croit encore que quelqu’un l’attend quelque part… Allez, c’est parti ! Ça commence par une rencontre à la station-service, et bien quoi ? Ça a le mérite d’être original, ça change des bars, boîtes de nuit, clubs échangistes… Oups, je m’égare. En tout cas ça invite à l’abordage du genre : « Vous êtes trop charmante pour faire ça vous-même, laissez, je vais m’en occuper ! »

Donc un bel homme (vous entendrez + de 40 ans) dans le genre Patrick Swayze, oui, je sais, ça fait longtemps que vous en avez pas croisé des comme ça, mais bon il était là dans une belle Merco, je me suis dit : là, pour le coup, ça me ferait pas de mal de me faire rincer un peu, d’avoir la sensation d’être une princesse, car ces 6 derniers mois j’ai joué à la femme financièrement indépendante et n’ai pas vraiment connu le plaisir de laisser l’homme assumer sa masculinité.

Résultat : 2 restaurants et quelques drinks plus tard, il finit chez moi… et me dégaine même un bédo ! Je me suis dit : génial, c’est un sale gosse qui s’ignore ! Mais en fait, le délire d’un type qui fait semblant d’être quelqu’un d’autre et d’une femme qui sait très bien qui elle est, semble difficile à engager. Il joue le séducteur attentionné, puis la force du féroce mâle alpha ; tour à tour, il devient doux et fort. Mais c’est à ce moment-là que son brushing s’affaisse et que je vois briller en lui un truc qui ne se reflète nulle part ailleurs, juste en lui… l’ENVIE.

Évidemment, je me demande qu’est ce que je fous là (hey ho, je suis chez moi quand même !), et décide plomber l’ambiance avec un « Je sais pas pourquoi, mais je le sens pas là ! » bref lui gentleman, un peu maladroit, mais avec classe, réussit à quitter mon appart relativement rapidement sans avoir compris ce qu’il lui arrivait.

A l’instant où il a passé le pas de ma porte, j’ai pensé « Oh mon Dieu j’ai le syndrome du mec fauché », vous savez celui qui est aimé et détesté de tous, qui marche dans la vie comme sur un fil qui à chaque instant peut se briser, que vous aimez parce qu’il est vrai ; toujours, pas forcément charmant et aimable mais quand il vous aime c’est l’aventure, le tour du monde en 60 minutes, il vit sans se préoccuper des détails, juste pour « l’instant présent ».

Patrick Swayze à la Merco m’a fait me sentir comme une marchandise qui s’achète, parce qu’il avait payé le restaurant et quelques verres, il a cru que l’affaire était conclue. J’ai cru qu’il pouvait me plaire si j’apprenais à le connaître, mais j’étais vénale, attirée comme une pie parce ce qui brille. Mais de Patrick il n’était que l’image, pas l’esprit.

« L’esprit cultivé est son propre paradis, l’esprit ignorant son propre enfer. » Proverbe chinois

Non, j’aime les fauchés du système, artistes presque accomplis, rêveurs, poètes, les gens qui peuvent parler avec leur cœur et te regarder avec des expressions qui t’inspirent, des gens qui comme moi ont un esprit différent, des objectifs utopiques, mais animés par un désir pour quelque chose.

Alors oui c’est pas parfait, ça paye pas les restaurants, ça fait pas rêver à des voyages au bout du monde, ça se présente difficilement aux autres, vous savez ces gens qui vous ont imposé des codes, des limites, des chemins qu’ils vaudraient mieux suivre. Ne parlons pas des parents, cela semble être une étape insurmontable, mais quand t’es dans ses bras t’as l’impression d’exister, de n’être que son égale, et pas une sous-chose qu’on engraisse comme une oie, jusqu’à ce qu’elle explose.

«  La simplicité est l’habit de la perfection. »  Vladimir Wolf-Gozin

Test N°1 pour l’oublier : ECHEC, je l’aime encore plus…

(cc) David Cornejo

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