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Le diktat du travail

Je travaille deux cents heures par mois, le midi et le soir, les week-end et les jours fériés, je suis déconnectée de tous mes proches et mes jours de repos ne sont pas consécutifs, tout ça pour un salaire de 1200 euros. Cela fait de moi une personne respectable aux yeux de tous.

Le diktat du travailMais voilà que, honte sur moi, je prends la décision incongrue de démissionner pour un nouveau boulot moins prenant. Scandale ! Horreur ! Voilà que tous les bien-pensants me tombent dessus.” Booouh ! Honnie soit la fainéante ! Malédiction sur elle et ses descendants”. Je me retrouve décastée, dédaignée, pour un peu on me jetterait des cailloux dans la rue.

Car, voyez-vous, dans notre société où il est de bon ton de “travailler plus pour gagner plus”, mon nouveau statut de “jobbeuse occasionnelle” me fait dégringoler sur l’échelle de la respectabilité. je suis devenue une moins-que-rien depuis que j’ai refusé de rejoindre le club de ceux qui passent 18 heures par jour au boulot, ne prennent pas de vacances pendant 5 ans, ne voient jamais leurs gosses, fument trois paquets de clopes par jour, font exploser le niveau de leur stressomètre, tout ça pour mourir d’un infarctus à 45 ans.

J’avoue, j’ai le désir rabaissant de profiter de la vie, de mon amoureux, de ma famille, de mes amis, de voyager, d’avoir des loisirs. Oui, je suis coupable de ne pas souhaiter engranger de l’argent à tout prix sans avoir le temps de le dépenser, ni de me faire bâtir une maison immense avec une piscine dans laquelle je ne me baignerai jamais; de vouloir égoïstement m’épanouir personnellement.

Alors, ici, je présente publiquement mes excuses. Pardon de ne pas adhérer à cette société lobotomisante dans laquelle on vit pour travailler et non le contraire. Cette société qui stresse déjà les enfants pour qu’ils aient les meilleurs résultats à l’école afin de “réussir leur vie” (professionnelle, donc leur vie tout court).

Mea culpa…

(cc) E.Briel

5 Responses to “Le diktat du travail”

  • ton article fait écho d’une certaine manière à “Vocation” de Tevouille. alors je ne vais pas réécrire le même commentaire que sur celui-ci (!) mais j’y expliquais que je travaille très peu de jours/mois et que j’ai beaucoup de temps pour faire ce que je veux, mais je n’ai pas ressenti de malaise par rapport à ça dans mon entourage. je ne fréquente pas ces milieux dans lesquels on mesure la valeur d’une personne avec l’argent et le travail qu’elle fait… quand on sent un tel jugement sur un choix de vie, qui fait forcément appel à nos valeurs intimes, c’est d’une certaine manière nos valeurs qui sont jugées. et dans ce cas, autant ne pas fréquenter ces personnes là…

  • En fait, c’est un article que j’ai écrit il y a presque 2 ans, quand j’étais serveuse. Je l’ai effectivement posté en écho à l’article de Tevouille, parce que j’en avais parlé dans les commentaires. Aujourd’hui, je ne suis plus dans le monde du travail, du moins jusqu’à ce que ma fille aille à l’école, mais je ne supporte pas les gens qui calquent leur addiction au travail sur les autres et pensent que tout le monde devraient en faire autant.

  • complètement d’accord. certaines personnes n’aiment pas qu’on fasse les choses trop différemment d’eux, ça les remet en question…

  • @electricalstorm je rebondis sur ce que tu écris parce que j’ai vécu un truc en relation avec ton article cette semaine. Mon copain me conseille de donner des cours en plus de mon CDI actuel pour gagner plus d’argent et encore mieux boucler les fins de mois.
    Nous sommes tous deux au dessus du budget moyen d’un couple français (qui est de 2300 euros par mois nets il me semble), et nous n’avons pas besoin d’argent supplémentaire. On doit juste mettre de côté pour s’installer dans un nouvel appartement, et ça permettrait de le faire plus vite. Sauf que.
    Sauf que lui fait parfois des journées de 12h et rentre le soir comme une fleur encore plus électrifié que d’habitude, que moi je vais me taper 1h30 de transports par jour et que je vais rentrer crevée, qu’on essaye de finir nos soirées par un ciné, qu’on rentre la plupart du temps a 22h30 (l’heure où nous devrions nous coucher), nous sommes tous deux crevés et nous reprenons tous les jours de même, sans vraiment nous reposer le week end, entre sorties laverie et autres courses/ménage, on s’autorise plutôt rarement des week end détente à la maison.
    Ajouter à ça des cours particuliers serait plus que déraisonnable et destructeur pour notre couple et notre santé. Mais lui y pense sérieusement. Comme si on en avait vraiment besoin. Mais on en a pas besoin. Et j’ai l’impression de faire ma fille capricieuse en disant que non, je ne donnerai pas de cours parce que même si j’en donne seulement 4h par semaine, ça sera 4h de trop.
    Alors je ne sais plus. C’est si déraisonnable que ça de refuser de gagner plus d’argent pour avoir plus de temps? Vraiment?

  • Les filles merci d’une pour cet article que je me suis fais un plaisir de plagié sur ma page FB, mais surtout pour osez écrire tout haut ce que d’autre rêve en silence.J’aime ce genre de bêtise ^^ H

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