Histoires

Lettre à ma stagiaire

Chère stagiaire, nous y sommes : tes six mois d’apprentissage sont presque terminés.

Lettre à ma stagiaireSix mois intenses et intensifs durant lesquels j’espère t’avoir appris beaucoup de choses. Je m’efforce toujours d’être là (?!), pédagogique (??!!) et professionnelle en même temps (???!!!), pour répondre à tes multiples interrogations.

J’espère sincèrement ne pas avoir failli à ma mission : on dira que j’ai apporté ma pierre à l’édifice sur toutes les préoccupations opérationnelles ou que, le cas échéant, je t’ai envoyé chercher les réponses auprès de mes collaborateurs plus habilités que moi.

Nos échanges ne se sont pas restreints à un plan strictement professionnel pourtant : je me retrouve un peu en toi et en période creuse – ou pas – nos conversations ont bien souvent dérivé sur d’autres sujets : les mecs, l’amour, la fidélité, l’amitié, les mecs, les mecs, les mecs.

Il y a pourtant un jour où tu m’as coupé la chique. Un jour où je me suis retrouvée sans voix. Un jour où je n’avais pas de réponse à t’apporter. Je n’en ai toujours pas du reste…

- « Quand est-ce qu’on sait que c’est LE BON ?»

Impossible de botter en touche. Comme un Jedi se doit de guider son jeune Padawan, je m’en vais chercher au plus profond de mon être la réponse à cette grande question existentielle. Pas facile pour une handicapée de l’amour, inutile de te le préciser.

 Je serais tentée de répondre :

« Ton cœur battra la chamade, tu transpireras de bonheur, tu ne vivras que pour lui. Le reste n’aura plus d’importance. »

Ou :

« Ce jour-là, tu ne te poseras pas la question,  c’est comme ça que tu  sauras. »

Ou encore :

« Tu le sauras, c’est tout. »

Evidemment, ce n’est pas si simple…

D’abord, tu peux penser que c’est le bon et te tromper. Ce qui peut aussi vouloir dire que l’espace d’un instant – plus ou moins long, hein, genre ça peut même durer des années – cet homme peut avoir été THE ONE. Et que l’histoire de la vie vous a séparé pour diverses raisons – en général elle est blonde – mais qu’avec le recul, c’est toujours, toujours un mal pour un bien. Tu verras, après quelques années d’introspection (5) et des honoraires de psy absolument indécents – juste de quoi lui payer une voiture de luxe – tu arriveras toi aussi à cette conclusion.

Autre cas envisageable : quelque chose en toi te fait dire que ce n’est pas le bon. Pourtant, les sentiments peuvent se développer avec le temps et/ou en persévérant un peu. Et hop, un matin tu te réveilles l’air de rien et tu te dis que peut-être, why not, pourquoi pas, sur un malentendu, il pourrait en effet être le bon.

Cas de figure n°3 : pour le moment, clairement et simplement, tu n’as jamais eu ce sentiment. Ce qui peut vouloir dire que le meilleur reste à venir… Ou que « le bon » n’est qu’une oasis au milieu de ton désert affectif : tu erres, tu le cherches, tu le cherches désespérément. Mais ce n’est qu’un leurre, « le bon » n’existe pas – mais Charlotte si (Charlotte Lebon, ah, elle est bonne celle-là)  – et cette quête te détourne de jolies histoires que tu pourrais vivre au jour le jour.

Dernière possibilité : il n’y a pas « le bon » mais « les bons »… Ah ah !

Parce que je me sens en verve aujourd’hui, je vais même compléter mon retour. La bonne personne : en effet, ça peut aider… Malheureuse, si seulement c’était la seule condition à remplir ! Il y a aussi : le bon timing, le bon coup, le bon endroit, le bon état d’esprit, le bon feeling…

Je ne te fais pas de dessin petite stagiaire adorée : ça ne va pas être facile, mais il y a une bonne nouvelle : tu as toute la vie devant toi ! Prends donc le temps de te tromper (un peu), de te connaître (beaucoup), de t’amuser (passionnément), d’aimer (à la folie), de regretter (pas du tout).

Comme le dirait ton N+2, mon mentor, à savoir le vénéré Maître Yoda : « Que la force soit avec toi ». Comme je le dirais moi, ton N+1 : « Ne lâche rien ! ».

J’espère de tout cœur avoir un tant soit peu répondu à ta question, et je reste bien sûr à ton entière disposition pour tout renseignement complémentaire.

Bien à toi,

Bridget.

 

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