Histoires

Vis ma vie sur L.R.

[Chaque semaine, découvrez les coulisses de Ladies Room où un membre du magazine nous raconte ses coulisses jour par jour, tout au long de la semaine. Pour cette nouvelle édition, c’est l'inénarrable wannagetafly qui nous raconte son quotidien…]

Vis ma vie sur L.R.Il y a quelques jours, j’ai fait pipi dans ma culotte. Non, je n’ai pas fêté mes 84 ans en oubliant de mettre ma couche anti-fuite, j’ai juste reçu un mail de cilule, dans lequel elle me demandait si je voulais bien raconter ma vie à Ladies Room. Bien que surexcitée, et à moitié assommée suite à un salto arrière de joie mal réceptionné, j’ai hésité. En effet, dans ma vie, il ne se passe rien. Je passe mes journées à essayer de ronger mes ongles de pieds en critiquant tout ce qui bouge. Je crois que je vais dire non. Puis d’un coup, je me souviens : cette semaine, je déménage (apparemment, c’est la saison, MelleC elle aussi a fait des cartons).

Cette semaine, dans ma vie, il va se passer des choses. J’ai l’impression d’être hype, alors je dis oui.

Ça commence bien. Vendredi, j’en branle pas une. Je zone sur la toile, telle une âme en peine, je cancane sur Facebook. Ah tiens, on a taggé une photo de moi ou j’ai 4 ans et ou je me cure le nez. Je décide l’aller bruler la voiture de la mécréante qui a osé porter préjudice à mon intégrité physique de la sorte. Bon, ok, c’est ma mère, mais ce n’est en aucun cas une excuse. Je suis une Drama Queen. Et c’est pas MelleC qui dira le contraire (on est hyper connectées toutes les deux cette semaine, non ?).

Samedi, par contre, j’ai des trucs à faire. Je dois retrousser mes manches : je prépare mon déménagement. Je fais des cartons, je trie des fringues, je jette ma casserole 20 minutes avant la pause déjeuner. Me voilà bien dépitée : j’ai rien pour manger. J’aurais du penser à prendre mon bento, ça m’aurait évité de sortir m’acheter une soupe aux crevettes froide et même pas bonne et me rendre compte que l’électricité avait été coupée dans tout l’immeuble pendant mon absence. Super. Puisque c’est comme ça, je rentre dans la city of mine, un jour de grève SNCF. Je voyage dans le porte-bagage d’un TGV surbondé.

Dimanche, c’est l’anniversaire de ma belle mère. Je mets ma plus belle robe (c’est toujours très utile d’avoir sa belle mère dans sa poche, et rien de tel qu’une belle robe de première communiante pour ça). Je l’ai tellement bien dans la poche que belle maman n’arrête pas de me demander quand est-ce que je vais lui faire un petit fils. Quand je me tourne vers chéri, les yeux pleins de points d’interrogation, il se contente de hausser les épaules et de dire à sa mère que de toutes façons, il sait même pas comment on les fait. Chéri est le roi de la poésie et du romantisme. Je suis une petite veinarde. Je dis rien mais j’en pense pas moins, chéri va m’aider à finir mon déménagement demain. Autant l’avoir dans la poche lui aussi. Je me sens comme un marsupial. A défaut d’être une couguar, je suis un kangourou.

Le lundi, il est beaucoup trop tôt, chéri et moi avons les yeux encore tout collés par des cacas de sommeil, et nos cerveaux marchent encore au ralenti (quand le réveil a sonné, j’ai dit « bonjour madame » à ma moitié). Magadit sait très bien de quoi je parle, apparemment, ça lui est déjà arrivé d’avoir le bulbe cérébral en diagonale.  Malgré tout, on est déjà au guichet de chez Hertz, pour récupérer le trop gros camion dans lequel je vais charger mon barda. Et c’est ainsi que nous nous en allons vers de nouvelles aventures à base de machine à laver trop lourde, de cartons de vaisselle qui s’éventrent, de torticolis, de PV pour stationnement gênant (non mais tu l’as pas vu le petit mot en forme d’appel à l’indulgence que j’ai mis sur le pare brise du camion ?), d’ongles cassés, de sacs de fringues bien trop nombreux, de meubles qui refusent de se laisser démonter. C’est épuisant. Enfin surtout pour chéri et son ami venu nous donner un coup de main, puisque moi, je me contente de donner des ordres en râlant et en me plaignant. Enfin l’appart’ est vide. Enfin, chéri et moi allons pouvoir nous chercher un nid pour deux. Enfin, dans un mois, l’opération déménagement va pouvoir recommencer mais en sens inverse. Je palpite, je me sens mal, je crains de défaillir. Heureusement, le très bel et très émouvant article de Cinabre me remet les idées en place et me permet de relativiser.

Mardi, je vais bosser. Parfois ça m’arrive. Je regarde les clients défiler sous mes yeux ébahis. Des H, des A, des Y, et même un W. Tous sappés comme des as de pics. Nan mais ma chériiiiiiiiiiiiiiie, tou n’as aucun staïïïïïïle, ça n’est plous possible ça ! Ma responsable est outrée. Elle me somme de rentrer chez moi à coups de pieds aux fesses. Mais qu’est ce qui te prend de parler comme ça avec ce mauvais accent de transsexuel brésilien hystérique ? Rien, j’ai juste envie d’aller à la FNAC acheter le nouveau bouquin de Cristina Cordula (certes, pour le brûler en espérant que ça puisse par la même occasion brûler le directeur des programmes de la 6), mais Storia et Aud m’ont donné super envie. Comme la 6 m’énerve, je regarde Canal. Mais apparemment, ça énerve aussi. De toute manière, je suis crevée, je vais me coucher.

Mercredi, il fait beau. Très beau. C’est le printemps, je l’ai déjà dit. Je ressors enfin mon énôôôrme paire de lunettes, et je mets un teeshirt au décolleté improbable. Pile poil sous le zénith. Je suis ravie, je peux enfin faire ma photosynthèse. Le soleil me chauffe le bout du nez, je me sens incroyablement bien. Et je m’endors. Quand je me réveille, la bave aux lèvres, j’ai le feu aux joues. Et sur la poitrine aussi. Toute fière, je décide d’aller exhiber mon bronzage couleur tomate cerise en terrasse. Je fête mon futur nez qui pèle à grand renfort de vin blanc tiède, de rosé frelaté et de bière sans bulle. Même pas mal, je me dis en me dandinant tant bien que mal jusqu’à chez moi, à une heure où les jeunes filles bien sous tout rapport dorment déjà depuis belle lurette. Étrangement, je dors comme un bébé. C’est peut être parce que j’ai raté la nouvelle star.

Jeudi : on me martèle le cerveau à coup de pioche brûlante. Ah non, c’est juste le réveil. Et la délicieuse sensation autour de ma boite crânienne c’est juste les effets combinés de la gueule de bois  et du coup de soleil. Je me rappelle vaguement que j’avais un truc à faire ce matin. Un truc en rapport avec mon ordinateur.

J’ouvre mon agenda : ah oui, aujourd’hui, il y a écrit LR en gros, gras, et souligné trois fois. C’est donc armée d’un litre d’aspirine que je me mets à mon clavier pour raconter ma vie à une pièce remplie de meufs. Ceci dit, le pense ne pas m’en être trop mal tirée. Non ?

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3 Responses to “Vis ma vie sur L.R.”

  • J’ai envie de te dire bravo. Bon beh je te le dis alors: BRAVO! Parce que, effectivement, tu t’en es très bien tirée avec un “coup de soleil rotatif / demi-cuite”. Je me lance un défi: écrire aussi bien et aussi drôlement après avoir bu de la bière trop chaude sans bulle aucune. Ne dis pas qu’il ne se passe rien dans ta vie malheureuse!! Tu es quand même un kangourou semi-bourré qui déménage en commandant, fête l’anniversaire de la future grand-mère de tes enfants, qui va travailler travestissement accentuée et peut bronzer en toute circonstance. Je réitère du coup mes “clapements” de mains!

  • La mode est lancée :) bon courage hein, c’est pas de la tarte !

  • Moi je dis un grand Bravo, ma chère, vous avez été parfaite dans votre mission ! Et je compatis à votre douleur, je suis moi-même en pleine période de déménagement :)

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