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The Artist : un Pari artistique réussi

Dans « The Artist », le plus important n’est pas la trame narrative mais bien le pari de remettre le cinéma muet au goût du jour. Michel Hazanavicius s’est lancé un défi incroyable. Cette aventure aurait pu devenir un véritable gouffre financier et passer inaperçu. 

The Artist : un Pari artistique réussi« The Artist » : un véritable ovni cinématographique

Au moment où la 3D envahit nos écrans et les effets spéciaux en tout genre sont légion, réaliser une œuvre cinématographique en muet semblait anachronique. Le talent d’un réalisateur se repère aussi dans la prise de risque. Un véritable artiste sait se mettre en danger pour amener de la nouveauté et créer un  univers personnel unique. Il s’entoure aussi d’acteurs prêts à relever le défi.

Cet ovni cinématographique a déjà rencontré un succès critique à Cannes. Il ne lui manquait plus qu’à conquérir le public. Aujourd’hui c’est chose faite. Ce pari réussit à nous faire entrer dans l’univers du muet. Il revisite tous les codes du ce genre. On n’oublierait presque que nous sommes en 2011.

The Artist : du muet au parlant

The Artist nous plonge dans une époque charnière. Il évoque le passage du muet au parlant. Cette nouvelle technique a transformé la vie d’Hollywood. Des nouvelles icônes remplacent les anciennes vedettes. Cette révolution n’est pas du goût de tous.

En 1927, Georges Valentin est couronné de succès. Sa carrière est à son apogée. Adulé par tous, il vit un rêve hollywoodien. Ses films connaissent un franc succès. Les médias s’intéressent donc à lui. Il éclipse tous les autres comédiens. Tous les objectifs sont donc braqués sur lui. Rester en haut de l’affiche n’est donc pas une mince affaire pour lui.

A la fin des années 1920, le parlant remplace petit à petit le muet. Ces nouvelles prouesses techniques ne sont pas du goût de Georges Valentin. Il reste attaché au muet. Malheureusement cette détermination va jouer contre lui. Vedette d’hier, il disparait lentement dans les oubliettes. C’est le début d’une descente aux enfers. Au même moment Peppy Miller, une jeune comédienne, connaît son heure de gloire.

« The Artist » : les coulisses du cinéma d’Antan

L’époque n’y change rien. Les années 1920-1930 nous montre déjà que l’industrie cinématographique hollywoodienne domine le monde. L’orgueil, l’égocentrisme, l’argent et la concurrence font et défont les carrières. Pour pérenniser sa gloire, un acteur doit s’adapter au changement. George Valentin est pourtant persuadé que le muet n’est qu’une passade. Pour lui l’engouement du muet ne s’inscrira pas dans la durée. Il n’a pas senti le tournant décisif. Il a loupé le coche. L’enfant chéri devient paria.

Ce film nous plonge au cœur de l’Hollywood des années vingt. Les codes vestimentaires, les attitudes, l’atmosphère, l’ambiance, tout y est. Seule l’exploitation du cinéma muet pouvait nous faire pénétrer pleinement dans cette époque. Pas besoin d’artifices, de musique d’ambiance d’effets spéciaux pour réussir ce saut dans le passé. La réussite tient essentiellement au jeu des acteurs et au talent du réalisateur.

 «The Artist » : un véritable bijou cinématographique

The Artist n’est pas seulement une réalisation hors normes mais aussi une performance d’acteurs. Michel Hazanavicius s’est entouré de Jean Dujardin et de Bérénice Béjo. Ce duo fonctionne à la perfection. Toujours juste dans l’émotion, rien n’est surjoué. A la fois drôle et dramatique, il véhicule autant la joie que l’humour, que la déception et l’amertume. La parole laisse la place à l’interprétation. Leur gestuelle simple parle d’elle-même. Pas besoin de dialogue tout est dit. Ils nous transmettent leur passion.

L’émotion était au rendez-vous. La critique unanime ne s’était pas trompée. La salle obscure a elle aussi été conquise par cet ovni cinématographique. Tous applaudissaient à tout rompre. Le charme a donc opéré.

3 Responses to “The Artist : un Pari artistique réussi”

  • Je ne suis pas d’accord avec toi, c’est un film tout à fait décevant.je trouve que Jean dujardin surjoue, ça sonne faux.Les sous titres sont en anglais et re soutitrés français en dessous, ça n’a pas de sens!!ce film a été tourné aux etats unis avec des acteurs français, donc c’est à ne rien y comprendre!!!si c’est pour voir des films muets autant aller voir les autenthiques car là vraimant ça n’en vaut pas le coup!!les passages censés etre comique ne le sont pas!!bref un navet…

  • @kiliwatch : une partie des acteurs du tournage (john goodman, malcolm mc dowell, penelope ann miller) et de l’equipe technique est anglo-saxonne. Et le film a été tourné en anglais…
    Et je ne sais pas si tu aimes, par exemple, le théâtre. Les acteurs sont parfois obligés de surjouer, tout simplement parce qu’une même phrase peut avoir différents sens selon un contexte donné. Dans les films muets, c’est exactement la même chose. Il fallait savoir surjouer l’émotion pour essayer de la faire comprendre au spectateur…

  • Qu’il y ait des acteurs américains dans le film n’enlève rien au fait qu’il s’agit d’un film sur le Hollywood des années 30, c’est à dire au moment de l’avènement du cinéma parlant, et que du point de vue historique, les français (scénariste, réalisateur et acteurs principaux) n’ont pas leur place. Les américains ont suffisamment mis en image des films qui parlent de leur système de production cinématographique, c’est d’ailleurs un genre à part entière là-bas. Les enjeux cinématographiques du film ne dépassent pas le folklore et le fantasme d’un cinéaste français sur un milieu auquel il n’appartient pas historiquement.
    Pour ce qui est du jeu surjoué des acteurs du muet, il est évident qu’ils étaient pour la plupart très influencés par le théâtre classique où les questions d’acoustiques font partie du jeu lui-même. Dans le cinéma muet, il serait hâtif de considérer que les acteurs surjouaient pour faire “comprendre” une émotion . Je ne veux pas rentrer dans des considérations philosophiques mais par nature, une émotion ne se comprend pas. Le jeu au cinéma a son histoire et dès 1915, Sesshu Hayakawa impose un jeu tout à fait moderne et dénué de pantomime dans le film de De Mille “Forfaiture”.
    Je crois que ce qui m’agace dans tout le bruit que fait ce film autour de sa prétendue nouveauté, c’est que je ne me souviens pas avoir autant entendu parler du magnifique film de Kaurismaki “Juha” sorti en 1999 et qui était muet. Hou Hsiao Hsien également avait sorti un film, “Three times”, dans lequel un des trois moyens métrages qui le compose, était muet.
    “The artist”, c’est refaire ce qui se faisait il y a 100 ans, en beaucoup moins bien…

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