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Blue Dawn, We come in peace, le choc

Blue Dawn, We come in peace, le choc

 Je revêts mon costume de super-héros pour réparer une injustice. Blue Dawn. Vous ne les connaissez sûrement pas. C’est presque normal. Aussi, je me permets d’écrire pour que vous les connaissiez. Quand ils seront célébrissimes, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

Même s’ils ont 10 ans de concerts derrière eux, ils communiquent peu. Moi-même je les ai connus par hasard. Par deux clips sur Game one music HD. Un fond sonore que j’ai parfois chez moi. Sauf qu’ici, aux premières notes, je suis accouru pour voir de qui il s’agissait. Deux clips improbables pour ce groupe quasi confidentiel. Deux clips qui m’ont donné deux grosses claques. Je dis les clips mais ce ne sont pas les clips qui m’ont baffés. C’est leur musique. Ce sont leurs morceaux.

Leur EP se nomme « We come in peace ». Ok, they come in peace. Mais oubliez la new age et le flower power. Reléguez-les bien loin. “They come in peace”, certes, mais they envoient lourd et they déchirent grave.

Leur musique est un savant cocktail. Un mélange qui ne peut que vous plaire. Très sexué finalement. Entre douceur et puissance. Le tout distillé à la perfection. Un son reconnaissable, avec une vraie identité. Une étreinte parfaitement équilibrée. De celles que l’on n’oublie pas. La caresse de la pop, voix en général dans les aigus, rehaussés de chœur à peine plus graves, mélodies légères. Puis peu à peu, dans la structure ou dans la déstructure, dans la surprise mais toujours parfaitement emboîté, l’artillerie des guitares. Lourdes, puissantes, dévastatrices. Elles vous percutent à grand renfort de batterie puissante et parfaitement calée. Bienvenue dans ce dont les Blue Dawn s’étiquettent, le popcore. Cet équilibre unique. Rare.

 

Je suis tellement dingue de tous leurs morceaux que j’ai eu du mal à choisir. Je vous en ai sélectionné trois. Ce fut difficile mais sinon, vous me connaissez, je vais m’étaler sur des pages entières.

 

Sugar coated nazis

http://www.youtube.com/watch?v=8wQZXrfUvkc

le clip de Game one music HD : http://www.dailymotion.com/video/xtfvto_blue-dawn-vs-diablo-3_news#.UYup7LW-3To

Ça commence par une rythmique entêtante à la batterie, relayée très vite par des guitares sourdes. Puis toute cette ribambelle d’instruments s’éclaircit et laisse la place à une voix aigüe et douce, dans une mélodie gentillette. Vous pensiez vous en tirer comme ça ? Erreur. Avec le refrain, quelques canons de cordes tirent de belles salves. On comprend que l’on n’est pas dans un univers habituel. Couplets et refrains s’enchaînent, marqués par une montée en puissance des instruments, jusqu’à cette sublime rupture de rythme, lente d’abord, « Would you do the same », puis qui s’arrache dans le saccadé, s’éparpille dans une apothéose orgasmique de lourde rythmique à l’unisson, mêlant caisses et grattes, avec une nervosité jouissive. La voix s’ébroue alors dans de puissantes envolées hurlantes scellées de rage.

En plus, la chanson pointe du doigt le droitextrémisme rampant, qui s’insinue, par son vocabulaire, insidieusement, via la télévision, dans les esprits. Non seulement c’est beau, mais vous avez le droit de faire œuvre d’utilité et d’avoir bonne conscience en l’écoutant.

 

C&K

http://www.youtube.com/watch?v=E_HBW66XMW4

Avec ce morceau, on entre tout de suite dans le vif du sujet. Guitares grasses, rythmique vive, voix velouté et rugueuse comme je les aime, en relief de la musique, bien en place. Le tout se déploie tranquillement, bellement, à la notable exception d’un solo de guitare court, rugueux et somptueux. Puis, à nouveau, la voix s’arrache et… disparaît… Les instruments se font tourbillonnants, déstructurent le thème avant d’y revenir presque soudainement pour finir, abrupt, sur le refrain. Si ça c’est pas du bel ouvrage, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

La chanson traite des addictions les plus dures, de ce qu’elles transforment à l’intérieur de ceux qui empruntent leur chemin infernal, de la difficulté de leur échapper. Je vous laisse deviner de quoi « C » et « K » sont les initiales. (non ce n’est pas Cacao et Kiwi)

 

Deathring

http://www.youtube.com/watch?v=fV9Ja4bEBC0

Voilà de la douceur. De la tendresse même. Le genre de morceau qui me bouleverse. Un thème cristallin qui revient, lancinant, invocatoire, de quelques notes. Batterie et guitares emmêlées. Une voix magnifique dans l’aigu. Puis tout cela se déchaîne dans la hargne avant d’imploser en plein ciel, feu d’artifice qui retombe en gerbes mourantes. La voix est seule alors. Flottante. Loin. Angélique. Les chœurs volent à son secours dans un moment de pure grâce. Implorant. « Can you help me ? […] Can you make me sort this out ? » Puis les instruments reviennent, pour saluer l’agonie du morceau.

Ca aussi, c’est Blue Dawn.

La chanson traite des enfermements que l’on se crée. De ceux qui nous font passer à côté de notre vie sans que l’on s’en aperçoive forcément. Inconscient. Anesthésié. Pris dans une normalité sociale qui nous convient. Deathring est le cercle de mort que forment certaines fourmis, par un malheureux hasard. Les ouvrières se suivent, en file indienne. Dans un rond incessant et mortel. Car quand tombe la nuit, elles meurent alors de faim ou d’épuisement… A moins qu’un incident vienne rompre le cercle… Ou que l’une d’entre-elles s’écarte de ce pour quoi elle est programmée… suivre la précédente… Une sorte de métro-boulot-dodo insectoïde et panurgien… Vous saisissez bien de quoi il est question ici.

 

Les Blue Dawn, vous les trouvez là : http://bluedawn.fr/ Et là : https://www.facebook.com/pages/Blue-Dawn/218552534484

(Vous pouvez télécharger leur EP au complet, sur leur site, en cliquant sur l’onglet « musique »)

Et oui, ils sont géniaux et ils sont généreux. Et croyez-le ou non, avec ce son parfait, très travaillé, très anglo-saxon, et bien… ils sont français. Un truc de dingue je vous dis.

Les Blue Dawn, je vous aime.

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