My Space

Debrief.

- De toute façon depuis que tu me connais t’écris moins bien.

Debrief.- De toute façon je ne noterai aucune remarque d’un mec qui ne peut plus bander.

- Ouais mais moi mes dialogues ils déchirent. Et j’embrasse comme un Dieu.

- Ouais mais moi j’ai des orgasmes. Et je suis une bombe.

Je ne sais pas quand j’aurai fini cette petite gueguerre avec ce mec, ces discussions qui ne vont nulle part et qui me bloquent mon envie d’écrire plus qu’autre chose. En fait, lui et moi on est comme des frères ennemis : on s’admire autant qu’on se déteste. On se désire autant qu’on se frustre. On se chamaille autant qu’on se flatte. C’est comme si on entretenait une sorte d’harmonie à semer le chaos entre nous. Alors je réponds :

- T’façon, tes arguments ils puent.

- Je pue peut-être mais TU m’as demandé mon avis, et quand je te réponds tu boudes comme une gamine qui n’a pas eu son jouet pour Noël. Je suis pas le vieux et gros mec dans son costume rouge qui vient pour t’apporter les cadeaux que tu as tant mérité pour avoir essayé de changer de style de texte. T’as essayé ? Bien. Mais t’as raté. Tu le dis toi même. Et quand je te dis que tu es sur la mauvaise voie tu te braques et tu me fais chier. Je vois pas pourquoi je t’aiderais.

Alors pourquoi il m’aiderait, hum, ça c’est une bonne question. Parce que j’ai un cul de rêve et que je dois être la seule fille de son entourage a avoir envie de lui sucer la queue ?

- Je ne t’ai pas demandé ton aide, je t’ai demandé ton avis. Et puis avec toi c’est toujours pareil. Je commence avec une idée précise en tête, presque le plan et juste une conclusion a trouver et quand je te demande ton point de vue tu détruis toutes mes idées et tu sèmes à la place des bribes de questionnements sans réponses qui ne me servent absolument à rien.

- Ça ne sert pas à rien

- Ça sert à que dalle. La masturbation mentale c’est du vent. La branlette intellectuelle c’est du pet de caniche : c’est silencieux, c’est sournois, ça schlingue et ça reste des jours sans pouvoir partir. Je viens te voir avec une idée d’article simple : si tout le monde est le blaireau de quelqu’un, il devrait aussi y avoir le blaireau de tout le monde, et toi tu t’offenses comme si je traitais tout à coup tout le monde de blaireau y compris toi, que je me place à un niveau supérieur du genre que putain j’suis trop une immunisée de la beaufitude et que je ne suis qu’une prétentieuse narcissique, c’est bon, là, arrête tes conneries, c’est qu’une idée jetée en l’air pour me faire écrire pas un manifeste sur un nouveau courant de pensée philosophique, pète un coup bordel !

- Comme le caniche ?

- Je situerais cette blague au même niveau que celle du pingouin qui respirait par son anus et qui finit par mourir parce qu’il s’assoit.

- Mes blagues sont au niveau de ta personnalité. Et de la mienne. Bordel, tu veux toujours avoir le dernier mot, hein ?

- Je veux. J’ai un esprit de contradiction qui se manifeste particulièrement quand tu t’opposes à mes idées géniales, mon intellect nettement supérieur à la moyenne, et ma modestie légendaire. Je persiste et je signe : le blaireau universel, c’est une idée qui déchire et qui devrait être creusée.

- Toute idée est bonne à développer et tous les textes sont bons si tu vas dans ce sens là. De toute façon tu as des lecteurs, tu sais, ceux qui disent que tu es d’une justesse impressionnante alors que ton texte est à chier parce que tu voulais juste changer de style et que tu t’es lamentablement plantée… Mes arguments puent peut être, mais tes derniers textes sur LR aussi.

Je réponds quoi à ça ? Je suis d’accord. J’aurai beau retourner le problème dans tous les sens que je serai d’accord. J’aimerais beaucoup avoir ce style là, celui qui pue la vinasse et la clope froide mais je suis une fille lisse et rangée qui n’est satisfaite de son texte que quand il est construit comme une rédaction d’élève de troisième : introduction, développement, conclusion. Je marche comme ça, j’y peux rien. Je reprends une gorgée de bière et commence à penser à ce que je vais lui répondre :

- Coup bas, coup bas, coup bas.

- La vérité blesse, petite, t’apprendras un jour de tes erreurs. Et puis t’as pas encore essayé la vinasse comme méthode à l’écriture spontanée.

- Alors là je t’arrête tout de suite. Je ne sais pas si je serais capable d’écrire ne serait-ce que trois lignes sous l’emprise de l’alcool qui t’empêche de bander. Après un joint, faut voir. Après des shots de tequila, là, c’est encore moins sûr.

- T’arrives bien à parler chinois bourrée !

- C’était en Chine. C’était un cas d’extrême urgence.

- Des potes qui veulent un macdo complètement déchirés à 2h30 du matin c’est une extrême urgence ?

Putain il est fort.

- Je m’en fous. Et je t’emmerde. J’ai bien le droit de vouloir écrire sobre un texte qui se veut puer la vinasse, non ? Je me branle pas sur tous mes textes de cul, merde !

- Mais tu ne sais écrire que ce que sur ce que tu connais. Tu parles de toi, tu as de la personnalité, et dans tes textes d’imagination tu ne l’utilises pas une seule seconde. Je dis juste que c’est dommage. Surtout qu’écrire avec trois verres de vin dans le bide te donnerait des pistes sur un style que tu ne maîtrises pas du tout.

C’est moi ou là, on a juste l’impression qu’il dit «écoute le maître, petite» ?

- Tu veux que je me situe dans l’idée du blaireau universel, là, de suite ? On ne me considère pas comme un blaireau, juste comme une putain de marginale. Un genre d’attardée sociale. Et si j’ai été beauf, on ne me l’a surement jamais fait comprendre.

- Tu vois, tu vois ? C’est pas de la prétention, ça ?

- Rien à foutre, c’est vrai. Et puis de toute façon tu t’acharnes à me dire que ce que je fais c’est de la merde. Tu m’as coupé toute envie d’écrire là dessus.

Toute envie d’écrire là dessus ouais. Mais aussi grave envie d’écrire un dialogue à la con. Donc, les débriefs d’articles, c’est ça : moi qui suis très rarement satisfaite de ce que je fais, des amis qui kiffent ou pas, et moi qui engueule tous ceux qui ne kiffent pas. Pour le coup, là, la pute, c’est moi.

(cc) sicoactiva

2 Responses to “Debrief.”

  • ça me rappelle des dialogues que j’ai eu avec un ex; pas du tout sur le même domaine, mais sur des réalisations perso tout de même; j’avoue, pas facile de démêler la critique constructive, de la remarque gratuite du mec qui se veut Pygmalion, mais qui ne veut pas qu’on devienne trop forte tout de suite non plus, donc avec la pointe de mauvaise fois que ça implique.

  • Et bah je sais pas si les remarques étaient constructives ou pas, moi j’ai juste, comment dire… Retranscrit. J’en avais marre des remarques dans la tronche et un petit article c’était ce qu’il y avait de mieux pour remettre les pendules à l’heure disons :D

Répondre à Gabrielle Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>