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Du sexisme ordinaire

La langue française, quelle que soit sa richesse, laisse une place importante à des expressions considérées comme sexistes. Pourtant, elles semblent récurrentes dans le langage courant. Cette présence rappelle que la société française est fondée sur des bases patriarcales. Le langage serait-il sexué et sexiste ?

Du sexisme ordinaireLes expressions qui renvoie à la famille et la maternité

Certaines renvoient à des qualités dites féminines. La générosité, le soin apporté aux enfants, l’instinct maternel (création de la société) sont des termes attachés aux figures féminines :

On parle de « remède de grands-mères » : d’après cette expression, les femmes seraient des êtres attentionnés, attentifs aux soins de leurs enfants. Elle traduit aussi la transmission des valeurs. Ces formules de soins traditionnels rappellent la sagesse. Même si ces remèdes fonctionnent, cette expression véhicule des clichés. Péjorative, elle décrédibilise souvent ces remèdes. Elle est parfois utilisée sur un ton moqueur.

Dans un autre genre, on trouve aussi : « remède de bonnes femmes ». Quel que soit l’usage, ces mots apparaissent comme négatifs. Pourtant les remèdes de bonnes femmes sont parfois – aussi – des remèdes de grand-mères.

On parle de patrimoine et non de matrimoine. La mère et la femme ne lègueraient-elles rien à leurs enfants ? Mis à part les chromosomes, elles offrent aussi leur patrimoine ! Elles cèdent leur fortune, leurs différentes possessions (demeures, voitures et pas seulement leurs  bijoux…).

Le vocable matrimonial dérive du matrimoine qui dérive lui-même du mot mère.  Il se rattache à l’univers du mariage. Une femme ne serait-elle que bonne à marier ? Évidemment que non. Mais ces substantifs trahissent bien le fait que notre société reste patriarcale.

Des expressions censées renvoyer à des attributs féminins

La féminisation des professions revient souvent sur le devant de la scène. Derrière cette question sociale se cache un autre débat : celui du partage des tâches. Aujourd’hui pour ne froisser personne, on préfère parler de techniciens de surface. Cette tournure apparemment neutre fait oublier que le langage courant privilégie les terminologies de femme de ménage ou femmes à tout faire. Plus  que des mots, ils montrent que le ménage est vu comme une tâche plutôt féminine.

La femme est bien souvent réduite aux travaux qui touchent à la tenue du logis. On dit d’elle qu’elle est une « fée du logis » comme s’il suffisait d’un claquement de doigt pour faire briller tout une maison ou un appartement. Chacun de nous semble capable de prendre l’aspirateur, de faire le repassage, la cuisine et d’être une bonne ménagère. Les hommes ne sont pas exclus du ménage. Pourtant à leur lecture, on pourrait le croire.

Le langage est sexué. Cette constatation n’est pas anodine. Elle revêt un caractère politique et social. Ces différentes expressions peignent le sexisme conscient ou inconscient qui règne dans la langue de Molière.

Il ne s’agit pas de changer notre langue, elle fait partie de l’Histoire et de notre héritage. On ne la réécrira pas, on peut juste l’ajuster pour faire en sorte qu’elle représente un équilibre.

(cc) natashalcd

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