Histoires

Le jour où… je suis allée au hammam

Article sélectionné par Baby Haussmann lors de sa semaine de rédaction en chef

Sachant que la dernière fois c’était certes au même endroit mais il y a 569 ans, j’ai reconnu le patio à l’entrée avec ses petits arbres, ses petits couples, ses petites familles, ses petites chaises, ses petites marches, ses petits thés, ses petits gâteaux, et j’étais pas peu fière. Bref, pas de doute, on est à la Mosquée de Paris. Hammam, nous voilà (nous, c’est Lilou et moi).

Le jour où… je suis allée au hammamLa première question qui vient c’est “Mais pourquoi ne pas y être allées avant ?” Réponse : je sais pas. La deuxième question c’est “Mais pourquoi là maintenant aujourd’hui (c’était samedi, mais c’est pas grave, je t’excuse), hein ?” Ben pourquoi pas, quoi. La troisième c’est “Mais pourquoi avec Lilou ?” Là, je peux faire mieux mais c’est pas glorieux : parce qu’à 2h08, la veille, on s’est promis – après 14 Gentle Ben – d’y aller. Et comme on est des filles de parole, nous, et qu’on est vachement aventureuses, ben nous y sommes allées.

Patio franchi, panneau hammam à gauche vu (pas facile, alors je le dis), passage de porte accompli et là, d’un coup d’un seul, 47 nanas presque toutes nues. Des morceaux de bikinis de-ci de-là, des seins petits gros moyens en veux-tu en voilà, Lilou et moi toutes habillées, la bouche ouverte. Bonjour qu’on nous dit. Bonjour aussi. C’est la première fois ? Naannnnnnn. Vous voulez quoi ? Hammam. Hammam (oui, des fois on n’est pas absolument synchrone). Juste l’entrée ou des soins aussi ? La totale. Quelle “totale”, nous dit la perfide madame ? La petite totale, madame, sivouplaît.

Quelques dizaines d’euros plus tard, on a des tickets rouges et des tickets violets, des sachets de quelque chose, des noms posés à côté d’un numéro pour un massage plus tard et un doigt pointé vers l’autre bout de la salle. On a compris – on est brillantes – qu’il fallait traverser la salle. Toutes habillées. La honte. Ce que je ne comprends pas c’est que dans le cauchemar qu’on a toutes (et tous) fait, c’est quand on se retrouve à poil au milieu d’une foule de gens habillés et non l’inverse que c’est terrible. La sensation du péché, rien d’autre. Tête basse, lunettes de soleil vissées sur le nez, nez pointé vers les pieds, vie intérieure intense : penser à pas glisser penser à pas glisser (y a de l’eau partout), pitié seigneur, pitié je vous jure j’arrête les Gentle ben.

Traversée ok. Coup d’œil à gauche, coup d’œil à droite, c’est là, des casiers bleus genre piscine et des filles (mais là des toutes nues et des à moitié habillées). Trouve ta place et change toi. Pitié laissez-moi passer il fait 42°C et mon manteau en plus d’être beau il est hyper chaud. Maillot enfilé. “Wahou mais t’es blanche comme un cul.” Là, c’est Lilou qui parle. Bon on fait quoi ? On y va. Où ? Là-bas. Une porte, une salle, plus chaud, des filles assises un peu partout. Avec un seau. Mon filleul a le même, il a 4 ans. On traverse pleines d’assurance, tête haute, regard lointain, pas de seau, no way. On s’installe, on attend.

On regarde notre petit sachet. “Savon noir”. Ça doit servir plus tard. Coup d’œil à gauche, coup d’œil à droite : oh, une autre salle. Téméraires, on entre. Plus chaud, toujours plus chaud. Deux tables en plastique. Sur l’une d’elles, une fille se fait semble-t-il maltraiter par une dame qui a un petit gant. Gommage, me souffle Lilou qui a l’air d’en connaître un rayon. Ah. Oh une autre salle. 379 % d’humidité. Je vais mourir. Je marche courbée pour pouvoir respirer (la chaleur monte, c’est de la thermodynamique, mon papa est professeur de physique). Micro piscine en vue, je me jette dedans, elle est à 7 °C, c’est le choc thermique, je crie, je ressors, je m’assieds, pliée, Lilou trouve ça gé-ni-al, je souffre, je sue, mais j’ai l’impression d’expier alors c’est pas si mal. Une quantité d’eau énorme sort par tous mes pores, mes frisottis auraient des cordes vocales, ils hurleraient de bonheur, je me sens toute chose.

Gommage, à l’abordage. Attendre que les 7 filles devant nous se fasse (dé ?)gommer. Donner le ticket violet, sur le ventre, sur le dos, assise. Hop c’est fini. A la douche qu’elle me dit. J’obtempère. Douche. Retour à la case d’avant avant. Encore des seaux. Pia pia pia. Direction massage. Fait froid (29° C) mais cette fois y a des gens habillés qui ont l’air ridicules au milieu de nos bikinis, ha ha ha. Nous reste en tout trois tickets rouges et deux sachets de savon noir. Comme les filles qui massent versent des hectolitres d’huile sur les filles qui se font masser, je vois vraiment pas ce qu’on va faire du savon noir mais c’est pas grave, j’ai déjà l’impression d’être une nouvelle fille, d’entamer une nouvelle vie, je ne suis qu’amour. Quant au 3ème ticket rouge, c’était les thés, on le comprendra une fois dehors. C’est l’heure du massage, ticket rouge, vas-y que je te huile, vas-y que je te pétris, du doigt de pied au dernier cheveu, madame je vous aime, mademoiselle, c’est fini.

Résultats des courses : même si on a un peu échoué côté savon / seau / thé (au moins la prochaine fois on saura parce qu’entre temps on a googlé à mort), on est ressorties après trois heures et demie de bonheur la peau douce douce douce, du savon noir au fond du sac, des filles plein les yeux. Et malgré mon hétérosexualité assumée, je tiens à dire combien l’absence absolue d’un quelconque mâle à l’horizon fait du bien et combien ces filles toutes en seins (du 65 A au 135 G) et en fesses (du 30 au 112) sont belles belles belles.

Conclusion du jour : les rituels, ça rend belle, et vive le Gentle ben.

(cc) Niccolò Caranti

5 Responses to “Le jour où… je suis allée au hammam”

  • Je kiffe. A quand nous fait-on gagner un aprem au hammam chez les ladies, mais je vous le demande!

  • A quand un happening avec toutes les LR à la Mosquée de Paris, tu veux dire !

  • Pfouah devant jussieu! Petits gateaux :3 Ce serait trop bieeeen!

  • En effet, c’est une parenthèse de bonheur le hammam de cette mosquée, ça me rend poète !
    Par contre, pour avoir tout essayé la-bas, je vous déconseille juste les épilations si vous êtes un peu douillettes, moi et mon maillot, on a failli y rester …
    Sinon les gommages sont très efficaces, on a l’impression d’être propre même de l’intérieur ! et ce que j’adore, l’odeur d’eucalyptus qui reste sur la peau après le massage …

  • Ah… Le hammam de la Mosquée de Paris… Je m’y prépare avant toute nuit galante. C’est le festival du nichon, mais cela reste tout de même un vrai bonheur…

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