Coeur

Avignon : City of mine

Je suis née en Alsace, j’y ai passé 18 ans. C’est chez moi. Je vis à Paris depuis plus de cinq ans. Avec le temps, c’est devenu chez moi. Et pourtant, j’appartiens à une autre ville. Avignon.

Avignon : City of minePeut-être avez-vous déjà ressenti cela. Vous arrivez dans une ville pour la première fois et l’évidence vous frappe. Vous vous sentez tout de suite chez vous. Rien ne vous lie, à priori à cet endroit et pourtant… Vous savez que vous lui appartenez, qu’il vous appartient.

C’est ce qui s’est passé pour moi avec Avignon. Ma première fois, c’était en 2002. Un été magique. Et puis j’y suis retournée, quatre années consécutives. A chaque retour entre ses murs, la même sensation d’apaisement m’envahissait.

Je n’ai jamais réussi à expliquer rationnellement ce sentiment. Ça a été comme un coup de foudre amoureux.

Lorsque je suis arrivée à Paris, c’est exactement le contraire qui s’est produit. Je me suis sentie rejetée par cette immensité qui ne voulait pas de moi, ou pire, voulait me détruire. J’en avais pourtant longtemps rêvé, de cette ville lumière. Au fil du temps, j’ai apprivoisé la bête. On s’est habitué l’une à l’autre. Notre relation est presque harmonieuse maintenant.

Mais je n’ai jamais oublié Avignon. Pendant presque cinq ans, la vie m’en a tenue éloignée. Avant de m’y ramener il y a peu. Lorsque j’ai repassé, pour la première fois, l’une des portes pour entrer dans la ville, j’ai à nouveau été envahie par cette vague de chaleur. J’étais de retour chez moi. Tout avait changé. La ville, moi, ma vie. Et pourtant, tout était pareil.

Avignon, c’est comme un vieil amour dont on refuse de faire le deuil. C’est aussi, à chaque retour, un nouvel amour qui naît. C’est mon ami, mon amant secret. C’est mon coin de quiétude rien qu’à moi.

Je n’ai pas la voix d’Alicia, ni le flow de Jay-Z lorsqu’ils déclarent leur amour à New-York… Mais c’était bien l’idée…

(cc) occhichiusi

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6 Responses to “Avignon : City of mine”

  • C’est ouf, je sens la même chose que toi avec cette ville. Et j’y vis depuis 2005. J’ai essayé de me désintoxiquer en déménageant à Marseille… mais ça a eu l’effet inverse!

  • C’est drôle, en effet…
    Ma meilleure amie a ressenti la même chose également, et elle a choisi d’y vivre, elle aussi!

  • Un très bel article. J’avoue comprendre exactement ce dont tu parles même si, aussi incroyable que cela puisse paraître, je ressens cette émotion avec Paris :)
    ça me rappelle d’ailleurs un article que j’avais écrit sur Paris, il y a quelques mois :)

  • Je suis comme Loou, ma vie est à Paris. J’aime Paris plus que tout au monde.
    J’ai cru avoir cet engouement pour Avignon. Je suis même partie y habiter pendant 7 ans, ce qui a provoqué un réel déchirement dès que j’ai quitté la capitale et que je voyais Paris dans les médias (obligée de zapper à la télé, impossible de regarder plus de 5 secondes une photo de paris – même si c’était une photo de poubelle, boule au ventre…).
    Aujourd’hui, je dirai Avignon c’est bien mais de loin et surtout pas pour y vivre.

  • Je suis comme loou et pheno, et comme toi aussi CécileG car je viens d’Alsace. Quand je suis arrivé à Paris la première fois pour du boulot je me suis dit : “Cette ville est pour moi!”

    J’adore voyager et m’installer dans d’autres pays mais c’est vrai que n’importe quelle image de Paris me fout les boules et me donne une irrépréssible envie d’y retourner dare dare!

    Paris, I Love You !! ^__^

  • Moi aussi, j’adore Paris, aujourd’hui.
    Avec Avignon, ça a été instantanné… Mais c’est comme un vieux fantasme. Si je partais y vivre, je ne ressentirais surement plus la même chose… Et Paris me manquerait!

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