Histoires

L’art (relativement abstrait) de faire sa valise

Avant l’été je suis partie faire un petit séjour au bord de la mer. Laissez-moi vous raconter une aventure non moins trépidante : la préparation de ma valise. Ôtez ce sourire de vos lèvres, cette histoire est malheureusement une histoire vraie.

L’art (relativement abstrait) de faire sa valiseLe contexte : Nous sommes lundi, demain je pars 4 jours à la mer avec ma copine adorée chérie. L’idée que je me fais de ma journée : mis à part un peu de repassage, ça devrait être vite torché. Deux maillots de bain, trois culottes, des robes et le sac de plage, et basta. Ensuite je range la maison et je fais le ménage.

J’ai une liste de papiers divers à faire. Et je devrais pouvoir cuisiner un peu pour que l’Homme n’ait pas trop à se casser la tête cette semaine. Pendant ce temps je programmerai un ou deux articles pour mon absence. Genre la critique de ce livre que j’ai fini il y a 3 semaines, par exemple. Ce soir c’est Dr House en replay. Ce qu’il s’est réellement passé :

9h30 : Je vais commencer ma valise, comme ça j’ai toute l’après-midi pour faire le reste.

9h31 : Ah oui mais faudrait commencer à sortir le reste des affaires d’été avant.

9h32 : Ah ça c’est parfait pour aller à la plage ! Hop, sur le tas « à repasser » !

9h33 : Putain je l’avais oublié ce truc, ça me va encore ?

9h34 : Visiblement non.

9h35 : Ah mais attends, j’ai pris du poids, putain ! Bon, pas le choix, il faut que j’essaie et que je trie… (Tu l’as repérée, la décision de merde ? Moi aussi, à l’instant où je l’ai énoncée…)

9h45 : Cette robe que mes copines m’ont fait acheter, elle est trop courte ou pas ? Je veux dire, si je reste debout on ne voit presque pas ma culotte… Bon ok, sur le tas « bof ». Quoique, en tunique elle est très bien…

10h05 : La petite robe léopard, c’est too much ? Je l’ai mise une seule fois, à l’étranger, c’est dire si j’assume. Mais elle est trop belle. William Carminola, si tu passes par là, help !

10h25 : J’ai beau chercher, je ne rappelle aucun épisode dépressif l’été dernier. Et c’est bien ce qui m’inquiète, car, vu les robes de communiante que j’ai achetées, il y en a forcément eu un.

10h45 : Ça je suis sûre qu’en le customisant un peu… Je vais faire un tas « à coudre », tiens. (Ce tas, il n’a jamais vu un fil et une aiguille de sa vie, mais je le fais à chaque fois, envahie d’une folie créatrice qui ne dépassera jamais le stade de l’idée fugace).

11h05 : Il y en a partout, des tas. Dont un « à vendre si jamais il y a un vide grenier cet été ». Ah mais au fait, il reste des fringues dans les cartons de la chambre d’à côté !

11h15 : J’ai donc vidé un carton, annexant du même coup la seconde chambre et le couloir. Les choses sont en train de prendre un tournant dangereux. Pourtant, à cet instant, dans ma tête je me pense encore capable d’en finir dans la matinée.

11h55 : Bien, il ne me reste plus qu’à ranger.

11h56 : Mais d’abord on va manger.

13h30 : Bon, je disais donc : il ne reste plus qu’à ranger.

13h31 : Pour ça il faut que je vide les fringues d’hiver. Ça tombe bien j’ai libéré des housses.

13h32 : Ouais mais autant faire du tri, c’est trop con sinon.

13h50 : Putain mais ça rentre pas dans la housse !

14h30 : Bon, les pulls de l’Homme maintenant. Celui-là même qui m’a dit que j’en avais pour la journée avec mes conneries, le rustre.

14h50 : Ok. C’est le moment déterminant : celui où je suis assise sur le lit et où j’observe successivement les armoires et les tas pendant un long moment, élaborant mentalement les stratégies d’un rangement pratique et efficace. Je suis au milieu d’un chaos indescriptible, on dirait qu’une tornade a traversé la pièce, mais si tout se passe bien que je sortirai de mes réflexions chaque chose aura une place.

15h05 : Le verdict est sans appel : il faut tout virer des placards et tout ranger comme il faut.

16h30 : Mes vêtements ont pour la plupart trouvé leur place. Passons aux siens.

17h00 : J’ai fait des tas pour m’y retrouver et lui faire un rangement tellement pratique que c’est l’armoire qui lui proposera une tenue le matin.

17h45 : Presque fini. Mais du coup pour bien faire il faudrait jeter un œil dans les tiroirs…

17h50 : C’est bien ce que je pensais, ça ne va pas. Je les vide.

18h15 : Non mais quelle mauvais langue ce mec, genre je ne serai jamais prête demain matin ! Quelle ingratitude !

18h45 : Ah toi aussi t’as faim ? Bon, un casse-croûte-apéro rapide, mais après je m’y remets.

20h00 : Plus faim.

20h30 : Quelques babioles trainent encore mais globalement j’ai fini. Je suis trop forte.

20h50 : Je déteste le repassage… Heureusement le téléphone sonne !

21h20 : Bon, du coup je ne repasse que ce que j’emmène, hein.

21h40 : La valise est là, vide et offerte. Je peux commencer à faire mes tas de choses à prendre.

21h50 : Si jamais on va marcher, hein ? Je prends une tenue « rando » (je ne vois pas ce qui vous fait rire, franchement.)

21h55 : Bon, voyons voir les robes que j’ai étalées… Hum… je dirais : sandales blanches et sandales marron. Mais je prends aussi les compensées, on ne sait jamais.

22h00 : Le gilet marron au cas où il fasse frais le soir… ah mais il ne va pas avec celle-là. Je prends le noir aussi.

22h05 : Et quel haut je prévois pour mettre avec mon jean ? Bon, ces trois-là, j’aurai du choix comme ça. Et celui-là, après tout ça ne prend pas de place, hein.

22h10 : Tous ces hauts ne se portent pas avec le même soutif.

22h15 : Et toutes ces robes ne tolèrent pas les mêmes sous-vêtements.

22h20 : Je mets quoi comme colliers pour aller avec ?

22h35 : Bon il faut que je prenne des draps, des serviettes, ma trousse de toilette… Je vais laisser une place pour mon oreiller, tiens, je préfère.

22h50 : L’Homme veut aller se coucher. Bon, ça va, j’ai fini, il reste juste le sac de plage à préparer.

23h05 : Ah ouais mais du coup, si on va marcher, il faut un sac à dos, non ?

23h40 : Fini ! Enfin je pense. Je jette un œil à la check-list : ordinateur, chargeur, chargeur téléphone, chargeur appareil photo… Ça me semble pas mal.

23h41 : Putain mais j’ai pas de vernis aux pieds !

23h42 : D’abord j’ai un élastique à recoudre.

23h55 : Bon je vais lui laisser une cuisine rangée, au moins.

00h35 : Passons au vernis.

00h45 : J’ai sommeil. Mais il faut faire une seconde couche…

Bilan : je me suis couchée à 1h30 du matin.

Voilà, sous vos yeux ébahis j’ai mis très exactement une quinzaine d’heures à préparer une valise pour un séjour de 4 malheureux jours. Et quand je dis une valise… Si vous avez eu la patience de tout lire, vous avez compris que j’ai pris assez d’affaires pour 15 jours, au bas mot. Sachant que pour traîner sur la plage un paréo ça suffit largement. C’est officiel, je suis fêlée.

Mais je tiens tout de même à finir sur du positif, car après tout je suis incurable, donc autant tirer un ou deux avantages de cet état de fait. Ma copine m’a trouvée vachement organisée, parce que j’avais tout ce qu’il faut pour la rando (que nous avons faite, oui, oui !). Et à mon retour force est de constater que les armoires étaient super bien rangées. Prochainement, j’envisage d’installer le bureau et de sortir enfin mes livres des cartons. Ça promet.

Gabriela Camerotti

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