Histoires

Acceptez-vous, qu’ils disaient.

J’ai deux histoires à vous raconter. Deux histoires qui ont marqué ma perception de mon corps, et qui n’ont rien à voir avec les magazines et les émissions télé.

Acceptez-vous, qu’ils disaient.Il y a plusieurs années, je suis allée au Japon pour y séjourner une dizaine de jours. Je n’ai jamais été attirée par le Japon, donc c’était un voyage purement fonctionnel pour moi, j’en retire des souvenirs très désagréables et il a été l’un des pires de ma vie. Une fois habituée au décalage horaire, j’ai voulu faire du shopping, et je suis allée à Tokyo. En prenant pour la première fois le metro là-bas, j’ai pu constater à quel point les jeunes filles japonaises étaient minces. Enfin maigres. Le culte de la beauté et de la minceur y est tel que je vous mets au défi de trouver une fille de plus de 8 ans ne portant pas de talons hauts. Alors certains me prétexteront que les asiatiques sont minces naturellement, je leur répondrai que je viens d’une famille d’asiatiques et que la totalité de mes cousines a déjà sauté un repas pour perdre un kilo ou deux. Elles comparent la taille de leurs cuisses en les mettant les unes à côté des autres, ce que je trouve glauque au possible. Bref.

Outre le fait que je n’ai pas pu trouver un pantalon à ma taille à Tokyo (ah bah c’est étonnant tiens), j’y ai par contre trouvé toute une tripotée de complexes plus saugrenus les uns que les autres. Il m’a fallu six mois pour me remettre de ce voyage, et encore aujourd’hui, voir une japonaise me rebute au plus haut point.

La seconde anecdote qui a changé la perception de mon corps, c’est celle qui s’est passée samedi dernier. Avant ça, je dois préciser une chose : j’ai pris du poids. J’ai dû prendre six kilos à tout péter, suite à une succession d’essais pour trouver une pilule, plus infructueux les uns que les autres. Je suis mal dans ma peau. Je ne rentre plus dans mes pantalons. Je me sens grosse, mais je ne vais pas jusqu’à dire que je suis laide et que je mérite de m’affamer pendant des semaines pour perdre ces kilos. Les hommes me regardent toujours dans la rue, mon homme me trouve toujours belle, le reflet dans le miroir affiche un bourrelet autour de ma taille mais bon, on va pas en faire toute une histoire, en mangeant de la salade et des fruits pendant les deux prochains mois tout rentrera dans l’ordre.

Mais samedi dernier, ma vision des choses a changé. Samedi dernier, j’ai rencontré un groupe sociologique que je ne connaissais pas avant : les étudiantes en kinésithérapie. Messieurs, si vous ne le saviez pas, je vous les donne en mille : elles sont canons. Je crois que les écoles de kiné ne recrutent que sur critères physiques. Je me suis retrouvée, moi, avec mes complexes fraîchement gagnés au fur et à mesure que j’avais gagné des kilos, avec une dizaine d’étudiantes kiné à l’allure de déesses de la minceur, toutes aussi jolies les unes que les autres, dans une soirée où se mélangeaient alcool et musiques à la mode. D’ailleurs les entendre chanter “tu fais réégiiiime” toutes en choeur, ça m’a donné envie de vomir.

Je suis rentrée chez moi malade, déprimée, ayant faim, et le lendemain j’étais si fatiguée psychologiquement que je n’ai parlé à personne de cette soirée. Mon copain répondrait à ça “Mais t’es belle, je t’aime !” ce à quoi je lui répondrais “Ça ne change rien, je suis grosse quand même“.

Pour en finir avec les stéréotypes que je viens de véhiculer via cet article, dont je m’excuse profondément car ce n’est pas vraiment mon intention je vous dirai ceci : c’est facile de dire qu’il faut faire bouger les choses et s’accepter soi-même. C’est facile de dire “aujourd’hui, je suis belle” et aller défiler dans la rue dans un nouveau pantalon à la dernière mode en vous disant que les autres aiment votre corps tel qu’il est. Mais la moindre rencontre peut faire vaciller votre existence en éclats. Et la moindre parole peut déstabiliser le fond de votre être en un millième de seconde.

J’aimerais tellement m’accepter telle que je suis et dire que je suis belle aujourd’hui, et que je le serai toujours, même avec de la graisse, des rides, et des cheveux en pagaille. Mais j’ai beau essayer, rien n’y fait. Rien n’est assez fort pour me faire changer d’avis. Et pourtant, j’en ai vraiment envie.

Les filles, faites-moi changer d’avis.

(cc) SiroGraphy

14 Responses to “Acceptez-vous, qu’ils disaient.”

  • Je n’arriverai malheureusement pas à te faire changer d’avis car je suis comme toi.
    Mon homme à beau de mire qu’il me trouve toujours jolie, dans ma tête je suis grosse (je suis passée du 38 au 42 en une petite année) et s’est inacceptable. Alors croiser des femmes au physique “parfait”, ça n’est jamais évident.
    Si tu trouves une solution, je suis donc également preneuse !

  • faire changer d’avis quelqu’un qui se refuse à changer d’avis^^ je suis d’avis que c’est compliqué! Je pense qu’avant de vouloir accepter son corps il faut passer par l’acceptation de ce que certains qualifie de “defaut” .

    En effet tu es de part nature (humaine) pleine de defaut et oui ma petite demoiselle ^^ pour t’accepter et t’aimer telle que tu est (sublime) ile ne faut pas que tu tente de changer pour le regard des autres, mais bien pour le tien !

    Et puis tu te fais du mal pour rien à vouloir ressembler aux autres, car eux même cherche à ressembler aux autres , c’est la queue du serpent qui se fout dans sa gueule c’est sans fin “faim” ^^

  • @Streetbook j’ai foncièrement envie de changer d’avis. Mais comment porter un regard sur soi-même quand je ne me vois pas? Quand seulement les autres me voient? Et pourquoi le simple fait que je me trouve grosse soit un mensonge? Pourquoi ce serait moi qui ait un probleme quand j’ai pris du poids alors que quand j’en perds je me sens bien?

  • Ce sentir bien quand on perd du poids ou mal quand on en prend, ce n’est pas seulement une histoire d’image. C’est chimique aussi. Ca crée des réactions dans la tête et le corps qui font qu’on se sent euphorique ou apathique, ce qui par extension rejaillit sur le regard qu’on pose sur soi. Faut toujours se rappeler, quand on se trouve moche, que c’est une émotion intérieure nourrie d’un tas de choses qui nous échappent bien plus qu’un simple regard.

    Il y a quelques années, j’ai pris le parti de me dire, tous les soirs avant de dormir, la liste de ce que j’aimais chez moi, de ce que j’avais fait dans la journée pour aller mieux et de ce dont j’étais reconnaissante d’une manière générale. C’était ma façon de lutter contre la dépression. Et ça a marché, chaque soir la liste était un peu plus longue et au fil du temps, j’ai pu réapprendre à être positive. A coup de “j’aime mes yeux, mes seins et mes dents”, “aujourd’hui j’ai pris le temps de me maquiller et c’est bien”, “il y avait un beau ciel bleu ce matin, et puis j’ai ri avec ma collègue pendant la pause, merci pour ça”.

    Ca a l’air con, mais je pense qu’il faut faire régulièrement des compliments à son corps et le remercier du plaisir qu’il nous donne. Je suis sûre que ça l’incite à continuer.

  • J’ai une solution : s’entendre dire par un pédopsychiatre que le seul moyen de me faire maigrir radicalement, ce serait l’anorexie. Je me dis que je préfère privilégier ma santé mentale, contrairement à ces grognasses d’étudiantes en kiné qui se dégoûteront dans 20 ans. Parce que je peux te dire, Tevy, si elles sont mignonnes pendant leurs études, je n’ai jamais vu une kiné de plus de 35 ans mignonne. Elles sont soit toutes sèches, soit obèses. Alors dis-toi que tu es grosse maintenant, mais au moins, quand tu seras vieille, tu n’auras pas le dégoût de ces femmes habituées à leur splendeur et qui se regardent flétrir. Il y a une justice.

  • Ton article m’inspire deux réactions complètement contradictoires. D’un côté, j’ai envie de te dire que en effet, tu es trop difficile avec toi meme et que les autres te voient vraiement comme tu es, c’est à dire belle et qu’une fois acceptée cette idée tu pourrasplus facilement aller de l’avant.
    Mais aussi d’un autre côté, j’ai l’impression que ces quelques kilos en plus te bouffent la vie et que peut être tu pourrais trouver une solution pour ne pas les laisser prendre le pas sur l’image que tu as de toi, en faisant un peu de sport par exemple, sans perdre tes kilos tu gagnes un peu de muscle. Pour moi c’est radical en tout cas.
    Je suis désolée pour ce commentaire brouillon qui va pas hyper t’aider mais à l’image de ton article il refelète la complexité de nous les nanas ;-)

  • On a toutes des petites rondeurs. Moi perso, j’en ai. Je suis pleine de bonnes volontés pour perdre quelques kilos. Mais très très gourmandes également. Bref 45 ans 4 enfants et taille 42. J’ai envie de reprendre la piscine. Mais je vais attendre septembre, m’ayant fait opérée des pieds, je n’ai pas le droit encore à piquer une tête. Essaies de prendre la vie du bon côté, et n’oublie pas les hommes préfèrent les femmes pulpeuses que les planches à pains.

  • @TOUTES merci infiniment pour vos réactions!

    Je ne sais pas trop comment prendre les choses finalement. Je sais que pour retrouver le corps dont je rêve, il faudrait entamer énormément de restrictions, faire des choix, prendre du temps, et m’habituer à une nouvelle vie. J’ai pris un rythme qui demande beaucoup d’énergie à être modifié, et une régularité à toute épreuve.

    Vais-je y arriver? La suite au nouvel episode :D

  • Je pense que forcément quand t’en auras vraiement besoin tes habitudes changeront naturellement. Sinon c’est peut etre aussi que tu te sens pas si mal comme tu es ;-) plein de courage pour ces choix à faire et n’oublie pas que quelques qu’ils soient ils sont pour ton mieux être !

  • J’ai pas été bien, mes études l’an dernier me faisaient saturer, je mangeais. j’ai pris, et chose affreuse, je ne rentrais plus dans mes jeans! jamais chose pareille ne m’était arrivée.

    Puis l’été, un peu de déprime mais bon je pense que ça n’a rien à voir: j’ai mangé beaucoup de fruits, de légumes vu que c’était l’été hein, mais comme le saucisson et le fromage sont mes antidépresseurs ainsi que le jurançon…Bref, pas de régime quoi. Je me suis inscrite à des cours d’aquabike, puis à la rentrée, pas mal de course à pied et hop…mes nouveaux jeans trop grands. Je crois qu’il faut être bien dans sa tête surtout. Je complexais tellement sur mes cuisses que je n’ai jamais autant porté de robes que durant ma période grasse…

    Ben tout est parti sans que je m’en aperçoive…et un jour à la danse, on m’a demandé si j’étais malade etc car j’avais bcp perdu en peu de temps…ben non, je me suisjuste affutée. Alors le poids on s’en fout, c’est juste l’aspect que tu dois voir. Le sport est LE remède. Malgré tout ce que tout le monde dit. Le régime ça frustre,ça ne sert à rien, excepté pour les personnes qui sont malades, je veux dire, ceux qui mangent 5000cal par jour quoi! le sport te fait te sentir mieux, aide à contrôler la nourriture etc. Quand je vois toutes ces émissions avec des obèses et des anorexiques/boulimiques, je me dis que j’ai de la chance d’avoir gardé le plaisir de manger. Question d’équilibre miss, et pourtant j’en ai pleuré car je me reconnaissais pas hein! crois moi. Et crois moi quand je te dis: fonce, trouve un truc qui bouge et qui t’éclate, habille toi pour être jolie(selon toi!toujours!), maquille toi le reste suivra…Les petits kilos en trop sont des petits blocages, rien de plus…

  • @Mely merci pour ton commentaire! J’ai posté un nouvel article à ce sujet, je t’invite à aller le lire :)

    @Laurie je vais mieux, juré!

  • Mais comment faites vous pour doutez de vous même alors que vous avez un mec pour vous soutenir,pour vous rappeler que vous êtes belle à l’extérieur et à l’intérieur?? Pour moi,y’a déjà une moitié de chemin qui est faite lorsqu’on est en couple! Moi je dis à celles qui le sont qu’elles ont de la chance, qu’elles le croient ou non.

  • @noaline ah les complexes viennent de nous mêmes, et non de l’exterieur :) Personne ne peut changer ta façon de voir les choses à part toi-même, car il n’y a que toi qui peut te changer, et toi seule.

    On peut être célibataire et bien dans sa peau, et en couple et très complexée. Et puis quand ton mec te dit que t’es belle même avec un sac poubelle sur la tête, tu te dis pas “ah bah oui ça veut dire qu’il est super objectif donc je le crois pas”

  • Tu te le dis. Et non “tu te dis pas”. On peut pas ajouter une fonctionnalité “modifier” aux commentaires là, que je puisse arrêter de saisir des conneries?

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