My Space

Docteur GC de M.

Je vous ai pas dit. J’ai rencontré le mec le plus sympathique de la terre, vraiment : le gars cool. Le mec du coin sans histoire que tout le monde aime bien, qui trimballe son nouveau-né dans le quartier pour le montrer à tous les commerçants, le gars qui complimente la boulangère, qui met ses mégots dans la poubelle. Le gars bien élevé. Le bon voisin, et franchement, une perle rare à Paris quand tu croises par centaines des faces haineuses dans la rue. C’est toujours agréable de croiser ce genre de type, qui a toujours un mot sympa pour tout le monde.

Docteur GC de M.Et un jour, comme ça, tu as la chance de voir ce gars bien élevé péter un plomb et de rencontrer son alter-égo : le docteur Gros Con de Macho. Mais si, tu sais, le type qui insulte sa femme en public, l’humilie avec le sourire, et balance des horreurs sur la gent féminine. Le Docteur Gros Con de Macho. Docteur GC de M.

Je ne sais même pas par où commencer pour vous rapporter ce qui s’est passé, ça fait bien une demi-heure que j’essaie de formuler des trucs avec mon clavier, mais ça veut pas. Comment décrire un type qui s’est donné pour mission dans la vie d’humilier sa femme ? Comment décrire une femme si misérable et soumise qu’elle ne regarde plus les gens dans les yeux ? Comment décrire les petits sons malheureux de sa voix éteinte à force de “tu pourrais la fermer quand je parle, putain, et de toute façon tout ce que tu dis est vraiment trop con”.

Les machos violents, ça existe en vrai. Aussi con que ça puisse paraître, je savais pas.

Je suis sans doute très naïve ou juste idiote. Je n’avais absolument pas conscience qu’il était possible qu’une femme passe ses journées entières, et depuis des années, à se faire humilier par son mari. Enfin pour être plus juste : je le savais. Mais c’était une notion complètement abstraite, relatée dans les pages “faits divers”. Je le savais comme tout le monde le sait, en lisant des articles desquels j’avais retenu des chiffres, des anecdotes, des analyses, des histoires poignantes de coups et blessures, voire pire. Mais c’est un peu comme la guerre, un accident de voiture ou un tremblement de terre. Tant qu’on n’est pas témoin ou dans le pire des cas acteur, on ne s’imagine pas la violence. Ça reste une notion abstraite, une image, une photo, une histoire triste qu’on nous raconte. Pas vraiment la vraie vie.

Pire, pour moi, le macho devait avoir la figure du sale type qu’on sniffe à dix mètres. Peu importe son apparence, il devait ressembler au gros con bien repérable. Pas au type charmant qu’on croise de temps en temps et qu’on trouve sympathique. Je me suis toujours dit qu’il serait facile à repérer et je me croyais surtout capable de rétablir la justice devant une scène de ménage pareille, arrachant ma chemise pour dévoiler mon costume de justicière de l’égalité et latter le méchant monsieur.

Ben non en fait. Justicière, mes fesses. Suffisait que le GC de M. se cache sous un type bien sous tout rapport pour me renvoyer dans les cordes avec une arcade sourcilière pétée. Je ne sais toujours pas ce que j’aurais bien pu faire mais qu’on se le dise : je me tiens prête pour le prochain et je vais lui démonter la gueule.

Je passe également un appel solennel à vous, Amis justiciers de l’égalité : soyez prêts, préparez-vous à l’éventualité que le GC de M vous prenne par surprise. Préparez-vous à improviser, à dégainer pour défendre les faibles et les innocents. Soyez prêts et défoncez-les.

Agent Melle C. en direct de l’hôpital pour Justicier Blessé au Combat.

(cc) massdistraction

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