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Disposable women

Quand on dit à ses proches qu’on a failli être violée, il y a deux types de comportements. Il y a ceux qui vous prennent dans leurs bras et vous traitent comme si vous étiez en sucre et il y a ceux qui plissent les yeux et demandent : Comment étais-tu habillée ? Suivie de très près par : à quelle heure rentrais-tu ?

Disposable womenComme si dans leur cerveau, mon accoutrement ou l’heure à laquelle je rentrais expliquait ce qui m’était arrivée. Comme si parce que j’avais mis une jupe et des talons ou que je rentrais tard, ”je le méritais”. Comme si moi j’étais en faute parce que j’ai attiré son œil, comme si je l’avais chauffé et que par mon unique présence et mes fringues j’envoyais le message “je suis disponible et vulnérable”.

Non. Non. Je ne suis pas une pute, ni une salope ni une chaudasse ni même une bonnasse. Bordel, je suis moi. Et j’estime avoir le droit de rentrer chez moi même en culotte sans me faire agresser. Pourquoi est-ce que je devrais me sentir coupable ? Pourquoi est-ce que je serais en faute ? C’est quoi ce truc qui fait qu’une meuf, quoi qu’elle fasse, est toujours forcément coupable ?

On doit déjà être ni trop grosse, ni trop maigre, ni trop grande, ni trop petite, ni trop poilue, ni trop drôle, ni trop confiante, ni trop sexy, ni trop frigide… Doit-on en plus éviter d’être trop… vivante ? Est ce que c’est ça l’évolution, le progrès, la putain d’égalité ?

Mon corps n’est PAS un objet, je ne suis PAS utilisable, je ne l’ai PAS cherché. Si je suis sexy c’est parce que j’aime me sentir séduisante, PAS pour satisfaire les désirs d’un gros con misogyne en plein dans la rue. Et si je fais l’amour,  c’est parce que j’en ai envie et je ne vois pas en quoi le nombre de partenaires ou la fréquence font de moi une salope. Le sexe ou l’aura sexuelle plus communément appelée la sexitude par mes services, est dans notre culture “top pour les mecs et dégradante pour les femmes”.

Très franchement ce rapport inégalitaire Homme/Femme me cassent violemment les ovaires. Et si en plus mes propres amies s’adonnent au slut shaming… Je pense qu’il y a franchement un truc qui ne tourne pas rond dans notre culture. Et je pense qu’il est grand temps de réfléchir très sérieusement à notre activisme, notre cause, nos convictions, ambitions et dans quel monde exactement nous voulons vivre.

Car nous sommes presque 38 millions de femmes en France, soit plus de la moitié de la population française. Une grande majorité qui a un poids. Je suis persuadée que si on demande à chaque française si elle s’est déjà sentie inférieure, rabaissée, ou stigmatisée à cause de son sexe, une grande part répondra oui !

Je n’ai jamais réfléchi à ce que c’est d’être féministe, mais je commence à réaliser que ça consiste tout simplement à se battre pour ses droits. Ce concept vieillot qui commence tout doucement à se faire la malle…

(cc) Tim Thræryn

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