Coeur

Je suis folle de toi. Mais folle surtout.

Article sélectionné par Bolo lors de sa semaine de Rédaction en Chef

L’autre jour, j’ai vu une émission sur Arte qui s’appelait « Accros à l’amour ». Pour faire court, l’émission traite des gens qui tombent éperdument amoureux au point où ils finissent par se détruire. Ça m’a fait penser à moi. Enfin, à moi et à plein de meufs scotchées à leur portable toute la journée, désespérées de ne pas voir s’allumer le petit voyant rouge qui signifie qu’elles ont enfin reçu un message.

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J’ai rarement vu un mec s’exciter sur son portable toute la journée pour obtenir une réponse de la dulcinée, alors que chez les filles, il est particulièrement courant de se monter la tête dans un trip « mais bordel de merde, pourquoi il répond pas ? Je suis sûre qu’il est en train de me tromper/se préparer à me larguer/ se faire enlever par des extra-terrestres ». Nous, les meufs, on a cette tendance à se monter des films en Dolby Surround, à laisser notre imagination prendre le pas sur une réalité tangible, en bref, à devenir complètement tarées quand on est amoureuses.

On a beau vouloir relativiser, c’est comme ça. On SAIT que la vie de notre amoureux ne tourne pas autour de nous, mais on ne PEUT PAS s’empêcher de faire tourner la nôtre autour de lui quand on le rencontre. C’est presque mathématique. Et rien n’y fait. On peut aller voir un film, prendre un café avec des copines, vaquer a nos occupations de ménage/couture/hockey sur gazon, il y aura toujours un coin de notre cerveau, qui, les premiers temps, pensera à lui.

Et puis c’est dans ces cas-là qu’on reçoit toujours des bons conseils de copines, comme : la règle des trois jours, ne jamais le contacter parce que c’est lui l’homme, ne pas prendre d’initiative, et ne pas parler de sexe trop tôt parce que sinon il va vous prendre pour une traînée. Après vous être rendue compte que vous avez déjà fait tout ça, je pense que vous pouvez commencer à vous monter des films puissance 43, toujours apeurée de vous faire une nouvelle fois larguer même si bon, ce mec, vous êtes pas encore avec. M’enfin ça viendra, dès que vous arrêterez d’être jalouse avec lui, au point que vous hésitez même à lui présenter votre mère.

Une seule chose pourrait vous sauver de l’impasse de la folie amoureuse : la conscience d’être folle. Celle qui trouve ridicule la meuf qui reproche a son copain d’avoir mis du beurre dans la confiture. Celle qui trouve ridicule la meuf qui reproche à son mec de ne pas être venu la chercher au boulot même si elle ne lui a pas demandé, parce que « ça devrait venir de lui ». Celle qui refuse de faire la gueule a son copain quand il veut aller voir un match de foot entre potes. Celle qui fait des blagues de cul mais a des mains trop petites pour décapsuler une bière toute seule. Et puis surtout, celle qui comprend qu’on n’a pas le droit de se faire des films quand on n’est même pas encore en couple.

Il est temps d’arriver à guérir de cette maladie qui nous rend accro à l’amour. Paranoïaques du sentiment. Et puis débiles mentales, surtout. Je cherche le vaccin de la groupie. Je souhaite aider la jeune fille en détresse qui se demande pourquoi il n’appelle pas. Alors envoyez vos dons, merde.

(cc) Stefan Georgi

16 Responses to “Je suis folle de toi. Mais folle surtout.”

  • Quand on ne l’est pas, on se fait un malin plaisir de condamner ce comportement, on engueule les copines radasses hystériques… Et bizarrement, quand on est amoureuse, et c’est assez catastrophique, on tombe également dans le panneau, se retrouvant dans la peau de la folle, consciente qu’elle est folle, mais qui le reste, folle. Malgré tout.
    Je crois que c’est au-dessus de nos forces…
    On envoie les dons à quelle adresse ? ;)

  • @Rose H, je te laisse mon RIB, ce sera plus simple ^^

  • j’en suis de ces filles là, amoureuse maladive même maintenant je ne suis pas guérit, quand l’ex de mon mec l’a appelé pour le félicité d’etre papa, j’ai eu des pulsations de poulet. M’enfin j’en ai bcp souffert mais je pense que l’essentiel ds la vie c’est d’arriver à aimer. J’ai des tas de copines qui n’ont jamais été amoureuse et je leur souhaite un jour de connaitre cet état de dépendance, pour moi il n’y arien de pire que de pas aimé.

  • J’aime aussi savoir que mon cerveau s’est égaré. Je m’en suis plainte à l’Homme. Pour l’instant, il rigole…

  • @Xena, et bah tu vois, moi je pense qu’il y a aussi des relations dans lesquelles il n’y a pas de dépendance. Et où c’est aussi de l’amour. Où chacun prend plaisir à s’épanouir seul, sans que l’amour de l’autre devienne indispensable à sa propre vie. Mais où, aussi, voir l’épanouissement de l’autre procure un réel bonheur, et une réelle satisfaction.
    J’ai beaucoup souffert de relations où justement, l’amour était vécu comme une dépendance. Où l’on souffre le martyr de ne pas être avec l’autre, plutôt que de profiter de ces instants pour se contruire en tant que personne. Je pense qu’il est important d’aimer, oui, mais de ne pas aimer à n’importe quel prix.

  • J’adore…Peut-être parce que je suis timbrée. Et surtout parce que souvent cela rime un peu avec de la dépendance affective ( je dis un peu parce que ça fait petit et ça fait moins peur, mais c’est totalement ça). Etre hyper compétente dans tout ce que tu fais et être une décérébrée complète dès qu’on a un badaboom…et moi ça m’arrive pas souvent alors quand ça m’arrive…mamamia…Je cumule en plus la bizarrerie d’attirer les mecs très chelous ou alors de m’amouracher du mec pas du tout mais alors pas du tout fait pour moi. Il parait qu’on fait ça parce qu’on est pas prêt à s’engager (dixit mes copines, psychomagazine et autres naturopathes)..Mais moi j’ai trop besoin de cette folie je crois, si je l’ai pas, je m’en fous un peu du gars ça veut dire. Et toc!Reste plus qu’à trouver le mec qui acceptera de calmer mes angoisses et mes doutes, car au final vivre avec une “folle” c’est seulement être subtil…et savoir que derrière ça il y a autre chose.(On est d’accord que la subtilité se fait rare…)

  • Tevouille, je pense que ça dépend du caractère que l’on a et pas forcément de la relation, moi je suis avec un mec calme, posé, timide, qui sort que très peu avec ses potes, bosseur (style marc darcy ds briget jones) et je suis ds une relation sérieuse, je lui fait extremement confiance et pourtant je ne peux pas m’empecher d’etre posséssive c’est pour ça que je dis que je suis une amoureuse maladive, peut etre que ça passera avec l’age, qui sait.
    Mely, bienvenue au club des amoureuses timbrées. Malgré tout, mon bonhomme me dit que ça a bcp de charme de sortir avec une folle, regarde bridget elle a un coté timbré, son mec est top. Ce qu’il faut c’est pas prendre un mec comme sois, les névroses s’accumulent, et finalement aucun n’arrive à calmer l’autre.

  • @ toutes,
    Je ne voudrais pas jouer les vieilles conseillères, mais…
    La dépendance affective dans le couple existe, elle est parfois changeante, je m’explique au début ce peut être la nana, ensuite le mec et re… Les relations des couples qui durent changent…
    Les extrêmement dominés par leurs sentiments, se font quitter qu’ils soient homme ou femme, ils lassent… C’est très difficile d’être le centre d’intérêt de l’autre…
    La folie est cyclique, elle va et elle vient, on peut s’assagir et à l’aube de la quarantaine se réveiller parce que l’on étouffe… Ensuite, redevenir “normale” un temps plus ou moins long…
    Par contre, je pense que chercher (ou chasser) des hommes très différents de nous, ce n’est peut-être pas la peur de s’engager mais juste ne pas avoir envie d’être avec son double… J’en connais des couples qui fonctionnent très bien comme ça…
    Voilà les Ladies, je suis une vieille… Pas encore une sage, mais qui sait peut-être un jour…. Euh non, je ne crois pas que ce soit réaliste!

  • @Nouvelle 30naire: parfois les extrêmement dominés par leurs sentiments sont comme une bulle qui éclate…en tous cas moi, du jour au lendemain, tout peut-être terminé…Comme si j’enlevais des lunettes de soleil. être quitté ou quitter oui…Mais qu’y a t’il de pire?être quitté et être malheureux jusqu’à ce que l’éblouissement vienne d’ailleurs, s’être souvenu puis oublier avec un autre. ou quitter et s’apercevoir cruellement que l’idôlatrie dont on était l’objet est terminée… au final, en général, on s’en sort mieux que les autres…Bizarrement mais je mets ça sur le compte du “jusqu’au boutisme”. Mais bon, évidemment c’est très chaotique et aléatoire comme mode de vie. Je ne pourrais pas être avec un mec comme moi. Cela ne m’apporterait rien, et avoir une relation c’est s’enrichir de l’autre. J’aime les gens fondamentalement différents de moi. Comme Groucho Marx qui disait qu’il n’accepterait jamais de rentrer dans un club où on accepterait des gens comme lui…

  • Et bah les meufs, je suis carrément étonnée de ne jamais lire dans votre discours quoi que ce soit à propos de se construire soi même.
    Je vais peut être sonner moralisatrice et donneuse de leçon, mais je pense qu’il est préférable de devenir une personne merveilleuse pour trouver un compagnon merveilleux, et qu’on ne doit pas chercher un compagnon qui puisse règler nos problèmes ou même nous complémenter.
    Le problème de l’expression “chercher sa moitié”, c’est que l’on suppose que l’on est incomplet. Que l’on a besoin de l’autre pour devenir complet. Que l’on se dit que l’on ne pourra jamais atteindre certains buts sans l’autre. Je ne suis pas de cet avis. Je pense qu’une relation amoureuse doit embellir la vie et non lui donner un sens. Je pense qu’on doit donner un sens à sa vie soi même et que personne ne devrait le faire à notre place.
    Et qu’on soit bien clairs, là. Je ne parle pas d’indépendance dans un couple, mais d’autonomie. Et c’est ça qui fait toute la différence.

  • Bien d’accord avec Tevouille (encore une fois).”on ne doit pas chercher un compagnon qui puisse règler nos problèmes ou même nous complémenter.” Tout est dit. Je pense qu’il faut d’abord s’épanouir, se trouver, se réaliser avant de pouvoir rencontrer quelqu’un et vivre/créer quelque chose avec. Être en couple doit être un + pour moi, pas vital/essentiel. De plus, penser qu’être en couple est la solution à l’un de nos problème, c’est mettre une pression phénoménale sur l’autre.

  • @tevouille et Plipli: 1: je ne suis ni Salomé ni Cyrulnik, ni une de leurs lectrices, donc je crois pas à ces conneries de développement perso qui te permet d’épouser un mec merveilleux (d’ailleurs: c’est quoi un mec merveilleux? et une fille merveilleuse?).
    2: je suis cinglée avec ou sans mec alors j’attends juste de lui de me sentir bien à ses côtés c’est tout. être dépendant affectivement n’empêche pas une autonomie totale…au contraire je dirais, en tous cas, en ce qui me concerne.
    3: pour ce qui est du couple, etc, si les gens arrêtaient de se théoriser etc, à vouloir ressembler au profil défini par les psys de magazines, et qu’ils s’acceptaient avec leurs faiblesses et avec ce grain de folie, y’aurait moins de problèmes. Si tout était aussi simple qu’un théorème de Pythagore, on n’aurait même pas cette discussion…il me semble…

  • @mely, je pense qu’en un seul commentaire tu viens de me faire passer d’auteur d’un article sur les accros à l’amour à mangeuse de graines germées bio qui fait du yoga et qui lit des bouquins dont le titre est “passez de triste à fabuleuse en trois jours”, et ça, j’ai beaucoup de mal à l’accepter, vois-tu. D’une part, parce que j’aime le coca et le saucisson, et que le yoga m’ennuie (je le sais, j’ai essayé), et d’autre part parce qu’il n’est pas question ici pour moi de “connerie de développement personnel” mais de comportement propre à sa vie.
    Je suis d’accord avec le fait qu’il soit capital d’accepter sa propre personne telle qu’elle est avec ses défauts et ses qualités. Ca permet de voir les comportements destructeurs qui sont ancrés dans nos tendances de vie. Mais, moi même, j’ai choisi de voir ces comportements destructeurs en face, de les accepter, mais aussi d’arreter de souffrir à cause d’eux. Et le meilleur moyen, c’était de les changer. Je n’ai pas vu de psy pour ça. Je n’en ai jamais vu. J’ai choisi de changer certains de mes comportements pour être heureuse selon mes propres critères et non ceux des “psys de magazines”. Je pense avoir assez de jugeotte pour comprendre que certains schemas se reproduisent pour une raison et que quand ils n’ont aucune fonction productive ni positive pour soi, on peut être capable de les changer pour le meilleur dans la vie. Et ainsi devenir une meilleure personne. Ou une personne merveilleuse. Parce que oui, pour moi, c’est ça, une personne merveilleuse, c’est quelqu’un qui est arrivé à être en harmonie avec elle même et son environnement.
    Ensuite, je n’arrive pas à comprendre comment on peut être dépendant et autonome à la fois. N’est-ce pas contradictoire?
    Et enfin, je ne prétends pas non plus détenir le théorème de Pythagore de la vie, ni une science absolue de la meilleure façon de se comporter, mais je pense que j’ai le droit de croire que si certaines choses m’ont été favorables, elles peuvent l’être pour les autres aussi, et ainsi le partager.
    J’pourrais le garder pour moi mais j’suis grave sympa comme meuf.

  • @tevouille qui fait pas de yoga: non t’inquiète, là n’était pas mon intention…c’est juste que ça m’a fait sourire un peu c’est tout…Libre à chacun de penser et de partager ce qu’il veut, mais on a le droit aussi de dire qu’on est pas d’accord (hum tout ce consensuel me donne mal à la tête). Bref, en gros je vais juste m’exprimer sur moi: je suis hypra indépendante, hypra autonome, ce qui ne m’empêche pas de pouvoir être dépendante “affectivement”. Ce qui se comprend aisément: pour avoir un équilibre, sauf si on est le genre de personne à passer dans confessions intimes. Pour ceux qui ne comprendraient pas ce mode de fonctionnement, une dépendance se remplace par une autre…particulièrement “affective” puisque c’est subjectif. Et surtout on oublie souvent que la personne dépendante peut être intelligente, dotée elle aussi de libre arbitre et choisir de voguer ailleurs, sans contrainte. Alors l’autonomie est forcément importante dans ce processus…Quant à être une personne merveilleuse, tu peux complètement l’être en étant plein de démons. Pour moi les choses sont beaucoup plus compliquées que ça, parce que la vie n’est pas qu’une évolution positive, et on y peut rien du tout. Alors je vais dire, que je n’ai ni raison ni tort, mais que je me comprends et c’est l’essentiel, et si à un moment donné mon équilibre se rompt, j’ai appris à relativiser et à vivre avec sans me rendre coupable de ce qu’il y a au fond de moi. Je retourne à ma bière (What the fuck? le yoga c’est chiant??)

  • @Mely “sans me rendre coupable”, ça aussi, ça me gêne. Parce que ça implique qu’en changeant de comportement, je me rends coupable de celui que j’avais avant. Je n’ai aucune notion de culpabilité dans mon processus. Justement, j’accepte qui je suis, et le comportement que j’avais avant m’a permis de me rendre compte qu’il était nefaste et de le changer. Mais si quelque chose en moi me fait souffrir, à quoi bon continuer à la garder? Et ce sans manger des graines germées, hein, j’entends bien.

  • Avatar of
    La Chieuse

    Nan mais les filles vous avez pas compris, il ne faut pas chercher attendre vouloir , car selon moi il faut d’abord vivre sa vie à fond . Prendre le temps de se construire , si il y a bien une chose que nous avons aujourd’hui et a profusion c’est bien du temps. Même si je suis de celle qui tombe amoureuse mille fois par an !

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