Humeurs

Ces choses qu’avec la modernité on ne fait plus…

Ceci n’est pas un scoop, les progrès techniques nous ont amené à être de plus en plus exigeants, et surtout plus impatients. Fonçant sur la vague du « Tout, tout de suite », nous avons perdu ces petits moments de suspens, et avons davantage de mal à supporter l’attente.

Ces choses qu’avec la modernité on ne fait plus…Nous communiquons davantage avec ceux que nous aimons, mais parfois moins avec ceux qui sont juste à côté, et que nous pourrions aussi aimer davantage. Les connaissances, les informations, futiles ou non, sont désormais plus accessibles.

Pourtant, il y avait du bon. L’attente, le suspens, ne pas tout savoir, la créativité, l’effort pour trouver des stratégies dans certaines situations… Parfois, c’était pas si mal !

Morceaux choisis… 

- Regarder par l’objectif d’un appareil photo. Hésiter à la prendre. Emmener sa pellicule 24 poses + 3 gratuites chez le monsieur qui développe les photos. Attendre quelques jours. Aller récupérer la petite pochette et se précipiter dessus avec impatience. Sourire. Etre déçu. Etre surpris d’une photo qui rend super bien, ou qu’on avait oublié avoir prise.

- Etre ado et appeler chez les parents de celui ou celle que l’on convoite. Etre angoissée à l’idée de tomber sur ses parents. Avoir réfléchi à la réponse de la question « Oui, c’est de la part de qui ? » (« Une copine de classe ! »). Etre du côté inverse, et avoir l’angoisse de la question « C’était qui ce Damien ? ».

- Chercher une réponse dans une encyclopédie ou dans le Quid.

- Discuter avec quelqu’un, se poser des questions, se regarder et dire  « Je sais pas ». Et rester dans l’ignorance.

- Louper une émission de télé et avoir les nerfs.

- Rencontrer des gens. Puis perdre contact à tout jamais.

- Avoir un carnet d’adresses et correspondre par courrier. Envoyer des cartes postales. Envoyer des lettres de plusieurs pages. Attendre une lettre de quelqu’un (et pas administrative).

- Répondre au téléphone sans savoir qui c’est.

- Regarder l’heure quand on appelle quelqu’un qui habite à plus de 100km, car c’est plus cher.

- Feuilleter les pages jaunes pour trouver son plombier.

- Se donner rendez-vous : « Bon on se dit là à telle heure, ok ? ». Et s’y tenir, car aucun moyen de prévenir si on est en retard.

- Perdre les gens qui nous accompagnent dans les lieux publics. Passer une heure pour les retrouver. Ou se dire : « Bon si on se perd, on se retrouve là ok ?! ». Elaborer des stratégies pour se retrouver, le cas échéant. Etre remplie de joie quand on se retrouve, tellement on y croyait plus.

- Ne jamais savoir que son ex s’est re-maqué.

- Devoir rester chez soi près du téléphone car on attend un coup de fil.

- Téléphoner, demander aux gens pour obtenir une information…

(cc) Bethan

8 Responses to “Ces choses qu’avec la modernité on ne fait plus…”

  • Ah, tout se perd, ma bonne dame! Ces petits moments de frissons, d’angoisse, qu’on ne retrouvera jamais… bien vu!

  • Je ne sais pas si c’est de la nostalgie et pourtant, approchant des 40 ans, je pourrais m’y abandonner facilement, mais je trouve cet article essentiel !
    En dehors de la cristallisation, on arrivait à en faire des choses à l’époque sans le Net et les téléphones portables et je n’ai pas l’impression d’avoir vécu la Préhistoire. Ça m’a au contraire beaucoup aidé à devenir autonome, à me faire confiance et aussi à relativiser la vie, en lâchant prise sur beaucoup de choses qu’on ne peut contrôler (perdre qqn dans une expo, rater une émission télé, attendre le développement des photos…).
    Sincèrement, c’est aussi l’âge (il faut croire), mais je suis exténuée par la nécessité d’être dispo de manière permanente et en temps réel. Je culpabilise à l’idée d’être une handicapée du téléphone, mais je crois que c’est notre monde qui est fou…

  • Nostalgie du courrier, des lettres que l’on rédigeait et/ou attendait… pendant des semaines parfois…

  • “Regarder par l’objectif d’un appareil photo. Hésiter à la prendre. [...] Etre surpris d’une photo qui rend super bien, ou qu’on avait oublié avoir prise.” Mais c’est TOTALEMENT ça Bolo !

    Je me suis vue offrir un joli lomographe pour mon anniversaire, l’année dernière. Ca n’a pas de prix… Ce bouillonnement intérieur dont tu parles : “j’ouvre la pochette, je la referme, je l’ouvre, je sors tout doucement la première photographie que j’ose à peine regarder”… Une véritable “boule au ventre”, telle qu’on pourrait l’avoir lors de l’attente d’un deuxième date…

    Merci pour cet article qui remet quelque peu les pendules à l’heure… (du passé). Nostalgie <3

  • J’ai l’appareil photo le plus pourri de la Terre, que j’ai acheté en 2009 et que j’aurai pu prendre automatique. Mais devoir fermer un œil et bien me caler pour prendre mes photos (et voir que je les ai ratées, souvent, pour les refaire), ça n’a pas de prix.

    C’est un exemple parmi tant d’autres mais je pense qu’on est capables de s’aménager des moments hors du temps, en dehors de toute modernité, et que c’est souvent un plaisir véritable.

  • Complètement ! D’ailleurs pour les cartes postales, j’ai vu qu’ils avaient fait un site où le principe est d’envoyer des cartes postales à des inconnus du monde entier (ayant une fiche sur le site avec leurs gouts). Bref, je pense que la nouvelle mode va bientôt être de donner accès à nouveau à ces petits moments !
    Non mais quel bonheur quand un jour, je suis allée en feria, le réseau mobile était saturé : on s’était donné rdv comme avant à un endroit au cas où on se perd, et qu’on s’est effectivement perdus et effectivement retrouvés à cet endroit !! Je me suis dis, comme le dit La poupée russe, qu’avant on se forçait à être plus autonomes, à trouver des stratégies, à être fiers de soi quand ça marche et tout… Ca serait pas mal des occasions comme celles là !

  • Jamais je n’achèterais un GPS (il risque en plus d’être plus cher que ma voiture), j’adore trop affiner un trajet, tenter un itinéraire, puis un autre, voire me perdre. Et puis, c’est tellement le pied de s’engueuler en voiture parce qu’on ne sais pas tenir une carte et surtout de se réconcilier après sous la couette ;)

  • Bon, nous sommes tous d’accord ! ;)
    Je pense, en éternel optimiste, qu’il y a un retour qui s’est enclenché, certes léger, mais perceptible.
    Regardez, le retour en force du vinyle par exemple !

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