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Babylon Babies – Maurice G. Dantec

Faut-il qu’ils soient forts hein… Entre les chroniques SF de Clément et la rétrospective sur Maurice G. Dantec de Silphi, j’ai craqué et j’ai commencé Babylon Babies, malgré le souvenir atroce que je gardais en tête de son adaptation ciné par Mathieu Kassovitz.

Babylon Babies – Maurice G. DantecToorop, mercenaire occidental ayant opéré un peu dans toutes les guerres que le monde de cette année 2013 ait connu, expert ès stratégie militaire, négociations en tous genres et port d’armes, est chargé par la mafia sibérienne de transférer au Canada un nouveau genre de marchandise : une jeune femme schizophrène, Marie Zorn, dont personne ne sait ce qu’elle transporte.

Chargé de son transfert et de sa protection, Toorop va rapidement comprendre que Marie Zorn est la mère porteuse de jumelles génétiquement modifiées constituant le nouveau stade de l’évolution de la race humaine.

Il m’a été très difficile d’aborder ce livre foutrement riche et détaillé sans garder en tête l’image de Vin Diesel en Toorop et de Mélanie Thierry en Marie Zorn. Oui, le film a fait des dégâts. Surtout que les descriptions très précises de ces deux personnages (et des autres) ne correspondent pas aux choix faits par Kassovitz. Bref, les 100 premières pages du roman m’ont surtout servi à oublier le film. Une fois ça fait, j’ai pu apprécier.

C’est mon premier Dantec et vous savez que je ne suis pas une fan de SF. J’avoue par contre avoir été séduite par la richesse, les détails et la verve de l’auteur, là où je pensais plutôt trouver ça abrupt et poussif. Certains trouveront d’ailleurs Dantec trop précis et/ou trop allumé, ce qu’il est, clairement, les descriptions de l’être machine Joe-Jane sont lunaires, par exemple.

Mais on accroche assez vite à ce style, à ce rythme effréné et surtout aux personnages. Toorop en mercenaire vétéran de guerre, abîmé intérieurement autant qu’extérieurement, Marie en schizophrène animal de laboratoire, Romaneko, Grosky, Newton, tous ont une vraie présence, une vraie aura (et heureusement car je n’aurais pas pu continuer si Dantec ne m’avait pas fait oublier Kassovitz). Même si finalement le style, la richesse du vocabulaire et la complexité des phrases ne sont pas évidentes à suivre sur l’ensemble du roman, Babylon Babies m’a soufflée.

Bref une vraie découverte, une vraie surprise pour moi qui n’aime pas ce genre, merci à mes deux chroniqueurs préférés !

Babylon Babies, Maurice G. Dantec
Paru le 12 mars 1999 chez Gallimard.

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