Histoires

Solférino, Bastille à gauche toute

Hier, 6 mai 2012, fut un jour historique pour la France, la gauche est revenue au pouvoir après dix-sept ans d’absence aux plus hautes fonctions. François Hollande est le deuxième président socialiste à diriger la France après son illustre prédécesseur François Mitterrand. Un autre François arrive aux commandes. Ce moment était attendu. Des millions de français étaient suspendus aux résultats.

Solférino, Bastille à gauche touteLes prémices de la soirée

18h, avec mon amie nous arrivons à Paris. Avant d’aller rue de Solférino, nous nous sommes promenées un peu dans les rues de Paris.  Le moment est vite arrivé.

Rien que dans le métro pour aller du côté du siège du Parti Socialiste, l’ambiance était au rendez-vous. La rame était plus que bondée. Mais où allaient tous ces citoyens ? Se rendaient-ils rue de Solférino pour attendre patiemment les résultats ?

Arrivées métro Solférino, nous avons compris l’ampleur de l’évènement. Les quais étaient noirs de monde. Comment sortir du métro dans cette situation ? Tranquillement mais sûrement. Nous étions habitées par la force tranquille. Déjà dans les couloirs, les gens étaient remplis de ferveur. Certains chantaient quand d’autres pensaient déjà à la victoire.  Nous avons bravé la foule.  À un moment nous avons enfin atteint la sortie. Nous n’étions pas au bout de nos surprises.

Rue de Solférino : une véritable ferveur citoyenne

Du monde, il y en avait à la sortie du métro, à gauche, à droite, en face, debout, assis, à pieds, à vélo. C’était un détail qui nous avait échappé. Nous savions que les citoyens seraient au rendez-vous, mais nous n’imaginions pas être aussi nombreux.

Petits, grands, jeunes, vieux, socialistes ou pas, hommes, femmes, tous étaient réunis pour assister à ce moment si particulier.  Compressées, poussées devant et derrière, nous ne pouvions que rester dans cette foule. Tous attendaient la même chose : les résultats. Chaque minute correspondait à un combat. Respirer devenait difficile. Sans être agoraphobe, je sentais que mon espace vital se réduirait. Nous étions à la recherche d’air. Des vagues poussaient, pire qu’à un concert de rock.

Après cette attente, le décompte est enfin arrivé. 20H fut l’heure de la délivrance.  François Hollande est le nouveau président de la République française. Ce moment unique a été immortalisé par des milliers d’appareils photo. Tous étaient euphoriques. Je n’avais jamais vécu un tel moment. Le champagne commençait à couler à flots. La soirée ne faisait que commencer.

Le cortège s’est lentement dirigé vers place de la Bastille.

De la rue de Solférino à la place de la Bastille

Nous marchions vers place de la Bastille si chère à Jean- Luc Mélenchon. Non loin du métro Maubert Mutualité nous avons finalement choisi de prendre un autre chemin.

Évidemment, nous avons croisé quelques jeunes de l’UMP mécontent du résultat. Nous n’en avons pas vus beaucoup, mais tous se ressemblaient. Le métissage, la diversité et la mixité manquaient. N’étaient-ce pas des valeurs défendus par Nicolas Sarkozy en 2007 ?

Trêve de plaisanteries, nous avons décidé de prendre le métro. Mauvaise idée.  Nous avons rencontré le même problème qu’à Solférino. Les minutes ont été longues mais nous avons réussi à nous échapper de cette station de métro.  La Bastille était à nous, enfin presque.

Place de la Bastille : une fête populaire

Le mot fête est approprié pour décrire ce moment. La musique était au rendez-vous. Des orchestres animaient les environs de ce lieu mythique. Des gens étaient perchés sur des panneaux signalétiques. D’autres essayaient en vain d’atteindre la colonne de Juillet au centre de la place pour grimper en haut. Ce fut peine perdue. Des centaines d’autres ont eu la même idée qu’eux. Comme disait Pierre de Coubertin «L’important c’est de participer».

Les rumeurs continuaient à circuler. François Hollande était-il là ? Pas encore. Il n’arrivera que tard dans la soirée. Il a fêté sa victoire dans son fief de Tulle en Corrèze. Nous avons quand même entendu son premier discours. Tous les citoyens présents semblaient soulagés. Une joie et une certaine sérénité se dégageaient. En même temps, ils ne pouvaient pas bouder leur plaisir après autant de temps d’attente.

Hormis la place de la Bastille en fête, les rues aussi étaient enfiévrées. Parfois nous avions l’impression de revivre la coupe du monde 1998. Les automobilistes klaxonnaient pour partager leur contentement. Tout d’un coup l’atmosphère était différente comme si quelque chose avait véritablement changé. «Le changement c’est maintenant» comme disait leur champion.

La réalité nous rattrape toujours

Ce moment d’apothéose montre que les citoyens peuvent se rassembler quand ils le veulent. Et non, ils ne se moquent pas de la politique, bien au contraire. Le moment d’exception passé, la réalité nous rattrape.

Tout reste à faire. François Hollande doit agir et endosser ses responsabilités à partir du 15 mai. Il se met au travail. Dans peu de temps, son état de grâce sera terminé. Il ne fera pas de miracles. Sa marche de manœuvre est plutôt limitée. Il tentera au moins de rassembler les Français. L’union fait la force. Un travail rude l’attend et rien n’est gagné.  Il est désormais  président de la République pour cinq ans. J’espère qu’il sera à la hauteur de son mandat et qu’il ne nous décevra pas.

(cc) philippe leroyer

2 Responses to “Solférino, Bastille à gauche toute”

  • whaaa très bon article libé le monde and co devraient en être jaloux ^^ je me suis refusé à y aller à cette satanée place, j’imagine l’ambiance et la fête so to mucht pour la folle que je suis ^^

    Mais grâce à ton article ayé c’est comme si j’y avais été ^^

    Merci ^^

  • Merci pour ce joli compliment, c’est la première fois que je le faisais et je ne sais pas si je le ferai. Au moins je m’en souviendrais longtemps

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