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Un mur à Berlin de Patrick Rotman

On pourrait croire à un énième documentaire sur le Mur de Berlin. Vous n’avez pas pu échapper à la commémoration du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Ce n’est pas du tout le cas.  Pour comprendre la chute du Mur de Berlin il faut remonter à la fin de la seconde guerre mondiale selon Patrick Rotman. 

Un mur à Berlin de Patrick RotmanRappelez-vous de vos cours d’histoire de lycée. Après la seconde guerre mondiale des conférences se sont succédées pour décider de l’avenir du monde. C’est à celle de Postdam que l’avenir de Berlin est scellé. On y a décidé la partition de la ville entre les alliés. Dès lors Berlin est devenue un enjeu et un symbole de la guerre froide. Dès 1949 la partition de l’Allemagne est effective. Berlin semble le point névralgique de l’opposition est/ouest. Jusqu’à l’érection du Mur de la Honte on se tournait vers Berlin vous savoir où en était les les tensions. Tout le monde craignait une troisième guerre  mondiale mais il n’en fut rien. L’équilibre de la terreur régit les relations est-ouest durant cette période avec des relents de tensions de temps à autre.

Comment une ville telle que Berlin a pu concentrer tant de division et être l’un des points culminants des oppositions du bloc communiste et du bloc mené par les américains ?

Deux conceptions s’entrechoquent. Le monde capitaliste et le monde communiste. L’une défend les libertés fondamentales et a accepté l’aide proposée par le Plan Marchal, l’autre est dirigée d’une main de fer et repose sur une dépendance à  Moscou. Berlin Ouest vit à l’heure américaine tandis que Berlin vit à l’heure moscovite. Des milliers d’allemands de l’est fuient à l’ouest. Pour stopper cette hémorragie, le gouvernement d’Allemagne de l’est a décidé d’ériger ce Mur de la Honte. Berlin ouest demeure une enclave occidentale entourée par une domination communiste.

Néanmoins personne ne semble s’émouvoir de ce Mur qui sépare deux mondes. Des familles entières furent divisées. Des images d’archives couplées à des témoignages attestent de l’atmosphère particulière de Berlin. Pendant les années cinquante-soixante Berlin Ouest a été boosté par la reconstruction, pendant que Berlin commençait à se délabrer.

Comme si les deux parties de cette ville ne faisaient pas partie du même territoire. D’ailleurs jusqu’au dernier moment, Berlin est restée attaché à des théories politiques vieilles qui ne rendaient pas compte d’un monde qui change. Comme si Berlin était plus communiste que Moscou, ce qui parait aberrant en y réfléchissant. Berlin est resté pratiquement statique alors que la ville vivait une époque douce où il redécouvrait les libertés.

Willy Brant est un homme politique emblématique de cette période. D’abors il est agenouillé devant le momument aux morts de Varsovie.  Mais il est aussi l’instigateur d’un réchauffement des relations est-ouest.  Il met en place une politique d’ouverture vers l’est(l’ost politik). Il représente un certain progrès et montre que l’est et l’ouest peuvent discuter et se rapprocher alors que leurs visions politiques divergeantes. Mais cette période propice ne dure pa éternellemnt.

Le Mur est le symbole de deux monde qui s’affrontent. Les gens tentant de fuir étaient arrêtés voire tués. Autour du Mur, un No Man’s Land s’étendait. On pourrait dire du Mur de la Honte qu’il était aussi le mur de la Mort. Il était gardé par des officiers zélés qui osaient tirer sur celui qui tentait malgré tous les obstacles de franchir ce mur. Check point Charly en est l’exemple. Lieu de passage obligatoire pour ceux qui souhaitent passer de l’est à l’ouest ou inversement. Certains essayaient par tous les moyens de passer à l’ouest (par les égouts ou des souterrains) mais réussir cet exploit à quel prix ?

Passer à l’ouest recouvrait un espoir de liberté pour échapper à l’austérité de l’est. D’autres sont restés et ont vécu tant bien que mal ces années de pouvoir autoritaire. Certains ont collaboré avec la Stasi sans gêne mais avait-il le choix ? Difficile à dire… Dans ce même cas, que ferions-nous ? Dénoncerions-nous nos voisins ? Personne ne peut vraiment le savoir.

Gorbatchev est lui le le symbole d’un changement à l’est que n’a pas saisi Erick Honneker. En voulant ouvrir son régime, il l’a conduit à sa perte. Il fut d’ailleurs adulé par des milliers d’allemands de l’est qui ont vu en lui un libérateur.  Réformer le système communiste par la Perstroike ou la glastnost donna un élan, et considéra à tous ceux qui contestaient l’union soviétique et son mode de gouvernance.

Le plus étonnant aujourd’hui, c’est de voir l’immense soulagement et la joie illimitée qu’ont suscité l’ouverture des premières du Mur de Berlin. Personne ne croyait en la chute du Mur de Berlin. C’est pourquoi des millions de Berlinois se sont précipités pour franchir ce Mur et se rendre compte par eux-mêmes que cet évènement changerait à jamais le monde.

Ce documentaire est très pédagogique et permet de remettre le Mur de Berlin dans un contexte global.  On ne peut pas comprendre l’histoire de Berlin si on ne prend pas compte de la guerre froide. Tous les événements semblent nous ramenés à Berlin. Patrick Rotmann est un historien qui a étudié très largement le vingtième siècle. Il avait aussi réalisé un documentaire très intéressant sur l’année 1968. On n’a pas fini d’entendre parler de la chute du mur de Berlin.

(cc)  inesbexiga

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