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Les femmes dans les trois monothéismes :une émancipation et une place à conquérir

Proportionnellement, les femmes se rendent plus souvent à la messe pour prier. Seraient-elles plus dévotes que les hommes ?
Un petit syllogisme religieux…

Les femmes dans les trois monothéismes :une émancipation  et une place à conquérirLa religion repose sur la soumission. Le fidèle doit respecter des préceptes et suivre une ligne de conduite sans quoi il ne serait plus un bon croyant. Une femme par nature serait plus soumise (d’après les dogmes patriarcaux qui régissent les monothéismes). De ce fait, une femme se dévoue plus facilement à un Dieu  parce que la nature l’a faite soumise. Mais n’est ce pas un peu simpliste ? Si les femmes n’ont pas plus de place dans les hiérarchies ecclésiastiques, c’est parce que les hommes se sentent menacés par les femmes. Ainsi Eve représente le péché originel mais elle ne l’a pas commis seule. Quant aux femmes, elles ont le pouvoir de donner la vie. Grâce a l’enfantement, elle atteindrait l’éternité.

Des institutions religieuses déconnectées du monde réel

L’homme serait donc simplement jaloux de ce don de la nature. Reléguer les femmes aux tâches subalternes leur permet donc de garder un ascendant sur elle. Cette situation peu reluisante pour la condition féminine reflète un certain traditionalisme de la pratique des dogmes religieux. On reproche souvent à l’Eglise d’être attachée au passé et de ne pas vivre avec les préoccupations contemporaines. Les Églises s’accrochent à des règles édictées par des conciles datant de plusieurs siècles car ces principes rappellent les grandes heures de l’Eglise. Ils prouvent ainsi qu’elle est pérenne et fondée sur des structures solides. Si le passé est rassurant, l’avenir est incertain. Les femmes représentent l’avenir et un monde  en perpétuel évolution. Leur accorder une place prépondérante au sein des hiérarchies ecclésiastique  provoquerait selon les plus traditionalistes l’ébranlement de l’édifice. Ouvrir une brèche dans ce sens là reviendrait à défendre l’émancipation des femmes. Cette réalité pourrait remettre en cause le fondement même de la soumission divine et déstabiliserait à terme cette pyramide ecclésiastique peu habituée à la contestation interne. Pourtant les femmes pasteurs n’empêchent pas l’Eglise protestante de prospérer. Paradoxalement plus la société évolue vers plus de parité plus les Eglises se crispent et se coupent du monde contemporain.

Quand la société évolue, les religions se referment

Durant des siècles, la société fonctionnait comme la religion. Ainsi les femmes étaient séparées des hommes lors de la messe. C’est encore le cas dans les mosquées et les synagogues. La société reprenait ce système de séparation et interdisait aux femmes par exemple d’exercer certaines professions et de poursuivre des études supérieures. Très peu de femmes ont marqué l’histoire religieuse par des écrits théologiques. Encore aujourd’hui, les monothéistes donnent une place limitée aux femmes. Beaucoup de religieuses sont canonisées mais aucune n’accède à de hautes fonctions religieuses. Une femme ne peut ni devenir prêtre ni devenir imam, encore moins pape. Elle peut être bonne sœur ou encore mère supérieure. Aucune n’exerce de charge très valorisante. Elle garde son rôle de mère, de protectrice, d’épouse.  Elle soigne, écoute, s’occupe de l’intendance et organise  le catéchisme. Pourtant les textes religieux reconnaissent l’égalité homme- femme. L’interprétation et les pratiques laissent penser le contraire. Les religions monothéistes n’accordent pas de place à l’émancipation féminine. L’évolution de cette situation peut néanmoins passer les femmes laïques.

Plus les femmes prennent de place dans la société, plus elles se transforment. Les femmes ont d’ailleurs pris part aux révolutions et aux révoltes qui ont secoué le monde arabe. Rien n’est donc totalement figé. Reste aux différentes églises de prendre conscience de l’évolution du monde contemporain pour ne pas s’en couper.

(cc)  -RobW-

9 Responses to “Les femmes dans les trois monothéismes :une émancipation et une place à conquérir”

  • Juste une petite remarque : Ève fut créée APRÈS Adam. Selon les écrits, suite à la séduction d’Ève par le serpent, “Le Seigneur Dieu dit ensuite à la femme : « J’aggraverai tes souffrances et tes grossesses ; c’est dans la souffrance que tu enfanteras des fils. Le désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi. »” (Genèse 3.16). Je dirais : heureusement que l’on a reconnu – même dans l’Église catholique – que la lecture de la Bible pouvait être multiple et pouvait évoluer selon les mentalités. C’est pourquoi les textes font autant débat chez les croyants. Ce qui me fait peur au plus haut point, ce sont les croyants qui prennent le texte à la lettre.
    Ayant publié dernièrement une Bible dans un français courant et avec des explications à l’usage des jeunes, j’ai été confrontée sur le forum internet qui accompagnait cette Bible à des incompréhensions de texte assez aberrantes. Par exemple, une jeune fille a mal compris le début du Psaume 1. Dans la traduction du français courant, cela donne : “Heureux qui ne suit pas les conseils des hommes sans foi ni loi…” Et cette jeune fille, mariée à un athée, en lisant ce psaume, a eu peur que le Seigneur la condamne parce qu’elle était amoureuse d’un athée (“sans foi”). Je lui ai expliqué, dans un premier temps, le sens de l’expression “sans foi ni loi”, puis que la plupart des traductions – dont la traduction utilisée pour la liturgie, qui fait pour moi autorité – préférait parler de “méchants”, ce qui, me semblait-il, n’était pas le cas de son mari. J’ai eu aussi le cas d’une demoiselle qui se destinait à la charge pastorale, à qui un jeune homme a répondu sèchement en citant la première lettre de Paul à Timothée que ce n’était pas possible. En effet : “Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme…” (3.1) Ce à quoi j’ai répondu à ce malotru que cela n’avait pas empêché l’Église catholique de prôner le célibat des prêtres…
    Moi-même, je milite à ma façon pour l’ouverture des charges pastorales dans l’Église catholique aux femmes. Je vois ma patronne : même si elle n’a pas de charge pastorale, elle est quand même considérée comme pasteure calviniste. Mais par un discours que je veux pédagogique sur mes croyances (je ne suis pas prosélyte, mais quand on me pose des questions ou quand une question m’interpelle, je réponds), j’espère qu’un jour, la révolution dans l’Église catholique viendra des fidèles, et essentiellement des femmes.

  • Tu as une vision moderne et contemporaine de la foi et de la religion comme une bonne partie des croyants. Simplement je trouve dommage que les instances vaticanes paraissent peu enclines au changement. Mias un jour ou l’autre l’Eglise évoluera.

  • L’Église a déjà évolué dans le passé par la pression sociale. Encore quelques efforts…

  • Je pense qu’il est bon de souligner que ton article ne touche que certaines religions monothéistes, et aucunement les religions bouddhistes, quel que soit le bouddhisme dont on parle. Merci d’utiliser le mot “religion” à bon escient.

  • @ tévouille bien que ue je ne le stipule dans tout l’article. Je l’expliques dans un des paragraphes que je parle essentiellement; des trois monothéismes. Je trouve que tu chipotes un peu; Tu exagères un peu quand même. De plus je n’ai jamais évoqué le bouddhisme.. Enfin bref tu abuses un peu … XD

  • @jess : je serai très claire là dessus. Tu peux écrire un article qui utilise les bons mots avec une clarté qui ne laisse aucune place à la controverse et au débat, et avec lequel tu te mouilles complètement en utilisant les termes “catholicisme”, “chrétienté” et autres qui qualifient les religions dont tu parles, mais expliquer, argumenter à moitié, comme ça, moi je ne trouve pas ça sain. Parce que ça pousse à l’amalgame. Et aussi parce que ça laisse entendre que tu confonds “religion” avec “chrétienté”.

  • Il semble que tu sois un peu tendue ma chère Tevouille. Je suis une nouvelle pratiquante du bouddhisme, je ne veux donc pas me faire le chantre d’une “philosophie” que tu dois pratiquer depuis plus longtemps que nous toutes, mais la première chose qu’on m’a apprise, c’est que le bouddhisme n’est pas une religion, car il ne s’agit pas d’une foi dans un principe transcendant et créateur. En fait, le bouddhisme est une pratique qui, par l’étude expérimentale de l’esprit, se propose de nous amener au bonheur en nous libérant de nos conditionnements.
    Quant à Jess, je ne vois nullement en quoi son propos n’est pas sain. Elle a le mérite d’avoir vulgariser un sujet pas évident en préservant les susceptibilités, me semblait-il…

  • @ la poupée russe merci

  • @La poupée Russe, oui, je suis pratiquante du bouddhisme. Et il existe autant de branches du bouddhisme que de fromages français, et dans certains bouddhismes, on prie une divinité, Bouddha, Shakyamuni ou Siddharta Gautama. D’ailleurs, on peut considérer que la plupart des bouddhismes élèvent l’Homme au rang de divinité, puisque c’est son état de Bouddha qu’il doit chaque jour développer, et que nous sommes tous considérés comme des Boddhisatvas sortis de la Terre.

    Donc oui, il faut en parler aussi. Oui, je suis tâtillonne. Non seulement parce que cet article a oublié de mentionner cette religion, ce culte, ou whatever, mais aussi que l’amalgame était facile à faire et qu’il fallait le prendre en compte.

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