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Testament à l’anglaise

 Testament à l’anglaise

  Un vrai petit joyau que ce “Testament à l’anglaise” sur lequel je suis tombée un peu par hasard. Cela faisait un petit moment déjà que je voyais le nom de l’auteur un peu partout mais j’avoue avoir choisi au départ cet ouvrage plus pour l’esthétique que pour l’histoire en elle-même. Et bien, je remercie le hasard tant j’ai été embarquée dans cette histoire à tiroirs digne d’un Cluedo.

L’histoire? Tabitha Winshaw a 81 ans et elle est folle… enfin, seule sa famille le pense, le lecteur, un peu moins… Elle a perdu l’esprit un soir de l’hiver 1942 quand son frère préféré, Godfrey, a été abattu par les allemands au-dessus de Berlin. Depuis, elle est persuadée que la mort de Godfrey a été commanditée par son frère aîné, Lawrence, qu’elle déteste. Une folle dans la famille, l’aristocratie britannique en a vu d’autres. Mais voilà que Tabitha se mêle de commander à Michael Owen, un jeune homme dépressif, une histoire de la dynastie des Winshaw qui occupe tous les postes-clés dans l’Angleterre des années quatre-vingt. Il y a du jeu de massacre dans l’air d’autant que Tabitha n’est peut-être pas aussi folle qu’il y paraît surtout que les membres de cette famille sont plus pourris les uns que les autres : chaque membre de la deuxième génération brille par une immoralité redoutable, il y a le galeriste qui exerce un droit de cuissage sur les jeunes artistes talentueuses, la journaliste méprisante et venimeuse, le politicien dont le seul talent est de retourner sa veste, le banquier arriviste, celui qui trafique dans la vente d’armes avec Saddam Hussein, etc. Les Winshaw sont cependant riches, considérés, et respectés…

Humour noir typiquement anglais et politique sont au rendez-vous pour montrer et dénoncer l’establishment, la domination des plus hautes sphères d’un pays par un petit groupe dominant. Le livre donne à réfléchir sur nos sociétés et à accepter les abus liés à la volonté de produire toujours plus.

Sur 670 pages, l’auteur y déploie toutes les formes de narration, toutes les formes de littérature ou presque, dans une alternance chaotique qui se lit comme un labyrinthe. On retrouve des personnages en arrière plan, puis on se rend compte que ces personnages, vivant leurs propres histoires, sont intimement liés à l’intrigue, selon un angle différent qui éclaire l’histoire d’une façon nouvelle. On navigue sans cesse avec l’histoire de Michael Owen, ses névroses, son passé et les chapitres consacrés à chacun des membres de la famille Winshaw.

C’est passionnant comme un polar. Moi qui ne suis pourtant loin d’être fan de ce genre littéraire, je me suis laissée emporter par l’histoire, au point de ne plus pouvoir lâcher le livre malgré la longueur de celui-ci. Excellent en ces temps de chaleur estivale.

Le livre a obtenu le Prix Femina étranger en 1996.

“Testament à l’anglaise” de Jonathan Coe – Ed. Folio/Gallimard – 9,10 euros.

Prochaine lecture : “Orgueil et préjugés” de Jane Austen.

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