Histoires

La vida Loca

Ndlr : article choisi par Magadit durant la semaine de rédaction en chef   

Ce documentaire présente l’univers impitoyable des maras, gangs nés dans les quartiers populaires de Los Angeles qui se sont exportés au Salvador. Le Salvador est un pays pauvre d’Amérique centrale tout comme le Honduras. De nombreux Salvadoriens avaient fui la guerre civile il y a vingts ans. Mais en 1996, une loi américaine renvoie tous les Salvadoriens dans leur pays. Était-ce un moyen de se débarrasser des gangs ?

La vida LocaL’intrigue se situe dans les bidonvilles de El Salvador, capitale du Salvador. Tout n’est que pauvreté et misère. La guerre de gangs gangrène la jeunesse qui, par faute de mieux, se trouve embarquer dans les Maras. Ils se donnent tout entier au gang. Il vivent pour et par le gang. Christian Poveda a pu pénétrer cet univers impitoyable. Pendant un an et demi, il a suivi le quotidien des jeunes de la maras 18. Mais il n’a pas fait que filmer : en effet, il a convaincu certains membres du gangs de se réinsérer par le travail. Ainsi, ils ont mis en place une boulangerie coopérative.

L’initiative semble porter ses fruits. Bien sûr, la guerre des gangs continuent à ravager les rues de San Salvador et d’ôter la vie à de jeunes gens. Cette expérience montre bien que ces jeunes rentrent dans un gang comme dans une religion car ils n’ont pas le choix. Ce sont des enfants des rues qui ont quitté très tôt le système scolaire et qui intègrent des gangs faute de mieux. Comme ils le disent si bien : ils n’ont aucun avenir. La seule issue de leur vie c’est la mort.

Ils portent les stigmates du gang. Ils sont tatoués de la tête aux pieds et tuent tous ceux qui se mettent sur leur passage. Dans ce monde sanglant sans foi ni loi, la fraternité prouve qu’ils ont un fond d’humanité. Ils pleurent leur frère morts pour le gang. Mais ils n’oublient jamais leur but : régner sur leur quartier, leur zone d’influence. La misère sociale s’empare d’eux, certains finissent en prison sans se rendre compte de la gravité de la situation. Quand ils sortent, ils recommencent. Tel un cercle vicieux. Personne ne semble apte à régler le problème en proposant des solutions concrètes.

Les autorités tentent d’éradiquer les gangs. Mais elles ne leur proposent aucune réinsertion. Elle ne protège pas non plus les jeunes pour qu’ils évitent de se retrouver dans des gangs. La répression existe, c’est normal. Mais il faudrait leur apporter des moyens pour qu’ils trouvent un avenir loin de cette violence. Évidemment cela semble impossible.

Christian Poveda s’est passionné pour ce pays. Depuis qu’il est venu photographier la guerre civile, il ne l’a pas quittée. Soucieux d’améliorer le quotidien de ces jeunes dépourvus d’avenir, il a décidé de s’immiscer dans le gang pour mieux les comprendre et les apprivoiser. Son initiative si elle a fait des heureux, lui a peut-être aussi coûté la vie. Il s’est fait tuer de sang froid au début du mois de septembre. Certains ne devaient pas trop apprécier ses méthodes. Pourtant, de nombreux membres du gang ont pleuré sa mort. Certains le considéraient même comme un père de substitution.

Cet événement tragique montre des divisions au sein du gang et révèle aussi que les journalistes dérangent et ne sont pas les bienvenus. Pourtant Christian Poveda ne leur a voulu que du bien et n’a cherché qu’à les aider.

Ce documentaire très pertinent traduit la difficulté de ces jeunes de sortir du gang, ce qui leur est d’ailleurs quasiment  impossible. Il n’est pas là pour mettre en évidence une violence gratuite mais pour essayer de comprendre les racines de cette violence, de la combattre de l’intérieur et non plus  de l’extérieur. Il demeure percutant et fait réfléchir sur les méthodes que les autorités devraient utiliser pour combattre utilement ces gangs.

(cc) Out_of_place

2 Responses to “La vida Loca”

  • Et oui, tu fais là encore mouche pour moi, par le choix du sujet, le ton, le choix des mots, l’analyse que tu en livres… et dans cette phrase, prise au hazard car il y en a beaucoup, tu résumes tout et un peu d’essentiel : “Dans ce monde sanglant sans foi ni loi , la fraternité prouve qu’ils ont un fond d’humanité”…

  • merci encore isabelle juliette de ire si souvent. Je suis contente que ça te plaise. C’est vrai que le sujet est difficile mais ce documentaire m’a fait réagir car c’est un sujet assez gtrave dont on par le pas souvent. On présente les gangs comme des factions violentes ce qui est vrai mais rarement on cherche à comprendre l’origine du problème. Tes compliments me vont encore une fois croit au coeur

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