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Badoo : l’expérience sociologique

Enchaîner les épisodes de Sex and the City aura définitivement eu le don de me redonner l’envie d’écrire et me voilà à me prendre pour Carrie Bradshaw (et pas seulement à cause de Mr. Big). J’ai une liste de choses à faire avant mes 30 ans et sur celle-ci figure « s’inscrire sur un site de rencontre ». Meetic, Adopte un mec, Dual love… Il y en a tellement que je me demande bien lequel choisir. Tiens, Badoo, ça sonne un peu comme une formule magique… Ou pas.

Badoo : l’expérience sociologiqueBien sûr, je sors camouflée car il ne faudrait pas que je tombe sur mon nouveau patron ou, pire, ma mère (on ne sait jamais qui l’on va croiser au coin de la rue). J’opte donc pour un nom d’emprunt, remplis mes informations personnelles en m’inspirant de la vie de mon esthéticienne et ajoute 3 photos de 3 nanas différentes mais personne ne semble le remarquer. Ouf !

Après 5 minutes, il y a déjà 6 mecs qui me parlent. Et encore, dire « parler » revient à qualifier un éléphant de souris. En vrac, on me demande si je suis un animal sauvage facilement apprivoisable, si j’ai un moment de libre pour faire la connaissance de Serge (prénom d’emprunt) mais surtout, la palme de la drôlitude revient à Rodrigo (prénom d’emprunt, toujours) qui entame la conversation avec un simple mais efficace « bisou ».

Je rigole bien mais c’est pas tout, mon estomac crie famine et je décide d’aller le réapprovisionner. A peine de retour, carburant au vin rouge et armée de ma boîte de pralinés, je me reconnecte. 10 messages pendant mon absence… dont un de Serge qui me dit « merci ». Sûrement parce que je ne lui ai pas répondu. Oups de oups !

Le plus dur dans cette sombre affaire, c’est de réussir à trouver des réponses aux questions qu’on me pose. Qu’est-ce que je fais dans la vie ? Danseuse. Quel âge ai-je ? 27 ans. L’improvisation continue mais je ne peux m’empêcher de me sentir désolée pour Rodolphe (j’aime bien les prénoms de vieux, oui) qui m’offre deux bouquets de fleurs et me propose d’aller boire un verre cette semaine. Je lui réponds délicatement qu’il met la charrue avant les bœufs. Pauvre garçon, s’il savait.

En une soirée, il n’y aura eu pas moins de 30 hommes venus me parler sur le chat, 100 visites sur mon profil et 80 personnes intéressées. J’aurai également reçu plusieurs cadeaux, des messages sur mes (non-)photos et une déclaration d’amour. On m’a demandé mon adresse MSN (so old school), donné son nom pour que je l’ajoute sur Facebook et invitée à boire un verre.

Certaines disent avoir rencontré l’homme de leur vie sur Meetic mais je reste sceptique : peut-être qu’il faut vraiment bien chercher mais recevoir autant de messages en une soirée par des mecs qui adoptent tous la même pause (tête penchée, main qui se tient le menton et yeux mi-fermés l’air de dire « eh poupée, je suis bien monté, ça te dit d’essayer ? ») aura eu le don de me montrer réticente quant à l’idée de persévérer.

Conclusion : je peux cocher l’entrée « s’inscrire sur un site de rencontre » de ma liste et je pourrai raconter à mes petits-enfants comment, au XXIème siècle, certains se contentent de draguer avec un simple « slut sa va ? » (mec, t’essaies de me saluer ou tu me traites de salope en anglais ?). Heureusement, je retiens que d’autres ont de l’humour, de l’autodérision et de la conversation… sauf que là, je me demande si j’avais besoin de m’inscrire sur Badoo pour savoir ça.

(cc) *polvorilla

5 Responses to “Badoo : l’expérience sociologique”

  • Rhooo il y a une dizaine d’années (oui je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…), quand je découvrais le net, je découvrais aussi LES rencontres sur le net… et à l’époque (de mon temps comme dirait ma grand-mère) il y avait CARAMAIL… là pas de photos, que du chat en direct et c’était, comment dire assez cocasse!

    Comme tu dis ça permet soit d’avoir des anecdotes drôles à souhait à raconter à ses copines ou à ses petits enfants… mais il paraît qu’il y en a qui rencontre l’homme/la femme de leur vie la dedans… comme tu dis, le scepticisme est de rigueur…

    As-tu été jusqu’à en rencontrer au moins un dans le réel au moins pour voir?

  • oh oui caramail ! déjà à l’époque je devais être sceptique parce que je n’ai pas essayé longtemps… manque de spontanéité quand tu nous tiens !
    rencontrer un hurluberlu en vrai ? ça voudrait dire révéler ma vraie identité et avouer la supercherie… remarque y en a un avec qui j’ai réussi à discuter toute la soirée sans qu’il soit lourd et je lui ai finalement avoué que je ne m’appelais effectivement pas jessica (mes excuses à toutes les jessica). bon… peut-être que si j’y retourne, je lui proposerai… ;)

  • Pour avoir fréquenté Badoo (et d’autres sites du même genre), je comprends bien réticence face à tous ces messages. C’est souvent déprimant en fait. Mais malgré ça j’ai rencontré des gens vraiment intéressants via ce genre de sites. Il y a un tri à faire, il faut “écrémer” un maximum pour avoir la chance de faire de bonnes rencontres.

  • Eh oui, Caramail a bel et bien fait des couples à l’époque et des couples qui durent. En plus !
    A l’epoque, où l’heure d’aller se coucher était 20h30, ma mère surfait sur Caramail et pouf. ( Comme quoi, hein )

  • May N. Anna

    Bonjour à toutes, .
    Qu’on soit bien claires, je n’y croyais pas du tout. Une copine (qui a bien failli ne plus en être une) voulait essayer le site Adopte un mec et n’a rien trouvé de mieux que de m’inscrire à sa place, mettant même des photos piquées sur mon Facebook et rédigeant un profil pas trop loin de la vérité. Evidemment, ça m’a rendu malade au début, mais évidemment aussi, je n’ai pas résisté au fait de lire tous les mails qu’on m’avait envoyé (74 en trois jours !!, moi qui étais célibataire depuis des mois, le choc !). Comme l’a bien dit Plipli, il faut écrémer, et écrémer sévère même. Les plus de 35 ans, désolée pour eux, j’en avais 19, les édentés, les fans de foot qui ne se cachent pas, les regards de pervers que déjà en photo ça fait peur, ceux qui ont exactement les même goûts que toi sur tout à tel point que c’en est flippant, et bien sûr d’office tous ceux avec la pose décrite dans le post : doigts sous le menton et tête penchée… Une fois le fitre appliqué, il n’en restait pas beaucoup, et je restais ultra sceptique. Est ce qu’ils sont vrais, sincères, naturels ? Est ce qu’ils n’ont pas été inscrits par leurs amis, comme moi je l’avais été ? Est ce qu’ils y croient vraiment ? Parce que moi non. Et s’ils sont célibataires ET sur ce site, il doit bien y avoir quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, non ?
    Et puis, il y a eu C… Avec seulement deux photos sur son profil et encore moins de mots dans sa description, mais j’étais déjà absorbée par mon écran, subjuguée comme quand j’étais gamine à la boulangerie devant un pain au chocolat.
    De la quinzaine de gars pas trop lourds avec lesquels j’ai parlé sur le site, c’est le seul que j’ai eu envie de rencontrer. On a parlé deux jours par mail, ça nous a suffit. Par contre après, on s’est vu trois fois par semaine au jardin du Luxembourg, pendant 5 mois, à discuter de tout et de rien, dévalisant nos paquets de clopes pour combler nos silences passés à contempler l’autre… Il a fallu encore deux mois pour qu’il m’embrasse, et un an pour qu’il avoue m’aimer. Et ça fait maintenant deux ans que je contemple mon petit pain au chocolat tous les matins, avec la certitude d’être une petite chanceuse. Comme quoi, la génération 2.0 est bien en marche…

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