Mens Room

Le jour où j’ai pris mon corps en main (I. Théorie)

Pourquoi j’ai perdu 8 kilos en quatre semaines et je suis passé d’un bon 42 à un petit 36. Une histoire vraie.

Article de saison s’il en est. Qui peut exalter les uns, gonfler voire horripiler les autres. Selon le rapport que l’on entretient à son corps. Ce sujet est d’abord à mes yeux, un vrai questionnement pour chacun. Personnel, intime.

day1Que faire avec ce corps que l’on habite ? C’est la première chose que l’on voit de nous. On le voudrait beau. Si c’est le cas plus ou moins naturellement ou facilement, tant mieux. Sinon, qu’en faire ? Dans quelle mesure peut-on le transformer, le plier à sa volonté, si on le souhaite ? Si cela nous importe. Si, et seulement si, le voir, le sentir, tel qu’il est, nous est douloureux.

La vraie question est moins d’être beau, que de se trouver beau, je pense, ou de vouloir l’être à ses propres yeux. Dans les yeux de l’autre. Difficile lorsque l’on est abreuvé continuellement d’images stéréotypées. Ce que l’on veut être, est-ce vraiment notre souhait, ou ce qui est lentement entré dans notre crâne ? Se sentir bien, alors, avant de se sentir beau, ensuite ?

Point de conseils, du coup, de faites ceci, de soyez ça. Ce serait tout ce dont j’ai horreur, et encore plus en ce qui concerne ce sujet si sensible.

J’évoquerai donc modestement mon propre cheminement, mes conclusions, mes recherches pratiques, bercé des nombreux et immenses articles de Tévouille qui s’est lancée avec volonté sur ce chemin, déploie ou a déployé en quelque sorte une quête similaire à celle que je tente d’interroger. Comme beaucoup d’entre nous, me direz-vous. En forme de respect et d’hommage, peut-être, vous me voyez ici tel un nain juché sur les épaules d’une géante. (Non, non, ce n’est pas une phrase tirée du Kamasutra)

Amoureux de l’esprit, longtemps j’ai dénigré le corps. J’avais de ces jugements hautains, ceux dont se targuent les supposés intellectuels, pour l’apparence. Contre les apparences, plutôt. Pas de temps à perdre avec ces futilités enchaînantes, aimez-moi pour ce que je suis, point d’artifices etc…

Je me voulais détaché des pesantes contingences corporelles, d’autant que la vie professionnelle et familiale s’est chargée de les éloigner encore davantage… Quoique respectable et noble, ne me posant pas plus de problèmes que cela, cette posture ne s’en avérait pas moins, au final, peu joyeuse. Visuellement parlant.

Bref, lentement, sournoisement, je m’enfonçais dans un confort de lunettes carrées à verres de 5 centimètres d’épaisseur, de bourrelets rassurants, de pré-calvitie/calvitie honteuse – cheveux longs ridiculement plaqués au moindre coup de vent – de poils allongés… (oui bon certaines adorent, si si)

Et puis, la philosophie est venue à mon secours. Oui, oui, la philosophie. Vous pouvez relire, c’est bien ce que j’ai écrit. Vous savez… mais si ! Ce truc qu’on vous oblige à connaître une courte année de votre vie en terminale, avec des profs au mieux déjantés, au pire totalement space et qui nous tiennent des discours incompréhensibles.

La philosophie, c’est la vie même et son essence tout à la fois. Aimez la philosophie car elle vous aime. Moi je raffole des philosophes. (Etudiantes ou non, vous avez vraiment l’esprit mal tourné). Ils (et elles) m’ont permis de mener cette réflexion sur mon corps. Certains vont me dire : « Mais on s’en tape de tes philosophes, ce sont tous des vieux morts il y a longtemps. » Propos exigeants, d’accord, je respecte.

Pourtant, cet aparté est important, car je suis persuadé qu’il faut d’abord un cheminement de l’esprit avant que de faire cheminer son corps. A vous de trouver votre cheminement d’esprit, philosophie, psychanalyse, art, regard de l’autre, envie de séduire… Ce petit rien qui va créer le déclic dans votre volonté. Pour « autoriser » votre corps à changer. Durablement. (Oui, en le relisant, je me dis que c’est un peu zarbi, je vous l’accorde, mais cela me semble juste. En tout cas, c’est ainsi que j’ai fonctionné.)

Tout ça pour dire quoi, finalement ? Il faut le vouloir. Vraiment. Profondément. Et pour des raisons qui sont justes et bonnes à vos yeux seuls.

J’en étais donc arrivé à en avoir marre de mon corps. Lourd, je me traînais. L’impression de ne pas tourner rond, à mesure que je m’arrondissais. On doit manger pour avoir de l’énergie, mais en réalité j’étais de plus en plus fatigué. Plus je mangeais, normalement pour m’éveiller et agir, plus je m’enfonçais dans la somnolence. Le moindre de mes actes, demandait un effort infini, même lire et écrire. J’aurai pu accepter beaucoup de décrépitudes. Mais pas celles-là.

Il était temps, grand temps pour moi, de décider de changer.

(cc) *~Dawn~*

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