Histoires

Mon psy et moi (3)

Après des recherches fructueuses, j’ai choisi de consulter un psychiatre près de chez moi. Le principe était simple, si celui-là ne me convenait pas dès la première séance, j’en changerai jusqu’à trouver la perle rare. Pour changer un peu je souhaitais essayer un homme, après tout pourquoi pas. J’en ai trouvé un chez qui je pouvais me rendre à pied, soyons pragmatiques à défaut d’être d’aplomb.

Mon psy et moi (3)Première rencontre, bon contact, pas mal fait de sa personne, appartement cosy, vraie salle d’attente fermée afin d’éviter de se croiser entre patients. De bons points à priori. Le cabinet, sobre, beaux meubles anciens, encore un canapé et deux chaises face à face. C’est donc une constante !

Je choisis la chaise, face à une fenêtre. J’explique mon parcours, ce qui m’amène. Je m’effondre. Il tend une boîte de Kleenex mais n’intervient pas, n’interrompt pas le flot de mots, de larmes. J’appelle au secours, il semble comprendre. Lorsque j’arrête de parler, il m’explique que la première chose à faire selon lui c’est de me protéger. Pour cela le moyen dont il dispose est l’arrêt maladie, afin de me soustraire à la pression que je subis au quotidien depuis des mois.

Nous profiterons de cette période pour que je réapprenne à respirer, à dormir, à me faire confiance. Cela prendra du temps, sans doute, mais il est là pour cela. Il souhaite également modifier mon traitement. Il n’est pas question que je m’abrutisse de médicaments trop forts. Ceux qui m’ont été prescrits ne lui semblent pas adaptés. Je souffle, renifle, me mouche… voilà une bonne entrée en matière. Il me plaît bien ce psy. Pourtant il m’intimide un peu, je ne sais pas expliquer pourquoi.

Là aussi, ½ heure, mais ce sera une fois par semaine (puis nous passerons à tous les 15 jours), 60 euros, ce qui est dans la moyenne. Il rédige un arrêt pour un mois, une ordonnance, me conseille de ne faire et ne manger que des choses qui me font plaisir. Il m’interroge sur mes habitudes de vie, mes envies et me fixe rendez-vous la semaine suivante. Nous choisissons ensemble un jour et un horaire qui seront toujours les mêmes. Je rentre chez moi le cœur teinté d’une mince lueur positive. Peut-être qu’avec lui je vais arriver à me reconstruire, à me battre, à reprendre le dessus… un jour…

Nous entamons une relation régulière et suivie pendant de longs mois. On s’apprivoise, je me dévoile, me découvre. Il parle un peu, parfois même nous échangeons réellement. Il est encourageant, me félicite de certains progrès, les met en exergue. Ces rendez-vous sont primordiaux, indispensables à mon équilibre si fragile. Les séances sont l’occasion d’évoquer tous les sujets qui me viennent, pas uniquement focalisés sur mon problème de départ.

Il me laisse m’égarer mais sait me ramener à ce qui me préoccupe. J’ai des hauts et des bas, sur la longueur, normal. Mon tempérament est plutôt positif. J’évolue, je m’en rends compte, cela fait du bien. Je réfléchis sur moi, sur mes réactions, mes aspirations. Je me pose mille questions, trouve certaines réponses, pas toujours. J’apprends à lâcher prise aussi. Pas complètement, moi qui suis tant dans la maîtrise.

Grâce à lui, j’ai retrouvé le goût de vivre, cessé de m’auto-flageller, de me dénigrer, accepté d’être une victime et assumé d’en vouloir à ceux qui m’ont fait du mal. J’ai fait des projets, pris des décisions. Le travail a été long, il n’est pas terminé car lorsqu’on se lance dans une telle analyse, on doit affronter beaucoup de questionnements et de zones plus ou moins explorées. Cependant, la nouvelle moi, car c’est bien de cela dont il s’agit, lui doit beaucoup.

Mes proches ont bien senti l’évolution. Certains ont souhaité en discuter, ce que j’ai fait sans gène, d’autres n’ont rien laissé paraître, se contentant de constater que j’allais mieux. Les tabous liés aux psys ne sont pas tombés et chez certains les fantasmes ont la vie dure.

Mon expérience est positive, c’est l’essentiel pour moi. Si elle permet à d’autres de franchir le pas et de trouver des réponses, j’en serai ravie. J’avais promis à une Lady qui s’interroge d’évoquer ce parcours, c’est fait…

(cc) Plage Vinilos y Decoración

2 Responses to “Mon psy et moi (3)”

  • La nouvelle toi ;)! En fait il s’agit juste une version upgradée où certains Bugs ont été résolus! Mais tu es toujours toi! Tout est bien qui finit bien! J’aime les belles histoires ;)!

  • Comme évoqué dans une réponse du n°2, je n’ai pas fini. Le chemin est encore long et semé d’embûches, il y a des sujets délicats que je n’ai pas encore abordé. Néanmoins, je sais être prête à le faire… bientôt !
    En tous les cas, merci pour tes interventions positives.

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