My Space

Mindfuck.

Nous sommes le 18 février 2013 et cher lecteur, je viens tout juste de réaliser que l’on est entré dans une nouvelle année. Nulle raison de s’inquiéter pour ma santé mentale. Je sais exactement pourquoi je n’ai pas percuté la chose. La période fête et célébration se situant entre le 31 décembre et le 1er de l’an n’a pas eu l’effet “lâché-prise” de d’habitude. Comprenez : je ne me suis pas réveillée le 1er janvier avec la gueule de bois effarante normalement inhérente à la soirée de la St Sylvestre. Je ne me suis PAS levée avec une tête de cauchemar et mon maquillage ne s’est PAS baladé artistiquement sur ma figure. 
J’étais scandaleusement…normale. Je ne veux pas dire par là que la cuite est obligatoire pour faire son deuil personnel de l’année, mais ne pas commencer la nouvelle sous Doliprane est tellement inhabituel chez moi que le passage à 2013 n’a pas imprimé sa patte doulorogène comme les autres années et par conséquent n’a été que très modérément réalisé par ma personne.

Ceci ne m’est pas arrivé depuis mes 16 ans et la “nouba” organisée par ma mère où je m’étais retrouvée par la force des choses (c’est à dire l’autorité parentale) invitée contre mon gré. Cette soirée était restée gravée dans ma mémoire en raison de son haut taux d’horreur. Plus précisément, ma lucidité pendant l’horreur m’a marquée. En ma qualité de mineure j’étais uniquement autorisée à regarder d’un oeil morne  ”120 minutes de bonheur” et manger jusqu’à que décès par indigestion tandis que l’entièreté de mon voisinage y compris la parenté, titubait d’ivresse dans mon salon. Je vous garanti que ceci vous marque une jeunesse.
Bref. Depuis ma rencontre avec K mon désormais tout-à-fait ex, j’ai…travaillé. La bizarrerie là-dedans c’est que je me suis tellement habituée au petit monde de la stagiaire en maison d’édition que je suis en permanence en mode automatique. C’est comme si en pénétrant dans l’étage, j’abandonnais mon cerveau à la porte et m’embarquais pour une autre journée d’actions ô combien barbantes et répétitives. La situation avec Benjamin n’a pas avancé d’un iota mais au rayon bonnes nouvelles, l’indifférence est maintenant de mise. Je m’en contre-tamponne désormais comme de l’an 20. La preuve: j’ai largement raccourci le temps que je passe dans la salle de bain le matin. Le naturel est le maître mot et mes pores s’esbaudissent à présent sans laisse sur mon visage.

Étonnamment, j’ai l’impression que plus j’en ai rien à foutre plus il m’accorde de l’attention. Je l’ai surpris plusieurs fois en train de m’observer et s’adonner à la technique du regard fixatoire alterné du regard fuyant dès qu’il sent que je l’ai grillé. Ouen train de me frôler alors qu’il a toute la place nécessaire pour éviter le frôlement. Le gus pense t-il que son manège est ultra-discret ou manifeste t-il le regain d’intérêt afin que je le recalcule? A moins que….Non, non, non. Pas question de retomber la dedans, pas question de me poser la tonne d’interrogations stériles. Je suis une jeune femme avec du discernement et en volonté de ne pas perdre du temps car le temps c’est de l’oseille en potentialité. Osef, osef, osef.

De toutes les manières, dans exactement 4 jours j’aurais terminé mon incursion dans le monde de l’entreprise, du moins celle-ci et mon stage sera enfin terminé. Aurore et sa voix stridente ne seront plus qu’un mauvais souvenir. Joie anticipée. En parlant de liberté, il est 4 heures et demi et j’ai enfin fini mon travail.  J’éteins l’ordinateur, et arrange les papiers étalés sur mon bureau en petits tas bien nets, puis j’attrape mon sac et me dirige vers l’ascenseur avec la démarche bondissante de la biche s’ébattant en forêt ou que sais-je. Les portes s’ouvrent et je presse le bouton du rez-de-chaussée puis m’appuie sur le mur du fond en respirant profondément.

Chaque fin de journée de boulot, j’ai ce petit rituel que j’appelle “la récupération du cerveau”. Parfois, j’attends toute la journée avec ce moment là en tête. C’est un peu comme si, le temps que la machine descende les 8 étages qui me sépare de la rue je retrouvais ma personnalité. J’ai les yeux fermés et je suis en plein concentration enfilage de véritable personnalité quand je sens que quelqu’un se faufile dans la cabine juste avant que les portes ne se referment. Quand je les rouvre je vois Benjamin dans son costume noir de mec sérieux qui a un poste important dans une boîte d’édition planté devant moi l’air déterminé. Je n’ai pas le temps de manifester de la surprise ou quoi que ce soit. En fait je n’ai même pas le temps de prendre une inspiration ou ne serait-ce que penser un truc parce que dès la seconde où les portes se referment avec leur chuintement habituel, il m’agrippe par la taille, et m’embrasse.

Le prochain paragraphe est ridicule, je vous préviens mais c’est EXACTEMENT ce que j’ai ressenti. Ce baiser c’est un peu de la magie avec des lèvres. Et je suis sérieuse. Pendant un instant j’oublie complètement où je suis et je ne suis littéralement que sensations. C’est bizarre mais j’ai l’impression de fondre littéralement et ma peau est complètement hérissée de chair de poule. J’ai limite l’impression que tout mon sang a déserté mon cerveau pour se focaliser sur ma bouche et toutes les parties de mon corps qui touchent le sien. Je me presse contre lui, tandis que ses mains se glissent dans mes cheveux et ma nuque.

Il me lâche subitement avec le tintement qui indique que je suis arrivée au RDC. Je rouvre les yeux complètement perdue avec une expression sûrement comique parce qu’il rit tandis qu’il me pousse gentiment dehors, appui sur le bouton du 8ème étage et que les portes se referment sur son visage à l’expression…satisfaite. Dans le reflet des portes métallisés, je me vois bouche ouverte, le feu au joues, avec les yeux hyper brillants et le cheveux en désordre. Je ferme immédiatement la bouche et m’aplatit la tignasse à deux mains mais je ne parviens pas malgré tout mes efforts à dé-rougir ou avoir un regard normal. Je ne me sens absolument pas dans mon état normal.

Est ce qu’il est vraiment arrivé ce qu’il vient d’arriver ???

One Response to “Mindfuck.”

  • Je n’arrive décidément pas à me passer de tes écrits, Dahlia. J’étais en congé la semaine dernière et j’ai quand même fureté sur Ladies Room et quel ne fut pas mon plaisir coupable de découvrir ce nouveau volet de tes aventures…

    Je suis fan !

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