Histoires

Le Congrès international féministe se tient au Palais de la Femme

En lisant cet article sur Le Monde, j’ai appris l’existence du congrès international féministe qui se tient depuis vendredi et ce jusqu’à lundi au Palais de la Femme. Ce congrès a lieu pour fêter le quarantième anniversaire du Mouvement de Libération des Femmes. Mais où est le Palais de la Femme ? Ce fameux palais se situe dans le 11ème arrondissement de Paris, rue de Charonne.

Le Congrès international féministe se tient au Palais de la FemmeA l’origine, cette bâtisse abritait un couvent dominicain. Ensuite, les aléas de l’histoire transformèrent ce lieu en un hôtel pour hommes célibataires avant la Première Guerre Mondiale (oui je ne plaisante pas) puis en hôpital durant la guerre 1914-1918. Enfin en 1926, ce bâtiment fut acheté par l’Armée du Salut. Aujourd’hui il accueille des femmes et des jeunes femmes qui vivent dans une détresse financière et économique grave. Ce lieu est classé monument historique depuis 2003.

Le choix de cet endroit n’est donc pas un hasard. Il représente à lui seul les combats féministes qui restent à mener. Bien que la situation des femmes se soient considérablement améliorée depuis 40 ans, il reste des progrès à faire surtout en matière d’égalité. Le mouvement féministe s’est-il essoufflé ? Ce Congrès vise à prouver le contraire. Ce combat doit juste s’adapter à la société contemporaine. Il doit se rajeunir.

Bien que la présence des leadeuses historiques comme Martine Storti, Françoise Pick ou Liliane Kandel soit nécessaire, elle n’est pas suffisante pour raviver la flamme. De plus, les féministes ne sont plus les seules à se soucier du sort des femmes. En effet des organisations comme la Halde ou des prud’hommes peuvent s’occuper des discriminations à caractère sexiste. Ces deux entités règlent les litiges d’ordre salarial (salaires, abus de pouvoir…) mais aussi ceux d’ordre moral (harcèlement…). Grâce au féminisme, les femmes ont trouvé peu à peu leur place dans la société mais rien n’est gagné.

Les mentalités ont clairement évolué en ce qui concerne la caractérisation du viol. En effet pendant longtemps, la parole de la femme était négligée et les autorités ne considéraient pas la femme comme une victime. Il a fallu du temps pour que dans la police, les policiers soient formés à ces questions d’une importance cruciale. Aujourd’hui, la question des femmes est au cœur des politiques sociales. Par exemple, les violences faites aux femmes ont été considérées comme cause nationale. La place de la femme est donc un enjeu pour la société d’aujourd’hui et pour construire celle de demain.

La femme représente donc un pilier fondamental de la société. La femme n’est-elle pas l’avenir de l’homme ? Vaste question. Cependant la lutte féministe ne repose pas sur une opposition homme/femme. Ainsi le chemin à parcourir reste long. Ce parcours demeure semé d’embûches. La lutte semble s’être déplacée sur le terrain où les inégalités sociales sont criantes. Mêmes si toutes les femmes sont victimes un jour ou l’autre de discriminations en tout genre, celles qui en souffrent le plus proviennent souvent des milliers les moins favorisés. Evidemment, une femme bourgeoise n’est pas à l’abri de tomber sur un mari violent mais certaines conditions sociales difficiles peuvent accélérer un processus violent surtout lorsque celui-ci représente un modèle éducatif. La clé du problème vient donc de l’éducation. En effet un homme qui est éduqué dans un schéma dans lequel la femme est soumise à sa volonté aura tendance à reproduire ce schéma. Il faut donc rompre avec ce modèle. Ainsi lutter contre le port du voile est une bonne chose en soi mais le plus important reste d’éduquer les hommes en leur expliquant que leur femmes, leurs soeurs, leurs mères ne sont pas des moins que rien. Le mal est donc à traiter à la racine.

Le changement ne peut que venir des jeunes générations d’immigrés qui sont nés en France. Par exemple une femme qui porte une jupe n’est pas une pute, seulement une femme qui veut se faire plaisir et qui s’assume telle qu’elle est. Une femme qui ne porte pas le voile n’est pas non plus une salope mais seulement une femme qui a des convictions et une philosophie de vie différentes. L’apprentissage de l’égalité commence à l’école. L’écart semble flagrant. En effet, un garçon qui réussit en mathématiques sera plus poussé vers une filière scientifique qu’une fille qui a les mêmes résultats. C’est pourquoi les classes littéraires sont souvent plus fournies en filles. Pourtant les filles disposent d’une intelligence comparable. Mais cette réalité s’explique par une certaine reproduction sociale et par la conscience sociale. Inconsciemment, une petite fille aimera moins la concurrence alors que les garçons ne cesseront de se lancer des défis.

Cette différence commence surement dès le berceau. Même sans faire de différences éducatives, des parents seront peut-être plus vigilants avec leurs filles qu’avec leurs petits garçons. Une femme n’est pas forcément fragile, douce et gentille bien au contraire. Bien qu’elle ne soit pas forcément dotée de la même force physique, elle dispose d’une force mentale parfois plus grande. Le mental ne remplace pas des muscles mais est nécessaire pour se sortir de certaines situations cocasses.

La lutte féministe doit aider la cause des femmes et non la desservir. Il faut donc se battre contre les bons ennemis et ne pas mener des luttes d’arrière-garde. Le féminisme ne se fonde pas non plus sur la guerre des sexes. Mais chacun doit trouver sa place dans la plus grande sérénité possible. Le féminisme n’est donc pas mort. Le repenser est donc à l’ordre du jour durant le Congrès international du Féminisme et demeure une urgence.

(cc) victoria parnall

One Response to “Le Congrès international féministe se tient au Palais de la Femme”

  • Jess, il y a certaines choses que je ne peux pas franchement te laisser dire dans ton article, sans réagir. Je veux bien qu’on fasse l’apanage du féminisme, de noter que le Palais de la Femme était anciennement une garçonnière ou comme dirait l’autre un baisodrome, c’est assez drôle à notifier, mais pour le reste, il y a quelque chose dans ton discours qui me dérange.
    Quand tu parles du féminisme comme autre chose qu’une guerre des sexes ou une sempiternelle opposition hommes/femmes, comment est-ce que dans le même temps tu arrives à faire des analogies du genre “les filles vont en L, les mecs en S” ou “les garçons sont compétiteurs, les filles moins” et j’en passe… Revoir la position de la femme passe aussi et surtout par celle qu’on a de l’homme. Il ne s’agit plus de dire : les femmes sont plus cérébrales et les hommes sont musclés, c’est peut-être du féminisme selon toi, d’après moi ça m’a tout l’air d’être du sexisme. Tu ne dis pas QUE ça, évidemment, mais tu le dis quand même, et en substance, c’est fatal pour la pensée féministe.

    Par ailleurs, je ne suis personnellement pas pratiquante, de quelque religion que ce soit, mais j’ai l’impression qu’il y a là un amalgame fait sur l’islam et les femmes… Certaines femmes ont la même philosophie de vie, les mêmes convictions, et pourtant la seule chose qui les sépare, c’est le port du voile. C’est une question de choix. Pas toujours, mais tout de même.
    En tout cas, comme l’article du Monde sur lequel tu pointes évoque des féministes laïques et des féministes musulmanes, je trouvais important de le souligner.

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