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OrelSan – Le Chant des Sirènes (ou comment Ladies Room a mis du rap dans mes oreilles)

NDLR : La rédaction de Ladies Room a envoyé à Laurie6882 le nouvel album d’OrelSan, Le chant des sirènes.

Quand Steffi de la rédac’ de Ladies Room m’a contactée pour faire une chronique sur le nouvel album d’OrelSan, j’étais là : “euh ouais non mais t’es sûre parce que là tu vois je suis une fille overbookée de la lïfe et je sais pas si j’aurai le temps entre mon entraînement de curling, la taxidermie de mon chat, et la soirée fasheune de Karl L. à laquelle je suis invitée mardi… sans oublier que je dois aussi aller au sport entretenir mon corps de déesse grecque… “

OrelSan – Le Chant des Sirènes (ou comment Ladies Room a mis du rap dans mes oreilles)J’ai moi-même senti que mentionner mon corps de déesse grecque m’a fait perdre les miettes de crédibilité qu’il me restait. J’ai donc été obligée d’avouer la triste vérité : “OrelSan, comment te dire, mis à part la polémique dont il a été le centre il y a quelques temps (qui n’est pas le sujet aujourd’hui et sur laquelle on ne reviendra pas) … je connais pas.” “Pas de problème !” qu’elle m’a dit “c’est justement ce qu’on cherche.

Bigre. J’allais devoir m’y coller. Bien, pas de panique Laurie, relax, take it easy…

Rappelle toi, que tu as grandi dans la ville qui a aussi vu naître Iam, Psy 4 de la Rime, Fonky Family et autres, et qu’il y a fort longtemps tu as eu ta période radio “Rap& R’n'B non stop” scotché dans tes oreilles matin midi et soir. C’est que tu dois avoir un peu de rap dans le sang, ma fille. Hum …  Ok, même une micro-goutte… Oh, fais un effort bordel. (contrairement aux apparences, je ne suis pas schizophrène mais j’aime bien parler avec moi)

Ok ok, mais bon, le rap, comment vous dire… ce n’est pas que j’aime pas, bien au contraire, j’ai été plus d’une fois touchée plus que de raison par certains très beaux textes. Mais si j’adhère au fond, j’ai beaucoup plus de mal à me faire à la forme, à cette manière de poser les mots que je trouve bien souvent trop agressive. Une question de goût et de couleurs en somme.
Revenons-en tout de même à OrelSan dont aucune note n’était alors arrivée jusqu’à mes oreilles. Ma première réaction a été de me tourner vers mes contacts Facebook pour avoir les premières réactions… Une chose est sûre : OrelSan déclenche rapidement le dégoût. J’ai eu à la fois du “C’est qui ?“, du “Misogyne“, de la “diarrhée verbale“, du “pas de flow“ du “ne gagne pas à être connu” ou encore “ne mérite pas le respect“.

Wow. C’est certain, le personnage ne laisse pas indifférent et le terrain est encore plus glissant que ce que je pensais. Cela dit, ce qui me dérange un peu dans tout ça, c’est qu’il est facile et fréquent de dire ”j’aime pas donc c’est de la merde“.

Expliquer pourquoi devient beaucoup plus difficile. Alors, comme j’ai toujours eu tendance à me prendre d’affection pour les vilains petits canards (comprenez ceux sur qui tout le monde tape ou critique sans trop savoir pourquoi), je me suis retrouvée à défendre le bonhomme sans même le connaître. En tout cas, je brûlais d’impatience à l’idée de découvrir l’album et m’en faire ma propre opinion.

Pourtant à la première écoute, je n’ai pas du tout accroché. Forcément, ce n’est pas le genre de musique que j’écoute d’habitude, plutôt accro à la guitare de Ben Harper ou à la voix chaude de Norah Jones qu’aux chansons de rap. Et puis, j’ai persévéré. Pendant plusieurs jours, j’ai chaussé mes baskets et je suis partie pour des footings avec OrelSan (cf tentative d’entretien du corps mentionné plus haut)

Je dirai que l’album est assez éclectique dans son ensemble, à la fois au niveau musical qu’au niveau des thèmes abordés. L’album commence avec Raelsan et Le chant des sirènes, deux titres qui servent à la fois d’introduction à l’album, de transition avec son précédent opus, et une manière de régler ses comptes avec le passé.

S’en suit alors Plus rien ne m’étonne, premier single extrait de l’album. Un texte assez intéressant sur la société actuelle en général et ses aberrations. On y parle de l’enfance, des ados qui veulent grandir trop vite, l’éducation, les diktats de l’apparence, l’omniprésence du sexe et de la drogue… Le tout sur un rythme assez entraînant. Par contre c’est moi où le petit “On y va ?” tout au long de la chanson, ça donne un petit côté M. Pokora ?

Le titre suivant, Mauvaise idée est assez drôle dans le fond. Orelsan fait une énumération pêle-mêle, sans véritable fil conducteur de ce qui dans la vie peut être une “mauvaise idée”, ça va du “texto dans les virages“, à “faire chauffer le moteur dans le garage“, des “tatouages sur le visage“, des “déguisements d’Hitler“, des ”soirées dans les cimetières“, des “roues arrières en hiver” etc etc…

On enchaîne avec Double vie et Finir mal. Une histoire en 2 temps sur un homme qui ne peut s’empêcher de tromper sa bien-aimée, tout en sachant que cela va … Finir mal. Là, il s’en veut et se demande comment rattraper le coup. Rien de bien novateur dans le texte mais j’ai beaucoup apprécié le côté diptyque, donnant deux ambiances musicales différentes pour une même histoire.

Arrive ensuite Des trous dans la tête, qui pourrait également s’appeler : Tu t’es vu quand t’as bu ? Une chanson assez sympa mais je n’ai pu m’empêcher de penser à Tryo et leur chanson “Désolé pour hier soir“. OrelSan nous fait la même version rap : On sort, je me défonce la gueule, je finis au lit avec une fille, j’appelle un pote pour savoir ce qu’il s’est passé, promis je boirai plus jamais de ma vie, never again, et finalement ben, tu te souviens, c’est la soirée de trucmuche ce soir, donc rebelote.

Changement total d’ambiance avec des titres comme Si Seul, La Petite marchande de porte clés, et La terre est ronde, qui sonnent toutes les trois comme un interlude de douceur. Avec 1990, effet très réussi pour cette chanson puisque personnellement à la première écoute j’ai presque cru entendre les  sons d’Alliance Ethnik (pardon feu Alliance Ethnik). C’est justement c’est le but recherché puisque OrelSan nous parle du rap d’”avant” avant d’enchaîner sur le 2010, le rap de “maintenant“. Encore une fois j’ai bien aimé le côté en 2 temps.

On enchaîne et conclut avec La Morale, Ils sont cools, Suicide Social (un très beau texte sur le malaise de certaines personnes dans la société actuelle), Elle viendra quand Même, où l’on retrouve un OrelSan acide et aiguisé, et où les textes sont plus engagés et montent un cran dans la violence. Non, le OrelSan d’avant n’est pas tout à fait disparu !

En conclusion, même si OrelSan ne m’a pas (re)convertie au rap, je dirai que Le Chant des Sirènes est un album dense, varié et intéressant. Je ne suis pas spécialement fan de sa voix et de sa manière de rapper un peu abrupte mais j’ai bien aimé plusieurs de ses textes.  Tout n’est pas à jeter, bien au contraire !

Dans cet album, qu’il dit lui-même être dans la continuité du précédent, et que les-plus-spécialitistes-que-moi qualifient de “touche de fraîcheur et d’impertinence” dans le paysage du rap Français, on trouve quelques bons morceaux. C’est un album qui au final vaut le détour, ne serait-ce que pour pouvoir savoir ensuite de quoi et de qui on parle plutôt que de se fier aux redoutables “on-dit”!

Chroniques et Tribulations

One Response to “OrelSan – Le Chant des Sirènes (ou comment Ladies Room a mis du rap dans mes oreilles)”

  • Eh ben voilà, j’ai appris quelque chose aujourd’hui… je peux aller me recoucher ;) lol

    Je ne connaissais pas ce monsieur… et j’avais vaguement entendu parler de la polémique.

    En tous les cas, ça se sent d’après ton article qu’il a un vrai univers et qui peut même être intéressant (je suis intrigués par les deux chansons sur le même thème).

    Je ne te dis pas que le l’écouterais à coup sur (comme toi je suis overbookée ;)) mais si à l’occasion je tombe dessus j’y prêterais attention :)

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