Culture

Une bonne épouse indienne

Suneel - devenu Neel – est un médecin d’origine indienne vivant aux Etats-Unis. Bien qu’essayant d’être « plus Américain qu’un américain », il reste littéralement écartelé entre 2 continents, 2 systèmes sociaux et familiaux.

Une bonne épouse indienneAu delà du choc culturel, c’est donc la place de l’immigrant qui se pose ici. Tout au long du livre, Neel s’interroge, il veut toujours faire mieux, il veut s’occidentaliser au maximum, il a presque honte d’être indien. Il est coincé entre deux cultures et il ne veut rien lâcher, à aucune des deux. La vision qu’il a de l’Inde est une vision extrêmement occidentalisée. Il ne se souvient plus qu’il aimait son pays.

Il est ramené à la réalité lorsque son grand-père tombe brusquement malade. Son dernier désir ? Que son petit-fils se marie… Mais nous sommes en Inde, le mariage d’amour n’existe pas, ou peu. Neel doit donc dire adieu à son rêve d’épouse blonde, blanche et… américaine (le dernier élément qui manquait à son nouveau costume d’occidental). Un mariage arrangé est donc organisé. Neel n’en veut pas mais les coutumes ancestrales sont plus fortes que lui. Il choisit la première – et seule fille – qui lui est présentée : Leila, une trentenaire, professeur d’anglais à l’université. Il se dit qu’il s’en «  débarrassera » une fois revenu sur le sol américain, en demandant le divorce, mais tout ne se passe pas comme prévu…

Bien que l’histoire soit prévisible et l’écriture un peu plate (sans parler de la fin  convenue…), j’ai pris plaisir à lire ce livre. Néanmoins, une chose m’a gênée : Anne Cherian, elle-même américaine d’origine indienne, ne critique pas, ni ne fait l’apologie, de cette coutume qu’est le mariage arrangé. Elle porte simplement un regard neuf et surprenant sur une tradition ancestrale. Un peu dérangeant…

Neel a beau avoir étudié aux Etats-Unis et être devenu un brillant anesthésiste dans un grand hôpital de San Francisco, il n’échappera pas à un mariage arrangé – une tradition presque immuable en Inde. Au cours d’un bref voyage pour voir sa famille, le piège se referme et le voilà lié à Leila, qu’il n’a vue qu’une seule fois. Certes, elle est belle, douce, cultivée, intelligente, mais il n’en veut pas. Il préfère, de loin, son explosive maîtresse californienne. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Leila va attendre son heure et, sans bruit, sans drames, sans scènes, réserver à son époux bien des surprises. Avec ce premier roman, Anne Cherian porte un regard surprenant sur les mariages arrangés et nous offre, entre Orient et Occident, une histoire d’amour comme une bouffée d’air pur.

“Une bonne épouse indienne” de Anne Cherian – Ed. Folio – 8,20€

Prochaine lecture : “Un meurtre sera commis le…” de Agatha Christie.

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