Histoires

Les sixties : une décennie révoltante, révoltée et révolutionaire

Quand on vous parle des années 1960, à quoi pensez-vous? Quelques noms et quelques dates vous viennent sûrement à l’esprit : JKF, Martin Luther King, De Gaulle, les trente Glorieuses, Brigitte Bardot, Marilyn Monroe, la conquête de l’espace, le Rock’n Roll, les Yéyés, l’année 1968 et 1969 l’année érotique… Toutes ces choses vous disent forcément quelque chose, que vous soyez ou non de cette génération bénie et pleine d’espoir.

Les sixties : une décennie révoltante, révoltée et révolutionaireAujourd’hui quand nous regardons cette période tout nous semblait possible, les rêves les plus fous semblaient accessibles et nous pouvions espérer un monde meilleur. La nostalgie qui nous guette nous pousse à idéaliser cette époque. Pour mieux comprendre pourquoi cette période a marqué autant les esprits, nous pouvons décrire cette décennie par un mot : Révolution. D’ailleurs, une chanson des Beatles colle parfaitement aux sixties : Revolution. Une révolution culturelle a traversé toute la décennie. Des idoles sont nées. Une classe classe s’est émancipée : les jeunes. Les sixties sont marquées par un foisonnement culturel et artistique important qui nous ferait envie. Notre époque reste imprégnée de cette vague de changement et de cet engouement à vouloir rompre avec le passé.

Les Sixties n’ont donc pas fini de nous inspirer. Le Rock d’Outre-Manche et d’Outre-Atlantique a déferlé sur la France, les jeunes ont adopté leurs codes pour se différencier de leurs parents et s’approprier un univers qui rompt avec les codes sociaux habituels. Des groupes comme les Beatles, les Rolling Stones, les Doors ou les Clash, les Who ont révolutionné la musique et ont donné au Rock ses lettres de noblesse. Encore aujourd’hui les groupes de Rock disent être dans la continuité de ces artistes. Dans tous les cas ils s’en inspirent et arborent cet héritage comme un trésor. En Angleterre, des radios pirates diffusent le rock qui est considéré comme une musique de sauvage (voir Good Morning England). La France n’est pas en reste. Les Yéyés débarquent.

Ce courant musical est immortalisé par Jean Marie Perier et Salut les Copains. Les jeunes s’identifient à cette nouvelle vague d’artistes. Le cinéma est porteur aussi d’une nouvelle image. La Nouvelle vague incarnée par Truffaut, Godard, Agnès Warda, Rohmer donne un nouveau souffle au cinéma français. C’est l’époque où les Cahiers du Cinéma demeurent la référence en ce qui concerne l’actualité cinématographique. Cette revue a fait connaître Alfred Hichcock au grand public. Mais c’est aussi l’époque du Pop Art : Andy Wharol était d’ailleurs un visionnaire et annonçait déjà les dérives que nous allions connaitre avec des excès de la société de consommation et la volonté d’être sous les feux de la rampe (le quart d’heure de gloire wharolien).

La mini jupe apparait, les corps se dénudent peu à peu et les femmes revendiquent leurs libertés et leur féminité. Tout devient mini. C’est aussi la mode des Mini, des voitures décapotables américaines et le jeans est un accessoire de mode qui ne se démodera pas. Ce sont donc les jeunes et les femmes qui font les tendances. Les jeunes deviennent des acteurs incontournables de la société de consommation. Quant aux femmes, leurs conditions tendent à s’améliorer mais elles sont encore loin de l’émancipation totale. Des mauvaises langues diront que l’électroménager a transformé leur vie. Leurs vies ont été facilitées mais on est loin du partage des tâches ménagères et du partage de l’autorité parentale. Rappelons aussi que la pilule ne date que de 1975.

Au-delà de la révolution culturelle on peut aussi entrevoir une révolution politique. La décennie 1960 : l’affirmation des consciences politiques : les Sixties sont symbolisées par JFK et Martin Luther king aux Usa. En France à cette époque, nous nous trouvons encore au 19e siècle avec De Gaulle. Comme d’habitude l’impulsion vient d’Outre-Atlantique. JFK est le premier Président américain a être de confession catholique. Il est élu, il incarne l’American Dream. Mais comme d’autres grands hommes il fut assassiné. Près de 50 ans plus tard, Barack Obama fut le premier Président Noir à être élu et tout ça grâce au combat mené par  Martin Luther King qui l’a payé de sa vie. I have a dream : son rêve est en cours de réalisation même si ce combat de longue haleine est loin d’être terminé, la condition de la minorité noire s’est amélioré.

Aujourd’hui s’ils peuvent voter et être considérés comme des citoyens Américains comme les autres, ils font partie encore des plus pauvres. On ne peut donc plus réellement parler de ségrégation raciale mais plutôt de discrimination sociale et économique. Si Obama a pu accéder à la Maison Blanche, c’est grâce à l’oeuvre de Martin Luther King et de la reconnaissance des droits civiques aux noirs. Les consciences politiques ont commencé à s’affirmer. Les jeunes se sont engagés politiquement dans l’espoir d’un monde plus juste et plus pacifique. Par exemple, ils ont manifestés contre la guerre du Vietnam ou contre la guerre d’Algérie (enfin à l’époque on parlait des évènements d’ Algérie).

Simone de Beauvoir,  Jean Paul Sartre, Daniel Kohn Bendit ou encore Alain Krivine sont des figures incontournables de cette époque. A travers eux nous revivons l’effervescence de Mai 1968. Ce mouvement  qui a contraint la France a fonctionné au ralenti pendant plusieurs semaines. D’ailleurs lorsque des mouvements étudiants se mettent en place, les autorités craignent que ces mouvements ne prennent trop d’ampleur et ne contaminent toute la société. Ce mouvement a montré une génération combative qui savait ce qu’elle voulait et ne voulait pas. Mais ils ne se sont pas révoltés car ils ont pu le faire. A cette époque la crise économique inexistante n’a pas mis de freins à leurs ardeurs. De plus ce mouvement s’est déroulé dans un contexte international qui était ébranlé par d’autres mouvements du même acabit (Etats-Unis, Allemagne, Italie, Tchécoslovaquie…). Il n’est donc pas né de nulle part. Ce mouvement a d’ailleurs écorné l’image de De Gaulle qui ne s’en est jamais remis. Il a démissionné un an plus tard. Son départ marque la fin d’une époque.

Aujourd’hui les politiques parlent encore de mai 1968 soit pour se placer dans l’héritage soit pour le déboulonner ce qui prouve que cette époque demeure une référence. Les Trente Glorieuses (Jean Fourastié) : la décennie 1960  se trouve en plein dans les Trente Glorieuses. Cette période d’embellie économique en ferait rêver plus d’un aujourd’hui. Pas de chômage de masse, une croissance égale à 5% du PIB chaque année… Quoi de mieux pour booster un pays ? La morosité économique actuelle nous fait regretter cette période si florissante. Les ménages investissaient dans l’automobile, l’électroménager, achetaient une télévision et pour les plus chanceux profitaient de cette nouvelle manne pour partir en vacances. Les premiers supermarchés ouvraient leurs portes et la société de consommation battait son plein. Les premières publicités passaient sur les chaines hertziennes. La société française se capitalisait peu à peu et l’économie était porteuse d’un avenir radieux. Quand l’année 1969 a débuté, le vent de la révolution continuait de souffler.

L’année érotique porte donc bien son nom. Elle est incarnée par Serge Gainsbourg et Jane Birkin. Après BB, ce fut au tour de Jane Birkin de partager la vie de Serge Gainsbourg. Elle est devenue sa muse, son égérie. Leur duo “Je t’aime moi non plus” respire la sensualité et prouve que cette génération d’artistes n’a pas eu  peur de bousculer les tabous. Mais 1969 est aussi une année importante en ce qui concerne la conquête spaciale. Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont marché sur la Lune dans la nuit du 20 au 21 aout 1969. Ce fut un évènement planétaire, certains l’ont considéré comme le premier évènement mondialisé. La phrase à retenir est : “un petit pas pour l’homme mais un grand un pas pour l’humanité“.

C’est surtout l’année de Woodstock que personne n’a oublié et 4o ans plus tard nous en parlons toujours comme d’un événement majeur musical de cette décennie. Cette décennie s’est donc close dans une apothéose. Aujourd’hui, par différents biais chacun cherche à faire revivre cette époque si riche culturellement. 1960′s revival.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>