Coeur

Où es-tu ?

Physiquement, je n’en doute pas, dans la chambre 5 du service réanimation. Mais sinon où es-tu ?

Où es-tu ?Cette question me hante en permanence. M’entends-tu ? Es-tu comme dans un rêve ? Comme dans un brouillard trop épais, dont il faudrait t’aider à t’extraire ? Est-ce que tu souffres ? Est-ce que tu nous entends ? Est-ce que tu sens ma main qui étreint la tienne ?

Je pense à toutes ces histoires dingues, sur les tunnels, la lumière au bout. Dans le doute, je te glisse souvent de ne pas suivre la lumière. Ton corps est présent, mais ton esprit est aux abonnés absents. Est-ce que tu es dans une sorte de purgatoire ? Une salle d’audience de tribunal où un être suprême va décider ou non si tu nous reviens ? Je me demande ce que tu pourrais avoir à te reprocher. Rien ou pas grand chose, des méfaits de petits garçons peut-être… As-tu pris cinq francs dans le porte-monnaie de ta mère un jour ? Mais rien de plus !

Es-tu une sorte de corps astral, qui peut se balader dans l’hôpital, voir nos allers et venues, nos désespoirs, nos moments de doute ? Me vois-tu quand je me planque derrière le local de la chaufferie de l’hôpital, pour m’en griller une ? Si tu me vois, tu dois pester, mais me comprendre aussi. C’est ici que je me cache, quand la réalité devient trop lourde, et les couloirs trop aseptisés.

Je fume dans le froid, l’air glacé me fouette le visage, je prends mon téléphone, et je t’appelle. Je tombe sur ton message de répondeur, et j’entends ta voix.  Une voix pleine de vie, coincée dans un répondeur, encore une machine qui te maintient en vie. 

4 Responses to “Où es-tu ?”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>