Coeur

One night stand = plusieurs jours de réflexion

Article sélectionné par Bolo lors de sa semaine de Rédaction en Chef.

3 jours. Ça fait trois jours que j’ai brisé ma ceinture de chasteté invisible et cette nuit a été… libératrice. Je crois bien qu’en trois ans de sexe en couple, je ne me suis jamais autant lâchée ou pris mon pied. Je me suis toujours empêchée d’y aller trop à fond, par retenue. Vous savez le genre de retenue qu’on a parce qu’on veut plaire à la personne qu’on aime, alors on s’efforce de faire ce qu’on pense être le mieux, quitte à ne pas vraiment vivre l’acte.

one_night

Le genre de truc cérébral qui empiète un peu trop sur le purement physique. La leçon de la nuit a été magistrale. Je n’avais aucune obligation, aucune pression ou volonté de trop bien faire. Et c’était génial.

J’ai fui dès que je l’ai senti endormi, enfilé mes sous-vêtements, ramassé mes ballerines et mon trench que j’ai noué à la va vite autour de ma taille, et pris la porte en priant pour qu’elle ne grince pas. Elle n’a pas grincé, merci puissance céleste. Dans la pénombre du couloir, les silhouettes avachies et les lumières éteintes m’ont soufflé que la fête était sur la pente descendante pour ne pas dire finie.

En passant par le salon, je suis tombée sur Marie en plein rangement. Dans un immense sac poubelle, elle plaçait soigneusement et délicatement des bouteilles afin qu’elles ne s’entrechoquent pas. Elle leva la tête quand je passais devant elle et me sourit. Je m’apprêtais à lui parler quand elle mis un doigt sur sa bouche et me désigna le petit tas d’humains ronflant sur les canapés, je lui souris en retour, hochai la tête et rentrai chez moi.

Là où je suis à présent et là où je m’interroge sur l’éventualité que je sois quelqu’un d’horrible. J’ai toujours méprisé les personnages dans les séries qui se carapatent juste après avoir couché avec l’héroïne, ces gens là étaient de vrais Méchants. Sauf que dans ce cas ci, je suis l’héroïne ET la déserteuse, donc la Méchante ? Je suis pas très au fait de la conduite à tenir en cas de coup d’un soir.

Car c’était bien un coup du soir, de ça, je suis sûre, j’ai rempli toutes les conditions requises, j’ai parfaitement réussi à 1/ ne donner aucune information personnelle,  2/ ne RIEN savoir de lui, 3/ zéro moyen de contact. Je ne sais pas si la culpabilité fait habituellement partie du truc par contre… Hannah m’a félicitée à coup de Chianti pour ce qu’elle appelle “la fin officielle de ma période de deuil couple”. D’après elle, si je me sentais émotionnellement de coucher avec un gus, c’est que je suis vraiment passée outre “l’apoKlypse”. Hmm…

(cc) Flavio Ronco

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