Histoires

On ne naît pas mère, on le devient

Article sélectionné par Nouvelle 30naire lors de sa semaine de rédaction en chef

A l’instar de notre amie Simone : « On ne naît pas femme, on le devient », je vous dirais volontiers qu’on ne naît pas mère, on le devient.

On ne naît pas mère, on le devientAujourd’hui je reviens sur mon expérience de la maternité, non pas parce qu’être une mummy c’est « so fashion » comme chez nos stars, mais tout simplement parce qu’en ayant donné naissance à ma fille, j’ai eu l’impression de me prendre 10 ans dans la gueule, non pas que ce soit péjoratif, loin de là, mais plutôt parce que la maternité m’a faite gagner en maturité et qu’il m’est plus facile d’avouer certaines difficultés aujourd’hui qu’avant.

La maternité m’a transcendée, m’a exaltée, elle m’a renvoyée aussi à mon enfance. A présent j’ai l’impression d’avoir donné un sens à ma vie, mais ça j’en ai déjà parlé. Je dirais que la principale difficulté pour moi, à être mère, a été finalement les relations avec les autres. Aussi, j’ai voulu faire un recueil des pires conneries que j’ai été amenée à entendre de mon entourage (si on considère que les conneries de Doctissimo font aussi partie de mon entourage) :

1) T’es jeune, tu vas galérer pour être mère.

Oui bien sûr c’est vrai, si l’on en croit les très savants magazines people, être mère à 40 ans c’est synonyme d’être plus patiente avec son gosse et d’être plus disponible d’un point de vue professionnel, et on a plus d’expériences, rapport qu’on a vu ses copines faire. Si si, j’ai déjà lu ce genre de conneries. A toi, la connasse qui a fait un mioche à 25 ans, t’es condamnée à être chômeuse et maltraitante toute ta vie. La précarité, on le sait : ça rend violent envers ses enfants.

Franchement, quand ce genre de conneries sort de torche-cul de magazines, ça va. Par contre, quand il sort de la bouche de femmes de ton entourage qui disent que c’est tellement épanouissant d’avoir un enfant au summum de sa maturité et que les petites jeunettes elles galèrent face aux femmes expérimentées que nous sommes, c’est pas qu’un peu que la moutarde me monte au nez.

Pitié les MILF, arrêtons de faire des généralités, quel que soit l’âge les difficultés il y en aura toujours. Et ce n’est pas parce qu’un PEL est plus rempli à 40 piges qu’on en sera meilleure mère. Des difficultés, quel que soit l’âge, on en rencontre toujours.

2) L’allaitement ça fait mal.

Ma belle-mère et une copine ont dû se donner le mot pour me faire flipper. Et pourtant j’ai jamais hésité à allaiter, je ne me suis même jamais posé la question, tellement pour moi le choix serait évident. J’ai allaité ma fille 15 mois, sans jamais avoir mal, même quand la petite a eu des dents.

Je n’ai jamais su ce qu’étaient des crevasses. J’ai juste connu l’engorgement mammaire qui est très bien soulagé par des douches chaudes. Les crevasses sont dues dans 95% des cas à une mauvaise position pour l’allaitement.

3) Il faut absolument allaiter un enfant, sinon il ne fera pas son système immunitaire.

Toute personne humaine en bonne santé fait son système immunitaire dès sa naissance et même avant (immunité innée et immunité acquise par la rencontre de pathogènes). Alors peut-être que l’allaitement est un plus mais il n’empêchera pas un enfant d’être malade.

4) Arrête d’être une mère poule, tu surprotèges ton enfant.

C’est vrai que quand un enfant vient au monde dès lors qu’il traverse la barrière placentaire, tout l’entourage te fait de la psychologie pour être une bonne mère. « Il faut pas trop que tu le berces, t’imagines il fera jamais ses nuits », « tu vas en faire une victime ta fille, à force de la couver » etc…

Ce qui m’a toujours choquée finalement, au travers de ce qu’on peut entendre sur le fait d’être mère, aussi bien à travers les sites, les livres, la télévision, l’entourage, c’est qu’il y a des règles à respecter si on veut être une bonne mère. On enlève tout caractère naturel et animal à la maternité, on nous enlève la spontanéité d’être une mère.

Bien sûr qu’il faut coucher son gamin à heure fixe, bien sûr qu’il faut jouer avec lui. Mais si on pouvait arrêter de nous asphyxier en nous faisant croire que la mère si elle n’applique pas les préceptes de tel pédiatre, son gamin finira sous Prozac pour le restant de ces jours, ce serait vachement swag. (Attention j’ai dit swag, je suis peut-être atteinte d’un syndrome dégénératif de la personnalité car j’ai peur de vieillir. Une thérapie s’impose.)

5) Faut vraiment prendre soin de toi si tu ne veux pas que ton mec aille courir la gueuse.

Déjà mon mec, il est fatigué comme moi alors ça lui coupe toute envie et 1 mois après la naissance de ma fille, j’ai pas trop envie d’achever mon périnée (non je n’ai pas eu d’épisiotomie, ça n’est pas obligatoire, j’ai eu une déchirure naturelle parce que je préférais).

C’est pas parce que pendant 4 mois je vais passer la grande partie de ma journée à oil-pé, seins à l’air avec un bébé accroché à mes miches, que le mec va se barrer. Quand même, on arrive à faire la part des choses et si on n’arrive pas à la faire, les hommes sont quand même capables de manifester leurs envies. Sinon chaque maternité finirait par un divorce.

6) Prépare-toi au baby blues.

Non je n’en ai pas eu, je ne sais pas ce que c’est. Et non c’est très fréquent de ne pas en avoir, contrairement à ce qu’on dit. Si parce qu’on est fatiguée et qu’on a mal partout on fait un baby-blues, ça a quoi d’anormal ? Doit-on consulter son toubib ?

Je vous épargne les conneries traditionnelles qui pour moi ont été du vécu : « Faut coucher bébé sur le ventre », « ton bébé s’endort sur le sein, c’est bizarre comme façon de faire », « ah bon tu lui fais les petits pots toi-même, t’es sûr que c’est équilibré », « tu ne vas pas faire vacciner ton bébé contre l’hépatite B dès son enfance »

Je dirais qu’une seule chose finalement : seule une mère sait ce qui est bon pour son enfant et que la confiance en soi et en son bébé est franchement la clef pour bien vivre sa maternité.

(cc)  I, Timmy

5 Responses to “On ne naît pas mère, on le devient”

  • Tout à fait d’accord! C’est le côté relou de la maternité. Tout le monde sait tout mieux que toi et t’assomme de conseils/ordres. Au début, j’appliquais à la lettre ce que je lisais dans les livres ou sur les forums, mais j’ai vite arrêté. Y a rien de tel pour se sentir une mauvaise mère et s’en rajouter une couche niveau culpabilité.

  • Ah merci electricalstorm, je vois que je ne suis pas la seule à ne pas supporter les petits conseils à la con des autres et le pire c’est les copines qui n’ont pas de gosses qui te filent des conseils, la on touche vraiment du bout du doigt le foutage de gueule. Et puis merde, la mère parfaite elle existe pas! Si Mere Teresa, mais elle avait pas d’enfant!

  • Roooo j’ai pensé à ton article hier. J’ai mangé avec ma belle-mère et, même si je l’adore, y a des fois où elle est vraiment du genre “toxique”. J’ai eu droit pour la 5 ou 6° fois à un “Quand est-ce que tu vas mettre la petite à la crèche?” Comme à chaque fois, je lui ai dit que je ne comptais pas l’y mettre dans la mesure où je ne travaille pas et, comme à chaque fois, elle m’a répondu “Mais pourquoi? Ce serait mieux, elle verrait d’autres enfants”. “Elle en voit puisque je l’emmène plusieurs fois par semaine à la ludothèque” “ah mais c’est pas assez!”. Grrrr!
    Ensuite, j’ai dû justifier le fait que je n’allais pas pouvoir emmener ma fille se promener ce jour-là puisque j’attendais de la visite. Elle a conclu en se tournant vers la petite et en lui disant “bientôt tu viendras avec mamie et on ira faire pleins de balades!” Grrrrr bis!!!!
    Pour finir, quand je lui ai dit que le seul moyen pour que ma fille accepte de manger correctement était de la laisser vaquer à ses occupations, j’ai eu droit à un “Ah non! Tu vas pas commencer à céder!”.
    Euuuh, comment te dire? Moi, mère; toi, mamie…

  • Et cela ne fait que commencer!!! Tu verras pour la suite c’est tout aussi croustillant!
    L’essentiel est de faire au mieux pour soi (pour eux aussi!) et de se boucher les oreilles!!!

  • Souvenirs, souvenirs…. en effet que de “bons” conseils reçoit-on…. Et en effet ce n’est que le début. J’avoue avoir parfois été un peu sèche dans mes réactions, ça détend!

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