Histoires

Nouvelle vie, bilan de cette première année

Me voici donc à l’heure du bilan. Une année entière s’est écoulée depuis notre arrivée dans ce petit village, une année passée dans cette nouvelle vie. Je l’évoquais ici, nous avions laissé derrière nous la vie citadine, le stress, un boulot stable et bien payé dans un service financier pour moi, un statut de gérant de société et 100 000 km par an pour lui.

Nouvelle vie, bilan de cette première annéePas vraiment de projets, pas de vacances, juste du bruit, de la fatigue, une vague envie d’autre chose. Et puis une occasion s’est présentée : un changement de contrat pour moi, une remise en question d’une association pour lui, les deux au même moment. Et un mal-être certain qui nous poussait très fort à en profiter pour changer.

Nous étions coutumiers du changement : partir, changer de ville, recommencer ailleurs ne nous a jamais effrayé. Mais là, c’était autre chose. Nous avons tout d’abord raisonné en laissant une certaine continuité en place, sans remettre en question nos domaines respectifs, comme toujours. Ça n’allait pas, rien ne se mettait en place, tant et si bien que nous avons commencé à nous résigner à un moindre changement. Mais heureusement, quelqu’un qui nous connaît bien nous a tiré les vers du nez. Elle nous a fait “cracher” ce que nous taisions, mais que nos cœurs hurlaient.

Le lendemain le préavis était posé, trois mois plus tard nous arrivions dans notre nouvelle maison, libérés de nos boulots aussi bien que de nos peurs. Une année, ça passe vite. Les deux premiers mois ont été ceux de l’installation, et surtout ceux où la pression s’est relâchée un peu plus chaque jour, laissant place à la confiance en l’avenir.

Mon homme avait un rêve de toujours : travailler de ses mains. Travailler le métal. Il allait se former à la forge. Parce qu’il faut croire que c’était son destin, nous nous sommes retrouvés à 10 minutes d’une école de forge, perdue au milieu de la forêt. Je l’ai vu s’apaiser, s’épanouir au fil des mois. En juin, on lui louait un bâtiment communal pour trois fois rien, et mon homme s’installait dans son atelier.

Vous dire qu’il a abattu un travail colossal pour s’équiper et démarrer son activité serait en-dessous de la réalité. En juillet, mon beau forgeron recevait sa première commande. Aujourd’hui, il commence à être très demandé, on peut dire que c’est sur les rails. Beaucoup n’y croyaient pas, mais il l’a fait, parce que c’était ce qu’il voulait. Il a réalisé son rêve. Je suis fière de lui à un point que vous n’imaginez pas.

Quant à moi, j’ai fait un pas vers mon rêve, comme vous le savez. Je voulais écrire, j’ai publié une nouvelle. Ce n’est qu’un début, j’espère. En tout cas, c’était un encouragement fort. La bousculade de cet été m’a tenue éloignée du clavier et m’y remettre est difficile, mais je ne désespère pas. Je me suis un peu plus éparpillée, entre plusieurs projets à plus ou moins long terme, les résultats sont moins flagrants. Mais je me laisse le temps, nous verrons bien. J’ai confiance.

Au-delà de tout ça, le bilan de notre vie en général est excellent. Nous sommes bien ici, les gens nous ont accueillis à bras ouverts. C’est une autre vie. Certains ne comprennent pas ce choix, estiment que nous nous sommes enterrés. Chacun son truc, nous n’avons jamais été aussi heureux et aussi plein de projets. Décidément, 2012 est une belle année !

(cc) seier+seier

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