Culture

Le Loup de Wall Street ou la véritable histoire de Jordan Belfort

Jordan Belfort rentre à Wall Street à l’âge de 24 ans. Simple courtier pour la banque L.F Rotschild durant son année de licence, il gravit rapidement les échelons. Self made man, pur produit de l’Amérique capitaliste, appâté par l’argent et excité par le monde de Wall Street, il prend vite le pli. A trente ans, il fonde sa propre entreprise de courtage Stratton Oakmont. 

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L’argent : moteur de la vie de Julian Belfort alias le Loup de Wall Street.

Plus il en a, plus il en veut. Il n’est jamais rassasié. L’argent contribue à sa gloire et fait sa fortune. Trader, il vibre en fonction des cours de la Bourse. Il renifle les bonnes affaires et les coups foireux. Il comprend très rapidement le fonctionnement de ce milieu. Pour montrer sa réussite, il faut dévoiler sa richesse de manière ostentatoire. Le monde des traders est fondé sur le cynisme. Le but est de se faire le plus d’argent possible, quelque soit les stratagèmes utilisés, qu’ils soient légaux ou pas.

Il a réussi à Wall Street grâce à son arrogance, son arrivisme et son professionnalisme. Il a su sentir les tendances. Avalé par le système, il adapte son comportement à son nouveau statut. Les belles voitures, le yacht et les demeures de luxe n’ont plus de secret pour lui. L’argent appelle l’argent. Comme son mentor, Marc Hana, qui l’a intronisé à Wall Street, il adopte la ligne de conduite d’un bon trader.

Sexe et drogue, les clés clé pour s’épanouir à Wall Street.

On peut reprocher au film de Scorsese de ne traiter qu‘en surface l’univers de la Bourse New-Yorkaise. Ce survol reste fidèle au livre éponyme écrit par Jordan Belfort. Dans Le Loup de Wall Street, il raconte sa vie de débauche. Tout tourne autour du sexe. Le bureau de son entreprise ressemble rapidement à un lupanar géant. A chaque étage, tout le monde couche avec tout le monde, dans tous les sens. Ici, il s’agit plutôt de baise. Peu importe les personnes, les fluides corporels se mélangent.

Cette débauche continuelle est renforcée par l’usage quotidien et récurrent de toutes les sortes de drogue. La cocaïne, la morphine, les cachets : tout s’avale ou se sniffe. Tout y passe. Pas de limite imposée. Tant que la défonce est au rendez-vous, tout le monde continue ce petit jeu minable. Chacun y va de sa nouvelle trouvaille. Tous les interdits sont bravés. La morale n’existe plus. Les frontières entre le bien et le mal s’estompent petit à petit. A regarder ce monde de plus près, il apparaît glauque, sans intérêt et en dehors de toute réalité.

Jordan Belfort : une icône de Wall Street, un modèle de trader ?

” Petit agneau innocent ” lors de son arrivée au quartier des affaires new-yorkais, Jordan Belfort est vite devenu un loup. Il a dévoré certains investissements, en a arnaqué quelques autres et trompé Wall Street. A trop vouloir jouer avec le feu, il s’est brûlé les doigts. Les agents fédéraux se sont faits une joie de l’arrêter. Cette traque du trader véreux, vicieux et sans aucun scrupule n’est qu’un exemple qui ressemble un peu à l’arnaque montée par Bernard Madoff. Jordan Belfort n’est que l’un des illustres exemples qui révèlent les dérives du système capitaliste et les réussites créées par la Bourse. Certains s’enrichissent sur le dos des autres et participent à l’appauvrissement de ces individus. Ainsi va le monde des affaires.

Suite à ses fraudes, ses arnaques et ses magouilles, Jordan Belfort n’a écopé que de 22 mois de prison. C’est peu au regard de ses fautes. Cette peine allégée est due au fait qu’il ait coopéré avec les agents du FBI. Encore une fois, il s’en sort bien. Pour parvenir à ce résultat, il a dénoncé une grande partie de ses collaborateurs et de ses intermédiaires. Pour sauver sa peau, il est prêt à tout, même à la délation. Finalement, il ressort gagnant de cette expérience pénitentiaire. Toujours dans l’anticipation, il profite de son séjour en prison pour commencer son autobiographie.

Quand le jeu des acteurs nous sauve de l’ennui

Trop long, ce film aurait pu durer une heure et demie sans problème. Au lieu de ça, il dure quasiment trois heures. Trop de répétitions enlèvent l’intérêt du film. A partir du moment où l’on a compris que le cynisme, la débauche et la drogue sont les clés pour réussir à Wall Street, il n’était pas nécessaire d’y revenir tout au long de cette production. D’autres aspects de la vie de Jordan Belfort auraient pu être développés pour donner une autre dimension au Loup de Wall Street. Le film tourne sur lui-même.

Ce résultat décevant est sauvé par une très belle interprétation des acteurs. Léonardo Di Caprio se fond parfaitement dans le personnage de Jordan Belfort. Il incarne avec brio les traits les plus sombres de la personnalité de ce trader hors-norme. On en oublierait presque qu’il joue. Il en va de même pour tous ceux qui lui donnent la réplique. On se croirait réellement dans le monde impitoyable de la finance. On sent aussi que Martin Scorsese ne porte pas Wall Street dans son cœur. Derrière cette débauche, il dénonce les excès de certains traders et remet en cause la raison même de la Bourse. Loin d’être moralisateur, ce film a pour ambition de mettre à jour l’envers du décor.

Malheureusement, la critique est limitée et n’atteint en rien l’image de Wall Street. Il dépeint simplement un univers mal connu rendu tristement célèbre à cause de la crise financière de 2009. Ce milieu opaque, dans lequel le secret bancaire est de mise, manque de transparence et est aussi très souvent fantasmé.

Jordan Belfort est un homme que l’on aime bien détester. Il est le symbole du capitalisme et de l’argent facile. Pourtant, beaucoup l’adulent et le respectent. Finalement, il représente le paradoxe de notre société. Chacun cherche à s’enrichir sans parvenir forcément au bonheur. Julian Belfort perd tout, il est tombé dans son propre piège, et pourtant le film ne le dépeint pas comme un homme heureux mais dépendant de tout et de tous.

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2 Responses to “Le Loup de Wall Street ou la véritable histoire de Jordan Belfort”

  • Très bon article, Jessica ! Cependant j’ai beaucoup aimé ce film. Je pense que les 3 heures sont justifiées par le traitement en profondeur de l’absurde. Tout est extrême, certes, mais aussi extrêmement drôle. Je te rejoins sur le fait que le jeu des acteurs est exceptionnel. Et j’en profite pour noter que la performance de notre frenchy préféré Jean Dujardin est excellente face à un Di Caprio colossal.

  • Assez d’accord avec toi, même si j’en garde un meilleur souvenir ! Avec du recul, j’ai vraiment apprécié ce film. Par contre, tu écris “Jordan Belfort est un homme que l’on aime bien détester.”, c’est marrant, parce que pour moi c’est plutôt l’inverse : un homme que l’on déteste aimer ! On sait qu’il représente tout ce qu’il y a de détestable mais malgré tout ça, on ne peut pas, ou du moins je n’ai pas pu m’empêcher de m’attacher au personnage, qui finalement est très drôle, déjà, mais aussi parfois touchant…

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