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La Sexualité féminine : nouveau Business ? Mes fesses valent plus que ça !

C’est mon petit coup de gueule, j’en fais rarement, étant plutôt d’un naturel optimiste et positif ! Nous le savons toutes et tous, nous sommes en train de vivre depuis quelques années déjà, une nouvelle forme de libération sexuelle.

La Sexualité féminine : nouveau Business ? Mes fesses valent plus que ça !Fin des années 60, début des années 70, les femmes voulaient pouvoir avoir des rapports sexuels “libres” et sans contrainte. De là, sont nés la pilule et le droit à l’avortement. Déjà, nos mères luttaient pour le droit de jouir librement.

Aujourd’hui et ce depuis quelques années, le combat semble avoir repris mais en changeant de ton : “On veut jouir, mais on veut jouir mieux et librement”. Pourquoi ? Je n’ai aucune réponse précise :

- Le communautarisme trop pesant notamment dans les banlieues. “Ni Putes, ni soumises” n’est pas aussi actif sans raison.

-Le climat politique : il est sans conteste que nous régressons et qu’il est fort à parier que nous nous engageons un peu trop dans la voie de la répression. Il est inutile de préciser qu’il a été voté il y a quelques années plusieurs textes visant la condamnation des clients de prostituées et le racolage passif. Ce n’est qu’un exemple.

Une vision de la société française qui est en train de devenir trop conservatrice. On a beau se battre contre tous les diktats sociaux, nous n’en restons pas moins des individus, chacun avec son histoire, son vécu, ses origines, notre mémoire collective… etc. Il est très difficile de se débarrasser de ce genre de carcans.

Je pourrais continuer la liste longtemps. Bref tout ça pour en arriver à l’explosion médiatique de la sexualité féminine. On veut jouir ! On veut des conseils, on veut le meilleur orgasme, on veut des sextoys, on veut se masturber, on veut que nos partenaires nous fassent jouir, on veut être sexy ou pas, on veut adopter notre style sans se faire insulter dans la rue (“Oh t’as vu, elle est habillée comme un sac, on dirait un mec”ou encore “- Hey ! pssssttt Mad’moizel, tu veux me sucer la b… ? – Non ! – Sal… va ! t’as vu comment t’es habillée avec ta jupe ras-la-moule et tu crois que je vais te respecter ? – Et moi j’t'em…” etc…)

Les sexshops rose bonbon qui sentent la vanille voient le jour un peu partout (essaie de trouver des DVDs de Hentaï ou des Gonzos là-dedans, si tu trouves, je te donne tous mes porn-bookmarks – des années de masturbation sur le net, un vrai cadeau).

Des bouquins rigolos sur le “cul”, pour les filles,  remplissent le coin “Bien être et sexualité” des Fnac, Virgin & co.

De nouveaux sextoys – qu’on sait même pas comment ça marche tellement c’est design – de plus en plus chers remplissent nos cachettes secrètes (sous le matelas, boite à chaussures, tiroir secret dans l’armoire, canard posé dans la salle de bain…).

Alors moi aussi, sous prétexte que je suis une femme libérée, je me suis faite avoir.

J’ai acheté des tonnes de bouquins sur le sexe, la sexualité… au féminin (j’ai pas encore fini de lire mes piles et ça fait deux ans que ça dure) dont la plupart sont un ramassis de conneries ou une tonne de trucs que l’on savait déjà (“Pour avoir un orgasme, il faut apprendre à connaître son corps”, “Pour que chéri(e) – bibi vous fasse jouir, il faut l’aiguiller, lui dire ce qui vous plait…”- merci du conseil, on s’en serait pas douté – et ce genre de conseils peut coûter de 15 à 50 euros). Le pire c’est que je continue à en acheter, parce que je ne désespère pas qu’un jour, sortira une perle sur le sujet.

J’ai acheté et je continue à acheter des sextoys. Je suis une boulimique de sensations, je veux tout tester, tout voir. Alors là, comme on nous prend pour des nouilles incapables de sortir de l’enfance – la faute à la culture manga kawaï ça ? A quand la collection Hello Kitty Sodomy ? (sodomy avec un “y” parce que c’est plus cute tu vois !) – on nous a sorti le fameux petit canard.

Je suis désolée, mais je n’ai aucune envie d’infantiliser ma sexualité et je ne suis pas zoophile donc exit le petit canard, il ne m’excite pas du tout ! D’ailleurs, pour la plupart de celles qui ont le petit canard, il siège en déco quelque part. Elles n’osent même pas l’utiliser. En plus c’était un cadeau de mauvais goût des copines parce qu’on est la coincée du groupe ou alors c’était un cadeau d’enterrement de vie de jeune fille, parce qu’avec le temps, le mariage ça use la libido alors autant avoir une bouée de sauvetage.

Bref, après quoi, on a toute sorte d’objets design destinés à nous emporter jusqu’au :

- 7ème ciel (pénétration simple ou simple stimulation clitoridienne),
- voire au 8ème (pour la double pénétration ou simple pénétration + stimulation clitoridienne)
- ou même au 9ème (double pénétration + stimulation clitoridienne),
- pour le 10ème ciel (double pénétration + stimulation clitoridienne qui me touche les seins en même temps) : mince, ça existe pas en sextoy.

Ces objets ont des lignes superbes et modernes et des textures douces et agréables, coûtent un prix exorbitant, on ne sait pas comment s’en servir (bon ça, ça va, il y a toujours la notice en allemand ou le vendeur(se)) et en plus ne sont pas efficaces et manquent d’ergonomie.

Prenons le”Delight” de Fun Factory qui est censé être un des sextoys les plus ergonomiques, dont j’ai fait l’acquisition il y a un mois. Un couplé parfait : stimulation clitoridienne avec multiples vitesses et programmes en plus d’une pénétration vaginale ciblée au niveau du point G, rechargeable sur secteur. Et ben je te donne dans le (cul) mille : 130 euros pour apprendre que Fun Factory ne sait pas que le clitoris n’est pas à l’entrée du vagin, mais quelques centimètres au-dessus. J’ai du mal à digérer les “Super méga génial” dans les commentaires sur ce sextoy.

Alors soit j’ai le clitoris qui n’est pas placé comme tout le monde, ce dont je doute car le rabbit me réussit très bien – comme beaucoup d’entre nous, soit celles qui font les commentaires ne savent pas ce qu’est un orgasme et ont juste une sensation de plaisir (ce que je ne nie pas), soit elles sont d’une parfaite mauvaise foi et n’assument pas le fait d’avoir dépensé autant d’argent dans un sextoy. Et qu’on ne me dise pas que je ne sais pas m’en servir, les schémas de la notice et conseils de la vendeuse ont été suffisants pour comprendre rapidement le fonctionnement. Résultat “Delight” prend la poussière et j’ai repris mon vieux rabbit qui m’a coûté 39 euros en solde sur internet !

A qui profite le développement de la sexualité féminine ? Aux femmes ou aux pornocrates ? J’aime bien la sodomie, mais seulement quand je le décide.

(cc)  frielp

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