Humeurs

La traitrise de l’étagère.

Avec des si on refait le monde. Avec des si, j’aurais pu sauver mon rétroviseur qui s’est mangé un poteau parce que je me disais “ça passe”. Probablement que des filles ont eu en tête un familier “si j’avais su” lorsqu’elle ont vu le résultat, dans le miroir, d’une frange qui ne ressemble pas à celle de Rihanna. Ce “si” a d’ailleurs une mention spéciale puisqu’il s’accompagne toujours d’un “pourtant” (“Pourtant la coiffeuse me disait que ça rendait bien sur moi !”). Bref, du conditionnel, des suppositions, des prévisions qui pourraient nous faire gagner au loto en veux-tu, en voilà.

La traitrise de l’étagère.Mais des “si” il en existe des bien sympa quand même. Comme dans le “si les murs avaient des oreilles” qui marche aussi avec les oreilles de la machine à laver, ou celles de la porte. Ces p’tites bêtes là en aurait de ces choses à raconter si elles avaient une bouche. En fait elles parlent mais nous, pauvres mortelles, on ne peut pas les entendre parler, et parfois heureusement.

Quand j’étais petite, j’aimais à croire que les objets de ma chambre, peluches, bibelots, poupées… s’animaient en mon absence. A la seule différence que quand t’as 5 ans, les dialogues, c’est pas orienté pareil. Je m’aperçois que je suis sérieusement atteinte rien qu’à l’idée d’imaginer le dialogue qui suit. Je ne suis pas folle vous savez ! Arf, m’en fous, la thérapie commencera bien un jour où l’autre.

Mise en situation.
Vous partez bosser, et là, vos murs, portes et autres étagères se mettent à papoter en mode je-suis-une-langue-de-pute-et-je-t’emmerde (Pour des raisons d’anonymat, les noms de famille ont été cachés).

Patrick P., le mur : Nan mais t’as vu comment elle s’est jetée sur toi l’autre soir ? Mais quelle trainée celle là.

Gertrude B., la porte : Oui oui, je sais. Son rencart était quand même assez passionné. S’il l’avait pas plaquée contre Micheline après, j’aurais pu lui filer de bonnes marques dans le dos tiens. Je suis délaissé.

Micheline R., l’étagère : Nan mais t’as pas fini de te plaindre ? Toi au moins t’as pu voir quelque chose ! Moi non seulement je n’ai rien vu car je me suis tapé un pauvre soutien gorge et un boxer sur les yeux mais en plus, désolée d’ailleurs, je te suis rentrée dedans pendant 20 minutes ! Je suis toute bancale là, MERDE !

Ramone .C, la cheminée : Ma yé né vou inquitez pas ma Micheline. Yé pense qué yé vous ai bien vengé. Madame doit avoir mal aux côtes vou lé nombre de fois ou elle à tapé dédans mon bord en marbre hehe.

Robert Le parquet : Yeah mon pote. Moi aussi j’ai laissé mon empreinte. SUR LES DEUX ! Les genoux de Don Juan, et après le dos de son casse dalle. Et puis p’tet les chevilles aussi, dans l’action me souviens plus.

Micheline R., l’étagère : Si j’étais à sa place, je tenterais la salle de bain la prochaine fois. Ma cousine aimerait bien lui laisser la marque de son bouton “essorage” sur la joue.

Le voile sur ce qui se passe réellement quand on quitte son appart’ est levé. Oui, la réalité est dure. Ceux que tu croyais être tes amis, qui ont accepté de porter le poster de Johnny Deep époque 21 Jump Street, tes livres bibliothèque rose ET bleue, crient stop et se vengent à leur manière en te faisant des blessures de guerre ! Et encore je n’ai pas parlé de la cuisine (la gazinière c’est vraiment une garce).

On savait que les voisins avaient des oreilles, parfois, au doux son de sa voisine du dessous qui tapait avec son balais à son plafond. On sait aujourd’hui, de source sûre, que les murs aussi en ont. Il ne leur manque vraiment que la parole… ou pas.

(cc) Alex Dram

3 Responses to “La traitrise de l’étagère.”

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