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13 ans, 17 ans, 21 ans.

C’est fou ce que la chose que l’on appelle « expérience » peut changer une vie. Prenons quatre ans. Concrètement, quatre ans, c’est presque rien dans la vie de certaines personnes. Quatre ans ça peut représenter disons une période étudiante qu’on aurait envie de revivre, un séjour prolongé à l’étranger, une relation amoureuse qui s’est éternisée. Quatre ans, c’est pratiquement rien, c’est vite oublié, et même si il peut se passer beaucoup de choses en quatre ans, une fois que c’est passé, on ne se rend plus vraiment compte a quel point tout ce qu’on a pu vivre est important.

A 13 ans, on croit avoir une vision très claire de la vie. Surtout quand on est une fille (les hommes débattront après, je ne suis pas un mec, enfin pas que je sache, donc je vais donner mon humble avis sur la question en tant qu’être sexuellement doté d’un vagin et de deux moyennement gros tétés), et donc à 13 ans tout nous semble simple et très bien organisé. Je me souviens même avoir donné mon avis sur des situations amoureuses dans lesquelles étaient mes amies quand j’avais 13 ans et elles 15 alors que j’étais vierge et que je n’avais même pas encore embrassé un mec. A 13 ans, tout est vraiment clair, quand on voit une situation de l’extérieur, elle est toujours simple et notre avis tranchant. Mais soyons honnêtes, même une fille mentalement précoce qui aurait 13 ans d’âge physique mais 15 ans d’âge psychologique, qui vient d’avoir ses règles et dont la dernière relation amoureuse se résume à trois bisous derrière le collège et une semaine, d’amour fou pour elle, et de désespoir pour son copain parce qu’il n’a pas pu lui toucher les seins derrière ce même collège, ne peut sincèrement pas prétendre à comprendre une situation aussi compliquée qu’un drame amoureux, un divorce difficile, un adultère ou un herpès génital (rayez la mention inutile).

A 17 ans, on y voit un peu plus clair dans les relations homme-femme. Parce qu’a 17 ans, il y a le facteur sexe qui entre en jeu. Et que c’est un facteur non négligeable dans les relations (et là je ne pense pas que les hommes me diront le contraire). A 17 ans, on comprend ce que c’est d’être avec quelqu’un pour un temps, on ne se pose pas vraiment de questions sur l’avenir d’une relation, on a le coeur brisé pour rien, et on ne comprend pas que ce qui est brisé à ce moment là ce n’est pas vraiment notre coeur, mais juste notre ego. Ouais, alors avec cette phrase je pourrais discréditer toutes les personnes qui ont connu leur âme soeur à 17 ans, qui se sont mariés avec depuis, et qui ont des enfants, tout ça, une belle petite vie de famille pépère banale et que je déteste par dessus tout parce que je ne suis pas comme eux. Je ne dis pas qu’on ne peut pas tomber amoureux à 17 ans, je dis qu’à 17 ans, on peut facilement croire qu’on est amoureux, sans forcément l’être, ce qu’on comprendra plus tard je pense, si on ne multiplie pas les conneries en tous genres sans en tirer les bonnes leçons. D’ailleurs, avoir 17 ans, chez une fille, c’est en général se rendre compte qu’on peut rendre les hommes fous en ramassant de manière très suggestive un stylo/bout de papier/caleçon sale (ici aussi rayez la mention inutile) négligemment tombé par terre. C’est donc se rendre compte du potentiel érotique de notre corps, et de la façon dont on peut en tirer parti. Mais comprendre que l’on est un être sexué et potentiellement sexuellement actif dans la société ne nous donne pas les clés de la compréhension de l’autre sexe pour autant. A 17 ans, on a élucidé une partie du mystère masculin, en croyant que cette révélation va être capitale dans notre future vie de femme, alors que ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Encore une fois, on croit savoir, mais on ne sait que peu de choses.

Ce qui m’amène à l’age de 21 ans. A 21 ans, on a eu le coeur brisé une bonne centaine de fois, parfois plus fort pour certaines filles que pour d’autres, et on commence à se rendre compte, que, quand même, les mecs et les relations amoureuses, c’est pas si simple qu’on pourrait l’imaginer. A 21 ans on a peut être déjà été confrontée à une situation où on avait le mauvais rôle, et en disant ça je repense à la salope que tout le monde a cru voir en vous quand vous avez couché avec l’ex de votre cousine/quitté votre mec pour un autre/porté une mini jupe en cuir à la soirée du nouvel an (j’aime bien quand on doit rayer les mentions inutiles, ça me met en joie de vous donner le choix tiens). A 21 ans, on sait que si on a eu le mauvais rôle, c’est que soit on a fait les mauvais choix (qu’ils soient vestimentaires ou sentimentaux, la peine est la même, alors autant dans ce cas là coucher avec l’ex de votre cousine en mini jupe en cuir, si vous voulez mon avis), soit vous n’aviez que des mauvais choix à adopter, soit vous êtes vraiment une salope, et ça même si je ne vous le souhaite pas. A 21 ans, on se rend compte que la fille de 15 ans qui a taillé une pipe au mec qui vous plaisait derrière le bahut n’est pas une salope, mais seulement une fille dont les parents divorçaient à ce moment là et qui ne savait plus quoi faire pour avoir l’affection et l’approbation de quelqu’un. On se rend compte que le mec qui est resté un an avec vous quand vous aviez 17 ans et qui vous a brisé le coeur en sortant avec une autre deux jours après votre rupture voulait tourner la page le plus vite possible et n’avait pas trouvé d’autre solution. On se rend compte que dans les interactions sociales, rien n’est si facile ou acquis.

Quatre ans dans une vie, c’est énorme. Et c’est si peu. Alors tout ce qu’on peut souhaiter à toutes ces personnes qui n’ont pas vécu toutes ces années que vous avez vécues, c’est qu’elles se retournent dans quatre ans et se disent que finalement, cette vieille pie avec toutes ses années d’expérience en plus avait raison.

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