Humeurs

Sans commentaires

Hier, vous n’avez pas pu passer à côté de cette actualité : la France affrontait l’Espagne en quart de finale de l’Euro.

Jouer pour gagner

Sans commentairesL’espoir était de rigueur même si les commentateurs ne croyaient pas au miracle français. Seulement 800 à 900 supporters s’étaient déplacés à Donietsk.

Même les plus fervents dénonçaient déjà l’attitude de certains joueurs. Pour autant ils pensaient quand même assister à une belle rencontre. Tant qu’un match n’est pas joué, il n’est pas perdu. Encore une fois, l’Equipe de France n’a pas été à la hauteur de ses ambitions.

Pour gagner il faut s’en donner les moyens et offrir un spectacle digne de ce nom. A ce niveau-là, les footballeurs jouent pour gagner non ? Une équipe nationale se doit de représenter son pays. C’est un honneur pour chacun des titulaires. Ils en ont rêvé, à leur tour de nous amener au bout de nos rêves. Ils ne semblent pas non plus motivés et heureux de porter les couleurs de leur pays. Tant d’enfants désirent un jour leur succéder. Aujourd’hui, ils sont déçus.

Pas d’esprit d’équipe mais une démonstration d’égo

L’Espagne n’est pas n’importe quelle équipe mais aucune sélection n’est imbattable. Dans ces situations-là il faut se montrer opportuniste et ambitieux. Pour gagner, le collectif prime sur les égo. Quand un buteur marque, il réussit grâce aux passes successives de ces coéquipiers. Pourtant ces règles de bases semblent absentes de la mentalité française. Ils n’y arrivent pas. Trop d’égo tue le collectif. Chacun cherche à s’imposer. En regardant leurs différentes prestations, on se demande bien, si les joueurs sont réellement soudés. Dans cet euro le rêve s’est vite transformé en cauchemar. Aujourd’hui, le retour à la réalité demeure difficile. Laurent Blanc voit son avenir s’assombrir. Il ne sait pas s’il restera à la tête de cette équipe moribonde. Quant aux joueurs ils se félicitent de leur parcours. Ils ont bel et bien perdu mais rien n’y fait. La génération 1987 est fière d’elle même.

Une génération 1987 en décalage ?

Samir Nasri, Karim Benzema, Hatem Ben Arfa, Franck Ribery font partie de cette génération. Certains étaient déjà présents lors du fiasco de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.

L’heure du pardon avait sonné. Laurent Blanc avait donné un nouveau souffle aux bleus. Il voulait redorer l’image de ses joueurs, leur inculquer de nouvelles valeurs et leur imposer un nouveau code de conduite.

Il avait réussi à susciter un nouvel espoir. Cet entraîneur respecté de tous a relevé l’équipe de France avant qu’elle ne retombe dans ses travers. Les vieux démons finissent toujours pas revenir au galop. Certains font preuve d’une nonchalance voire d’une décontraction inimaginable avant le début d’un match quand d’autres ne prennent même pas la peine de chanter la Marseillaise.

Pourquoi ce comportement irritant ? Les spécialistes ne cessent de dire que Benzema est un bon élément de l’Equipe du Réal de Madrid cependant il ne marque pas quand il porte le maillot des Bleus. Ribéry fait des prouesses en Allemagne et est adulé par les supporters. Quand il essaye de s’illustrer en équipe nationale, il n’y parvient pas. Il déçoit même son public. Comment expliquer ce décalage exprimé maintes fois par des commentateurs sportifs.

Au-delà du résultat contestable, les comportements paraissent aussi en décalage avec la réalité du moment.

Des discours inappropriés

Quelques citations prouvent qu’il existe un certain malaise.

Benzéma « J’estime que nous sortons grandis de cet Euro. Il y a de quoi être fier. » Sortie de son contexte d’interview, cette phrase peut porter à confusion. Comment après avoir perdu un match d’une telle importance peut-on tenir un tel discours ? Faire preuve d’humilité paraît la seule attitude correcte à adopter. Lorsque l’on perd deux matchs d’affilée dans une compétition européenne, l’important n’est-t-il pas de se remettre en question ?

Les joueurs et l’équipe technique doivent également évaluer les lacunes, étudier les failles pour que les prochains résultats soient meilleurs. Être fiers d’un demi parcours nous semble insensé voire irrespectueux. Cette diatribe n’est-elle pas déconnecté de la réalité ?

Cette sortie n’est pourtant pas la pire. Excédé d’avoir perdu, Samir Nasri s’en est pris à un journaliste, une fois le match terminé. C’est vrai que la presse n’a pas été tendre avec la sélection nationale. Parfois, elle est même allée trop loin.

En insultant un journalisme, il tend le bâton pour se faire battre. La provocation n’a jamais résolu les problèmes bien au contraire. Les reproches exprimés finissent par se vérifier.

Ribery se satisfait du résultat sans pour autant insister sur les failles de son équipe : « On a tous essayé de donner le maximum pour l’équipe de France. On est arrivé en quart de finale, on a joué l’Espagne, ça faisait six ans que la France n’avait pas gagné un match de phase finale… Il faut garder la tête haute et avancer. » Ces propos peuvent faire sourire. Sauf qu’ils ont été prononcés à la fin du match contre l’Espagne. La France n’a gagné qu’une rencontre durant cette euro. Gardons la tête haute sans oublier l’humilité et l’honnêteté. La fierté a ses limites.

Le plus clairvoyant semble être Ben Arfa : « Le résultat est logique. L’Espagne n’était pas, aujourd’hui, à son meilleur niveau, elle était fébrile et perdait des ballons. Il nous a manqué de la vitesse pour marquer des buts. Mais ils ont maîtrisé leur sujet. Bien sûr, on a des regrets car il y avait la place. » Cette remarque apaisera peut-être les esprits les plus médisants. Construire une équipe solide prend du temps.

Tant que les blessures du passé ne seront pas totalement cicatrisées, les résultats en pâtiront.

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