Culture

Miséricorde

Je ne suis absolument pas « polar ». C’est un des genres, avec la science-fiction et le fantastique, que je ne lis jamais tout simplement parce que je n’aime pas ça. Il faut croire qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis car, je l’avoue, je me suis fait prendre comme une bleue avec ce roman du danois Jussi Adler-Olsen.

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Dès que l’on commence à lire ce polar, on ne le lâche plus. On s’imprègne de l’ambiance, de la tension, du stress et de l’angoisse des personnages. Pas un moment d’ennui. Même si j’ai réussi à trouver le coupable au milieu du livre ! Vous me direz… Alors pourquoi tant d’engouement pour ce livre ? Pourquoi, alors que le but d’un thriller est de tenir en haleine son lecteur jusqu’à la dernière page ? Pour la victime ! Merete Lyngaard, politicienne, enfermée depuis 5 ans ! Va-t-elle être sauvée ou… est-elle déjà morte ?

J’ai eu beaucoup de sympathie pour cette pauvre femme. Il arrive dans les thrillers que nous retrouvions les victimes déjà mortes, et ce sont l’autopsie et les déductions de l’enquêteur qui nous font découvrir les sévices qu’elles ont subis. Là, nous les vivons avec elle. Sa vie quotidienne dans sa cellule, ses doutes, ses peurs… Et puis, il fallait bien que je sache si mes déductions étaient bonnes !

Carl Morck est inspecteur au sein de la brigade criminelle de la police de Copenhague. Lors d’une énième intervention, ses deux coéquipiers et lui-même sont tombés dans un guet-apens. Anker a été tué, Hardy, touché à la moelle épinière, est hospitalisé et restera paralysé à vie, quant à Carl Morck, il est mis sur la touche. On lui confie la gestion d’un nouveau service, le «département V ». On lui attribue un sous-sol pour ses bureaux et un improbable assistant syrien Hafez El Assad.

Leur premier dossier non élucidé sur lequel Carl Mørck se penche est celui de Merete Lyyngaard, porte-parole du Ministère de la Santé et destinée à un brillant avenir politique. Merete Lyyngaard a disparu sur le ferry lors d’un voyage avec son frère. S’est-elle noyée accidentellement ? A-t-elle été poussée par-dessus bord par son frère ? Personne ne sait où elle est passée depuis cinq ans. Son corps n’a jamais été retrouvé et l’affaire a été classée, faute d’indices.

Carl Mørck et son assistant Hafez El Assad reprennent l’enquête et découvrent que les premières investigations n’ont pas été faites avec sérieux. La trame est donc en place. La construction est au service du suspens puisque la progression de l’enquête alterne avec le récit des conditions de vie de la victime. Et le bouquet final accélère les pulsations cardiaques du lecteur, autant que celles des protagonistes. Un vrai bon goût de thriller.

Miséricorde est aussi un thriller à double tranchant, car le lecteur est en avance de plusieurs longueurs sur nos fins limiers. En effet, nous savons des choses… Dès le prologue. Merete est vivante, elle est quelque part, enfermée dans une cage, soumise à des tortures psychologiques et physiques qui dépassent l’imagination et l’entendement. L’auteur prend le temps d’installer son intrigue, mêlant les chapitres qui se déroulent entre les années 2002 et 2007. Il fait de même avec ses personnages, prenant le temps de développer le mal-être de l’inspecteur Carl Mørck et, durant ce moment, l’intrigue se met en place, lentement mais sûrement, aiguisant notre curiosité.

Entre chaque avancée de l’enquête, et elles vont être nombreuses et pleines de surprises, nous suivons sous forme de flash-back le calvaire de la jeune femme depuis son enlèvement… jusqu’au dénouement final.
Tic-tac, tic-tac… Miséricorde est un compte à rebours, une mécanique d’horlogerie bien huilée ; un chronomètre où chaque ligne, chaque chapitre est la roue dentée qui va entraîner ou bien gripper cette machine infernale, terriblement efficace.

Seule déception, la fin, un peu trop “gnangnan” à mon goût mais je vous en ai déjà trop dit… LISEZ-LE ! S’il ne vous plaît pas, je vous le rembourse… enfin, ne soyez pas trop nombreux non plus ! * Je ne veux me dédouaner de rien du tout mais apparemment, je ne suis pas la seule à être passée à côté de ce petit chef d’œuvre de roman noir : Miséricorde s’est vendu… à trois millions d’exemplaires au Danemark et en Allemagne. Il a été couronné par les prix scandinaves les plus prestigieux, de La Clé de Verre aux Golden Laurels des libraires.*

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encre. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …

“Miséricorde” de Jussi Adler-Olsen – Ed. Le Livre de poche – 8,90 euros.

Prochaine lecture : “Pensées” (livre I-VI) de Marc Aurèle.

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