My Space

1789, une comédie musicale loin d’être révolutionnaire

NDLR : La rédaction de Ladies Room a invité kiliwatch et Jessica Staffe au Palais des Sports, pour 1789, Les Amants de la Bastille.

Mardi 16 octobre 2012 au Palais des Sports, le monde se pressait pour aller voir la dernière comédie musicale à la mode. Comme dans beaucoup de succès de ces dernières années, Dove Attia est de la partie. 1789, les amants de la Bastille ne déroge pas à la règle. Cette grosse production s’adresse au grand public.

1789, une comédie musicale loin d’être révolutionnaireLes décors sont monumentaux, assez représentatifs de l’état d’esprit. Les projections d’images nous font replonger dans la révolution. Quant aux jeux de lumière, ils reflètent bien la mise en scène. Celle-ci s’appuie sur des moyens. Les costumes s’inspirent de l’époque de Marie Antoinette et de la Révolution Française.

Il participe à l’identité historique ; sans ces attributs, le spectacle perdrait toute sa profondeur et tout son intérêt. Ils embellissent un contenu pauvre. Ces artifices cachent une triste réalité. Ce show ne semble pas une réussite.

Sans en attendre grand chose, le public s’attendait peut-être à être surpris. Une partie de la salle semblait conquise. A la fin de la représentation, de nombreuses personnes se sont levées pour applaudir à tout rompre. Les comédiens, chanteurs, danseurs ont été acclamés comme il se doit. Cette euphorie passagère montre que la recette de cette comédie musicale fonctionne.

Il suffit de peu d’ingrédients pour plaire au plus grand nombre. D’autres se sont empressés de quitter la salle afin de mettre fin à ce fiasco. Plusieurs sentiments ont pu se mélanger dans leur esprit : la lassitude, l’idée de déjà-vu, la simplicité de l’intrigue et des dialogues et l’ennui voire l’endormissement.

La première partie semble interminable. Beaucoup de longueurs viennent perturber le déroulement des différents évènements censés marquer le début de la Révolution Française. Le problème est que l’intrigue est fondée sur des anachronismes. Le langage semble parfois trop familier voire vulgaire.

Pour simplifier le discours, la langue utilisée est justement trop contemporaine. On remarque aussi un manque de contextualisation. La Révolution est uniquement utilisée comme prétexte. Elle représente une unité d’action mais aucun élément n’est daté. Au début, un résumé de quatre lignes nous éclaire sur le contexte. Après, plus aucun détail historique ne sera donné.

Quant à l’intrigue, elle manque cruellement d’originalité. Elle est construite sur une histoire d’amour impossible. Rien d’étonnant finalement. Banale, elle n’a rien de révolutionnaire. Attendue, elle donne un contenu romantique. Si les aspirations des révolutionnaires s’avèrent romantiques (combat acharné pour la liberté, l’égalité et le partage, volonté d’imposer une république) et que leur engagement (il donne leur vie à cette cause) l’est aussi, la romance gâche toute l’humanité de cette bataille.

La deuxième partie commence sur les chapeaux de roues, l’action redonne du souffle à ce spectacle. L’illusion ne dure pas longtemps. Très rapidement, tous les clichés révolutionnaires reviennent. Cette redondance fatigue et participe à l’ennui. Les minutes s’étirent. Vous serez sûrement sauvés par le gong final.

Kiliwatch :

Pour ma part, je rejoins tout à fait ce que dit Jess. Il faut reconnaître que les costumes et le spectacle est magnifique. Il y a un gros travail sur les décors, la mise en scène et on en prend plein la vue, avec pétards, effets de lumière, belles chorégraphies… C’est vrai que Dove Attia a mis le paquet.

Mais le scénario est pauvre et sans intrigue réelle. Il faut dire qu’il ne s’agit pas d’une pièce de théâtre classique avec du vocabulaire soutenu, mais bien d’un spectacle grand public à visée familiale qui se doit, il me semble, d’être à la portée de tous. Donc je crois qu’il ne faut pas en attendre tro.

Ce que j’ai trouvé dommageable pour le spectacle, c’est la diffusion sur 2 grands écrans de publicité pendant l’entracte de 20 min. On a l’impression d’être devant sa télévision. Dommage, car on vient pour sortir de chez soi et on a l’impression d’y retourner.

J’ai passé un bon moment, mais le scénario est tout de même assez décevant. Il y a quelques longueurs, qui font qu’on a du mal à suivre l’histoire. Dans l’ensemble, les chanteurs sont bons, mais on a l’impression que le casting est le même que pour les anciennes comédies musicales (ils ont les mêmes timbres de voix que les années précédentes).

Seule bonne option pour voir 1789, les amants de la Bastille : faites-vous inviter ou n’y allez pas. Enfin, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Alors personne ne vous en voudra d’aimer. Si c’est le cas, à vous de faire la Révolution !

3 Responses to “1789, une comédie musicale loin d’être révolutionnaire”

  • Et ben. En gros c’est un spectacle qu’on va voir pour baver sur Louis Delort quoi

  • Je ne vais pas entrer dans la critique parce que je connais l’équipe et que je sais la charge de travail d’un spectacle au Palais des Sports, mais j’aimerais hurler au scandale un détail (!) que personne ne relève …. aucun journaliste … : ça choque personne que Marie Antoinette se fasse décapiter avant la prise de la Bastille ?? Plus personne n’a son Bac ?
    On laisse aux producteurs un pouvoir sans limite… prochaine comédie musicale: La Seconde Guerre Mondiale avec Charlemagne à la place d’Hitler parce que le costume est plus sympa !

  • Et pour tevouille : Louis Delort est une belle révélation ! :)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>