Coeur

Le baiser

Article sélectionné par Bolo lors de sa semaine de Rédaction en Chef.

Oui le baiser, celui dans lequel on met la langue, celui qui fait que l’on mélange des fluides. Celui qui nous rend animal, instinctif.

baiser

D’abord, on se sent, on se renifle. On s’approche, mais pas trop, un peu. On se jauge, on sait que l’on va y arriver mais dans un premier temps, on danse. Un tempo très lent, on chaloupe de la tête. Nos yeux s’accrochent, se parlent, s’invitent.

Le désir branche ses haut-parleurs et hurle dans le silence. On s’anime, s’électrise. Nos sens s’aiguisent, cristallisés vers un but unique. Parfois un frisson nous parcourt et on frémit. L’attente est belle, semble durer une éternité. La concentration est extrême. L’espace entre les visages se réduit, les yeux sont toujours plongés les uns dans les autres. Le souffle se fait court, rauque, audible. Un gémissement s’échappe parfois sans pour autant perturber la précision de l’instant.

Une main peut bouger, se lever et venir s’accrocher à un cou. Dans ce cas, les doigts sont aussi légers que des plumes. Ils effleurent l’épiderme doux et ultra sensible. La caresse devient brûlante, la nuque ainsi domptée plie et tangue vers sa finalité. Les cœurs s’emballent, les respirations dérapent, se suspendent… Un dernier coup d’œil avant que les paupières ne s’abaissent jusqu’à se fermer.

Au même moment, les lèvres s’entrouvrent, coussins réceptacles de capteurs sensoriels de haute technologie. Les bouches se joignent, se cherchent, s’accordent. Nos sens sont exacerbés, l’odeur de l’autre nous envahit, nous recouvre. Le ballet des langues commence alors, la découverte d’un monde. Lent, rapide, ça virevolte. On se poursuit, on s’attend, on court, s’arrête, repart. Les corps se rapprochent, se frottent tandis que la chorégraphie humide se poursuit. Elle dure…

Puis, à regret mais aussi pour être certain d’ancrer ce moment dans la réalité, on se sépare. Oh, parfois peu de temps avant d’y retourner. Ou plus longuement pour s’en repaître et voir dans le regard de l’autre la confirmation de cette magie. Ou simplement pour passer à autre chose en gardant au fond de soi ce souvenir intact.

Ce n’est pas forcément le premier, ce ne sera sans doute pas le dernier, mais ce baiser-là…

(cc) Der Bobbel

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