Humeurs

Ce jour-là, j’ai décidé d’être heureuse

Article sélectionné par Kwelet lors de sa semaine de Rédaction en Chef !

Attention : il se peut que ce billet fasse de moi celle qui illuminera le chemin de votre évolution spirituelle, un peu comme un Grand Gourou, mais avec un “e” parce que chuis une fille !

Chronique qui parle de sagesse et d’un bonhomme en haut d’une montagne.

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Pourtant, on était loin de la journée-idyllique-qui-met-du-baume-au-cœur comme on peut se l’imaginer en écoutant Aquarium de Camille Saint-Saëns, le genre avec plein de petites gouttes de rosée tellement mimis que même les toiles d’araignée, elles en deviennent belles et les rayons de soleil, ils sont tous transformés en mini-arcs-en-ciel qui scintillent de mille feux.

Nan, là il faisait gris et froid, vu qu’on était en plein mois de janvier. J’étais cloîtrée dans mon appart’ avec Bébé-Kakahuète et ses “NON!!!” à répétition en fond sonore. En proie à un chagrin d’amour que j’avais enterré un peu trop rapidement et qui m’explosait à nouveau à la tronche. Confrontée à ma solitude de maman au foyer ayant une vie sociale avoisinant le taux zéro, et des perspectives professionnelles tutoyant le néant. Rien de transcendant, donc.

J’ai toujours eu un tempérament mélancolique. Dit comme ça, c’est joli. Ça fait la fille qui sort d’un poème du XIX° siècle, le teint olivâtre et le regard perdu dans le vide, avec cette lueur triste qui la rend adorablement vulnérable et donne envie au jeune homme romantique de consacrer sa vie à lui redonner le sourire.

Ouais. Sauf qu’en vrai, c’est chiant. Et ça fait fuir les mecs. Parce que la relou nana mélancolique n’a qu’une seule idée en tête, comme les personnages du film “Minuit à Paris“: le passé érigé en paradis perdu. Une chanson, une odeur, une photo, tout est bon pour quitter l’insipidité du présent et se vautrer avec délice dans la nostalgie. Elle est d’ailleurs toujours prête à dégainer son leitmotiv, tels les Guignols parodiant Francis Cabrel: “Ooooh ! C’était mieux avang“. Et peu lui chaut si à l’époque de ce “avant” béni elle trouvait déjà le moyen de se plaindre de tout, en étirant toujours plus loin dans le temps la complainte de son histoire idéalisée.

Donc la déprime, ça a toujours été une sorte de vieille copine qui venait me rendre des petites visites de courtoisie régulières. Je me traînais alors comme une âme en peine, mon mal de vivre accroché à mes basques, en m’apitoyant sur mon sort, pauvre victime malchanceuse que j’étais ! Victime des autres, victime des hommes, de la société, “accablé[e] des malheurs où le destin me range[ait]“… Oh pourquoi tant d’injustice ! etc, etc.

Et puis, ça passait. Mais là, je sentais que je perdais pied et les contours du mot DÉPRESSION se profilaient de plus en plus nettement à l’horizon. Paaas beauuu! Là-dessus, je suis tombée malade. Oui, bon, j’ai pas eu la tuberculose, hein ! Juste une rhino-pharyngite carabinée, du genre qui s’éternise. Au bout de trois interminables semaines, et alors que je n’étais plus obligée de ponctuer mes phrases de reniflements/mouchage/éternuement/toux grasse avec crachat [rayez (éventuellement) les mentions inutiles], mes bronches se sont douloureusement enflammées.

D’abord, je me suis fâchée tout rouge. “Zut alors!” j’ai dit dans ma tête, et puis : “ça commence à bien faire ce bazarb!“, et aussi : “Pompon sur la Garonne !“, ainsi qu’un tas d’autres exclamations discourtoises que la bienséance m’interdit d’écrire ici. Quand les dernières décharges de rage ont fini par abandonner mon esprit tourmenté, j’ai pu penser posément. C’est alors que tout s’est éclairé, d’un coup. CLAC ! Archimède, à poil dans son bain, n’a pas dû se sentir aussi clairvoyant que moi ce jour-là. Enfin, je voyais, je comprenais, tout s’assemblait.

Le problème, c’était moi ! Moi qui étais incapable de profiter des instants de bonheur fugace que la vie offre quotidiennement. Moi qui aurais réussi à être insatisfaite même si la totalité de mes souhaits avaient fini par se réaliser. Et, tant que je chercherais un coupable à mon mal-être, je serais inapte au bonheur.

Alors, ce jour-là, j’ai rédigé mentalement les quatre commandements nécessaires à mon bien-être, que je vous livre ici, comme ça, cadeau (non, ne me remerciez pas, ça me fait plaisir j’vous dis) :

1. De mes pensées, le moindre désir je bannirai.

2. Ma responsabilité toujours j’accepterai, sans pour autant m’en accabler. (Je sais, les commandements écrits à l’envers c’est archi-ringardos, tout le monde nous a fait le coup depuis le Mont Sinaï ; promis, au prochain, j’arrête !)

3. L’instant présent au maximum je vivrai. (Désolée, ‘peux pas m’en empêcher ! En même temps, faut avouer que ça donne du style et de l’impact à ce qu’on raconte. L’était pas con, Moïse !).

4. Tout le temps passé dans des bouquins de développement personnel et sur des sites d’éveil spirituel à profit je mettrai. (Parce que c’est bien joli de retourner la tête de son entourage avec des belles pensées philosophiques, à un moment donné, faut quand même embrayer sur la pratique !)

Le lendemain, j’étais guérie et ce, malgré la clope que j’avais, de manière très appropriée, choisi de reprendre pile à ce moment. Plus de bobo, plus de vague à l’âme, que tchi !

Au fil des jours, j’ai senti des choses se débloquer en moi, des pages se tourner. Et, à la place, une grande sérénité s’installer. Bon, j’avoue, parfois, y a des petites rechutes. Mais je les accepte avec bienveillance, telle la grande Sage que je suis devenue. Et la plénitude que je ressens est à la fois le plus bel encouragement et la meilleure des récompenses. Finalement, rien n’a changé. Pourtant, tout est différent.

Je vous laisse méditer sur ces belles paroles profondes, intuitives, transcendantales supra-cosmiques, et tout et tout. Namasté mes petits padawans !

(cc) D. Sharon Pruitt

6 Responses to “Ce jour-là, j’ai décidé d’être heureuse”

  • Et un petit mojito avec ta Laurie préférée pourrait peut être chasser le reste de spleen ?
    Je suis contente que tu ailles mieux. Je te fais des bisous d’encouragement pour continuer sur le chemin du bonheur.

  • J’ai pris cette décision il y a bientôt 4 ans… La mise ne place a pris un peu de temps… Mais P*****, qu’est-ce que ça fait du bien!!!
    Et pour le Mojitos avec Laurie, je confirme, c’est TOP!!! Rdv cet été!!! Elictrical Storm, tu te joins à nous à St Jean? Il y aura peut-être Mag chérie aussi ;)?

  • Oh oui vivement cet été pour nos retrouvailles annuelles dans le sud ouest :-) Mais tu n’auras plus le plaisir de mon dans la C3 verte, ma Sandrine :-(
    Et Laurie, je te l’avais déjà dis mais bien évidemment tu es la bienvenue avec nous ! tu verras c’est trop ! Et les milk shake de la grande plage de Biarritz sont très bons !

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