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Marc Levy, c’est de la merde

J’interviewe des collègues auteurs sur mon site Brèves de vies et je suis toujours à la recherche de nouveaux à interviewer. Et il m’arrive de tomber sur des réflexions du type “Marc Levy c’est de la merde” en général par des auteurs peut-être plus méritants, plus talentueux que lui mais certainement pas avec les mêmes chiffres de ventes. Et ils se targuent d’écrire de belles figures de styles, des histoires merveilleusement bien construites mais elles ne marchent pas. Pourquoi ?

Marc Levy, c’est de la merdeLa vérité c’est que la majorité des auteurs et de ceux qui espèrent un jour l’être, moi y compris, écrivent leurs romans parce qu’ils ont eu une idée comme ça sur un coup de tête, sans se préoccuper de la demande des lecteurs, ni de savoir si le roman va marcher. Ils écrivent un roman qu’ils veulent lire, eux, et qui montrent le plus à quel point ils ont bien retenu leurs leçons de français.

C’est tellement facile de critiquer Marc Levy, après tout la France entière le fait, même Zemmour et Naulleau. Mais qui peut vendre autant ? A ceux qui me retorqueraient “Mais les chiffres de ventes ne sont pas les plus importants, l’important c’est l’intégrité !”, je réponds : L’intégrité ? Mais laquelle ? On perd son intégrité chaque jour quand on s’écrase devant son patron, quand on insulte les autres automobilistes au feu. Que je sache, M. Levy n’a pas plus perdu son intégrité que les autres auteurs qui vont au Café de Flore tous les midis. D’aillleurs l’intégrité est un bien grand mot et fait partie des choses à sacrifier pour atteindre son rêve. Mais passons.

Pour qui écrivez-vous ? Si c’est par plaisir personnel, autant ne pas se fatiguer à être publié, laisser les manuscrits dans un tiroir du bureau et les ressortir tous les dimanches. Un écrivain est au service des lecteurs et si le lecteur aime des choses gentilles et faciles, pourquoi lui fournir le contraire ? On est en 2011. Si les lecteurs n’aiment plus les allitérations et les assonances, c’est bien dommage mais ce n’est pas la fin du monde.

Le milieu de l’édition, et chaque jour je me lamente que cela soit ainsi, est un milieu d’affaires où les éditeurs doivent avoir de bons chiffres de vente et de best sellers. Bien sur, on peut rarement prévoir qu’un livre marchera mais on peut s’inspirer de ce qui cartonne en ce moment. Comment peut-on dire qu’un auteur n’a pas de talent quand tant de personnes lisent et apprécient ces livres ? Si j’avais ce genre de talent, j’aurais moins de problèmes en tant qu’auteure.

Pour conclure, si de toute façon le travail de ces écrivains qui critiquent Marc Levy est si génial, ils seront acclamés, si n’est de leur vivant, mais au moins à titre posthume. J’ose espérer même si c’est assez peu vrai, que le talent finit toujours par percer…

17 Responses to “Marc Levy, c’est de la merde”

  • Je ne permettrais pas de qualifier la littérature de Marc Levy de Mer**, mais disons que ce n’est pas ma came : on en lit un, on les tous lu, et avec les volumes, la patience s’effrite et la frustration s’installe. Donc, pour ne pas rester idiote, j’ai lu un ou deux Levy, tout comme Guillaume Musso et Mary Higgins Clark.
    Je ne suis moi-même ni journaliste, ni auteur, mais je n’estime pas le travail d’un romancier au nombre de ses ventes. Tu me diras, s’il vend, c’est qu’il est lu et c’est qu’il plait. Ça ne m’a jamais embêté d’”avaler” un Amélie Nothomb sur la plage, elle en fait un sur 3 de bon.
    Je ne sais pas si Levy a perdu son intégrité, mais à sortir un livre par an, comme Eastwood un film, on finit par épuiser et le lecteur et son inspiration et par appauvrir son écriture. Enfin, ça demande un vrai travail la littérature, le Levy de Noël, parfaitement marketé comme le Disney de Noël, ça va bien une année et puis on va voir ailleurs.
    Je ne suis pas certaine que les lecteurs aiment les choses “gentilles et faciles” ; et ce n’est certainement pas avec ce genre de lectures qu’on fait évoluer les mentalités et qu’on développe ses exigences. Marc Levy est une lecture de paresseux et de dilettantes, on peut tous craquer certes, mais ça n’engage que moi.

  • Je ne suis pas d’accord avec le fait que plus on sort de lives, moins ils sont bons. C’est le boulot d’un auteur de se recycler, de trouver chaque jour plus d’inspirations pour écrire de bons livres. Je ne crois pas au fait, que comme le bon vin, un livre qu’on a mis 10 ans à écrire est forcémenet bon. Des auteurs comme Joyce Carol Oates le prouvent régulièrement. En quoi on-t-ils perdus leurs intégrité? Et s’ils ont en une pourquoi devraient -ils la garder?
    Je ne sais pas vraiment ce que les gens aiment, en quoi Marc Levy serait une lecture de paresseux? Quand on lit, disons, Houellebecq alors on aime le travail intellectuel et on en fait? Les romans sont la pour faire évader les lecteurs. Le travail intellectuel on le fait quand on lit des essais.

  • Violet, pour être du métier, je te promets que Marc Lévy, je ne l’aurais jamais publié. Il faut dire aussi que je n’ai jamais travaillé dans l’édition mainstream, mais plutôt dans l’édition engagée (que ce soit politiquement ou religieusement, voire les deux). Je crois aussi au petit livre que tu découvres dans le coin d’un rayon, limite si les vendeurs ne le foutent pas au rebut. Mais bien sûr, il faut aussi se retrouver avec une certaine curiosité intellectuelle.
    Lors de mes entretiens d’embauche, j’ai choqué un éditeur d’essais quand j’ai balancé que mes deux auteurs préférés étaient Umberto Eco et Bernard Werber. Avec ce bagage, je n’aurais jamais pu bosser par exemple chez Gallimard. Et puis, quand je veux m’évader, je lis des policiers historiques. Mais même mes copines se posent des questions quand je leur dis que je n’ai pas lu Katherine Pancol, Fred Vargas ou Anna Gavalda.

  • Je n’ai jamais lu Marc Levy, ni Musso, ni Gavalda, ni Nothomb.
    J’aime Despentes, Beigbeder, George Sand ceux qui écrivent aussi naturellement qu’ils pensent.

  • Ca me rappelle un passage magique des Poupées russes entre Romain Duris et Audrey Tautou, voyez plutôt : http://www.youtube.com/watch?v=nx_OP6Od7Uw

    Oui, en effet, les bullettes, c’est de la merde… N’empêche que la collection Arlequin est lue par des milliers de jeunes filles en fleur (et pas que), Marc Levy par des millions de gens dans le monde… Alors où on s’accorde pour dire que les gens aiment la merde, ou on met de l’eau dans notre vin et on se dit qu’effectivement, ça n’est pas très élaboré, les histoires d’amour tarabiscotées on les connaît, mais ça passe le temps et ça marche. Cracher dessus n’est que pure condescendance.

  • @Rose H : on n’a même pas le droit d’être militant ?

  • @Storia : Tu peux être militante si tu veux, ce n’est certainement pas moi qui vais t’en empêcher. Cependant, faut quand même se rappeler que se vouloir militant et/ou engagé dans un système capitaliste c’est quand même grosso modo pédaler dans la choucroute. On le sait que c’est pas la qualité qui fait vendre, mais bon, chacun fait, fait, fait, ce qui lui plaît, plaît, plaît.

  • Mais cela n’empêche pas de proposer autre chose. Il y a dans ce monde, à mon avis, une ou deux personnes qui recherchent des lectures de qualité. Et comme dirait un certain Jésus-Christ : ” Quand deux ou trois personnes sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux”. En gros, ce n’est pas parce que le lectorat sera limité que ça ne vaut pas le coup de le faire…

  • Levy a reconnu lui-même qu’il n’était pas vraiment écrivain : http://www.rtlinfo.be/info/magazine/livres/128671/marc-levy-je-n-oserais-pas-me-dire-ecrivain-

    Et de toutes façons, il n’a effectivement pas moins d’intégrité que toutes les vedettes de la littérature française : que ce soit Beidbeger et son nez enfariné ou Houellebecq qui passe son temps à se plaindre de la France mais qui préfère se casser en Irlande parce qu’il paye trop d’impôts. Bref, c’est pas l’intégrité qui les étouffe les auteurs. Ensuite si Levy se vends, c’est pour la même raison que les gens regardent la télé ou lisent des journaux gratuits : pas besoin de réfléchir. Bref, c’est la poire d’eau tiède pour le lavement cérébral.
    Après quel est le problème ? Les gens veulent lire des trucs prémachés, et Marc Levy en fournit en veux-tu en voilà…
    C’est le même cirque pour tous les autres mass-media, alors je vois pas pourquoi ça le serait pas pour la littérature.

    “Le milieu de l’édition, et chaque jour je me lamente que cela soit ainsi, est un milieu d’affaires où les éditeurs doivent avoir de bons chiffres de vente et de best sellers.”
    Voilà, les maisons d’édition sont des entreprises. Les entreprises doivent faire du chiffre. En particulier les grosses maisons d’éditions.
    Après, si en tant qu’éditeur, tu publies à 33 exemplaires parce que tu sais que c’est réservé à un marketing de niche, donc tu peux effectivement te permettre d’être plus sélectif dans tes choix de publications.

    Et Umberto Eco, c’est pas non plus le plus underground des auteurs (16 millions de vente pour Le nom de la rose).

  • @Rose Je suis d’accord avec toi, et c’est ce que je dis dans cet article: Bien sur que les histoires ne sont pas originales mais elles utilisent des codes qui marchent et qui touchent des milliers de gens et c’est une force non négligeable, qu’on ne peut tout simplement pas résumer en disant que “les gens sont des moutons de nos jours”. En tout cas penser ça en tant qu’artiste, c’est du suicide.
    @Traulever: Je suis tout aussi d’accord avec toi. Il faut se vendre, particulièrement dans le domaine artistique. Comme je l’ai dit sur mon blog, les gens lisent Marc Levy pour se divertir. S’ils veulent réfléchir, ils connaissent les rayons essais
    @storia Giovanna: J’ai eu la chance d’être publiée 2 fois par 2 maisons d’éditions différentes mais à mon niveau, mes nouvelles ne sont même pas du domaine des livres que l’on découvre dans une librairie. J’ai commencé à écrire très jeune et je me suis toujours dit que j’écrirais des trucs “undergrounds” mais maintenant j’ai grandi, et je veux écrire des histoires qui passionnent le plus grand monde. Ce qui est le cas des deux auteurs que tu as postés et qui ne sont pas vraiment underground…

  • Moi même en tant que secrétaire d’édition, je publie un livre pas très underground, puisque je publie la Bible :). Mais j’ai aussi participé à la publication de livres d’essai très engagés dans la boîte où j’étais stagiaire (Vincent Geisser, tu connais ?). Il ne suffit pas d’écrire “underground” pour me plaire personnellement. Mais, a priori, je préfère une histoire bien écrite à une histoire universelle, mais niaise.

  • Non, je ne connais pas Vincent Geisser mais je serais ravie de le lire. Je pense que la ou réside la force d’un grand livre, c’est de raconter une histoire universelle, mais écrite à la sauce de l’auteur.

  • Bonjour, je m’appelle Myamya et je suis une lectrice de Marc Levy… voilà c’est dit, c’est avoué!

    Avoué ET assumé!
    Je suis une lectrice: je lis de tout et de rien… fonction de mes humeurs, de mes états d’âme, de mes états de fatigue, des lieux où je suis..etc…
    Et (là je vais rejoindre Poupée Russe et Tauveler), je lis du Marc Levy quand je suis prise d’une flemmingite aigüe… il est en effet ultra facile à lire, d’une main, d’un oeil… tu ne peux pas perdre le fil de l’histoire puisque (justement) tu la connais (ou tu la devines)…
    M.L (désolée pour l’abrévation) a cet avantage d’écrire des phrases simples de compréhension, facile à lire…
    Et il ne faut pas oublier qu’une grande partie de la population française est illétrée (attention, rien à voir avec l’analphabétisme), qu’une autre partie ne fait pas forcément partie des “intellectuels” et qu’il n’existe qu’une petite partie qui lise de l’underground (+/-)… Et que certe, ML ne plaît pas à cette dernière partie mais elle n’est pas majoritaire…

    Et comme nous sommes dans un monde de consommation (là je rejoins Rose-H), et bien il faut atteindre la masse pour faire du chiffre.

    Pour finir, pour avoir travaillé en caisse dans un magasin de grande distribution culturelle (pas celui au logo rouge, l’autre au logo moutarde), j’ai vu BEAUCOUP de M.L passer et autant de profils de lecteurs différents… et bien souvent je me suis fait la réflexion suivante: certe c’est de la lecture “facile” mais les livres de ML permettent à certains d’accéder à la lecture, de mettre un pied dans les livres…
    Car franchement vous imagineriez votre voisine Madame Duchemin qui vous “cause et qui lui dit des trucs tu vois quoi!” ouvrir un livre dans sa vie qui ressemblerait plus à Guerre et Paix ou encore les Bienveillantes?
    Ainsi certains démarrent par un ML et vont crescendo… et d’autres restent au niveau ML, mais au moins ils lisent.

    Et la lecture, quelle qu’elle soit, c’est faire travailler son esprit, déclencher une curiosité qui est parfois endormie…etc

    Je pense que ceux qui disent que ML c’est de la M****, sont un peu comme ces adultes, qui en entrant au rayon BD, se lamentent en disant que leurs gosses (ou petits enfants) ne lisent QUE ça et que ce ne sont pas des livres…

    Voilà, je crois que j’ai tout dit ce que j’avais dans la tête.. :-D
    (Violet j’aime beaucoup ta photo sur ton blog!)

  • J’apprécie beaucoup ton commentaire Myamya: il y a des littératures bonnes ou moins bonnes mais l’essentiel, c’est déja de lire. Certains considèrent la littérature pour enfants comme de la “fausse” littérature, ce qui me touche parce que je veux écrire pour eux) alors que les personnages sont admirablement construits et les intrigues tiennent en haleine les lecteurs jusqu’au bout, contrairement à beaucoup de romans adultes.
    Et merci pour ta remarque sur ma photo!

  • @Violet,
    haaaa! la littérature enfantine!
    une fois, j’ai croisé une dame au rayon jeunesse dans une librairie… moi pensant bien faire, je voulais lui partager mes lectures (oui je suis la cliente un peu reloue du rayon jeunesse mais j’aime tellement ça les livres!) puisqu’elle avait l’air de chercher une idée…
    Je suis malheureusment tombée sur une coincée du cerveau (le reste ne me regardant pas!) qu im’a rétorqué mot pour mot “de toute façon, je ne vois même pas pourquoi on fait des livres pour enfant… je ne pense pas qu’ils comprennent l’histoire!” et d’ajouter “ho mais je connaise, je suis une ancienne bibliothècaire section jeunesse”… OMG!

    La littérature enfantine est UNE littérature et les enfants suivent/comprennent/aiment ces histoires qui leur parlent.

    Je suis maman et je ne me vois pas faire goûter aux joies de la lecture à des enfants en commençant par Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo (par exemple)… ça rejoint un peu l’idée de Guerre et paix pour notre voisine citée plus haut!lol

    Et une fois qu’ils ont mordu à l’hameçon, ils ne veulent plus lacher: j’en ai pour preuve Pitchoun (loin du CP) à la maison qui me demande de lui lire du Petit Nicolas alors que c’est annoncé “à partir de 8/9 ans”… je sais qu’il y a des détails, des jeux de mots qui lui échappent largement quand je lui lis une aventure du petit garçon mais c’est l’histoire dans sa globalité qui touche.

    alors, si tu as envie d’écrire pour eux: fais le! C’est un excellent public (même si parfois, ils peuvent préférer un livre avec Flash Mc Queen car c’est plus commerciale! :-DDDDD)

  • En fait Myamya, j’écris depuis toujours pour eux mais je ne m’en suis rendue compte que récemment! Et c’est vrai qu’ils sont l’un des meilleurs publics!

  • Amalia

    Oh merci beaucoup pour cet article!!! ça fait du bien de lire des choses comme ça parfois.
    Il y a quelques temps sur facebook j’ai dit que j’avais relu avec plaisir Et si c’était vrai…, que je l’aimais vraiment beaucoup ce livre, et une de mes “amies” (qui depuis n’en est plus une d’ailleurs) m’a rétorqué “ouais, dommage que c’est du Levy!”, une autre personne m’a dit un jour que, vu que lis Levy et Musso ma “culture littéraire est foutue”. Pourtant je ne lis pas qu’eux, je lis de tout, mais j’aime parmis tous les livres les Musso et les Levy de temps en temps, je trouve leurs livres beaux, simples et frais.
    Alors merci d’avoir écrit un article qui va dans ce sens.

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