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J’ai été avec un PN , oui… et alors ?

Aud, a publié un texte très bien écrit: j’irai cracher sur vos tombes, qui a fait écho chez moi comme chez beaucoup d’autres (hommes ou femmes) sans doute (malheureusement !). Cela m’a donné envie d’écrire un article sur le même thème car j’ai aussi connu un fameux PN , un Pauvre Nul, un Persécuteur Naît… : un vrai Pervers Narcissique. 

Pour de multiples raisons, je n’arrivais pas à me défaire de son emprise :

- mélange de peurs pour moi, pour ma famille, pour mes amis… ;

- méli-mélo de croyances en ses larmes de « pardon », en ses « je t’aime », en ses « je ne suis rien sans toi, tu m’apportes tellement » (là c’est votre côté mère Thérésa qui en prend un coup) ;

- fatras de refus d’admettre de s’être trompée, de convictions naïves en ses promesses de changements, d’impressions absurdes de mériter ces paroles avilissantes ou encore  d’auto persuasion névrotiques d’amour à son égard pour se justifier son incapacité de le quitter…) 

Il m’a fallu voir, revoir, rere-voir, rerererere…..voir, mon psy avant d’arriver, un beau jour (un beau soir , me concernant) à avoir un déclic, LE déclic ; celui qui vous fait comprendre que vous ne reviendrez plus en arrière, que vous êtes suffisamment armée dorénavant pour avancer (même à pas de fourmi)  sans lui. 

Comme Aud, j’ai appris à faire attention  et confiance à cette petite voix intérieure qui vous dit « Careful ! »! Entendre et écouter surtout, cette petite voix, c’est être dans le vrai pour soi et pour les autres. Au cours de mon « processus de libération », je l’ai entendu cette fameuse voix et petit à petit je me suis mise à la suivre mais souvent trop tardivement. Je me suis parfois embarquée dans des histoires avec des personnes qui ne me correspondaient pas ; tout ça pour essayer de rassurer mon entourage ( mais votre entourage n’est pas vous !), tout ça pour tenter de rattraper le temps perdu (mais le temps ne se rattrape pas !), tout ça pour tenter  d’apparaître normale (mais  c’est quoi la normalité ?)Et à force de faire ce qui n’est pas moi, je finissais par repartir avec le PN.

Celui-ci ne demandait pas mieux ; il reprenait son emprise, et il pouvait encore plus  culpabiliser sa proie  à coup de « tu vois, personne ne te connaît  mieux que moi ; tu n’es faite que pour moi ; personne ne voudrait d’une nana comme toi mais ne t’inquiète pas je suis là…. !! »

 Mais depuis que je me suis « libérée » je me fie sans arrêt à ce 6ème sens ! Quand au fond de soi, on sent qu’il y a un hic, pas besoin d’attendre de connaître son nom , il faut prendre ses jambes à son cou et fuir, loin, trèèèèèèèès loin… 

Aujourd’hui, je suis consciente que cela va être difficile de reconstruire une histoire après avoir vécu avec un  tel PN, non pas parce que je sois complètement déboussolée, ou que je ne fasse plus suffisamment confiance pour une nouvelle histoire, mais plutôt parce que la plus part des personnes rencontrées, vous apprécient tant que vous n’évoquez pas le thème de l’”ex – PN” !Sujet pourtant inévitable quand vous voulez reconstruire une nouvelle relation. Doit-on mettre toutes les cartes sur table ou au contraire doit on tout cacher ? Doit on bluffer, peut-être ? Je ne sais pas ! je n’ai pas de réponse.Je sais juste que, pour ma part, je ne peux pas me taire ! Et oui, j’ai été avec un PN …et alors ?

 J’ai été naïve, conne, faible , petite….et bien plus encore … Je n’ai pas réussi à dire STOP à temps, j’ai eu peur de lui, j’ai eu pitié parfois aussi, j’ai déçu, j’ai blessé, j’ai eu et j’ai toujours honte de moi, de mon incapacité à ne pas avoir pu m’arrêter avant.
 Maintenant, si tout cela, fait de moi, un être à éviter et bien tant pis. Je souffrirai mais je refuse de me taire sur ce « putain » de passé. Je me suis trop battue et rebattue ; j’ai trop chuté puis remontée pour passer sous silence cette période sombre de ma vie. Je n’ai pas besoin d’en parler en permanence pour me sentir soulager, et heureusement d’ailleurs car l’évoquer trop souvent même très amèrement, serait donner à ce PN trop d’importance et serait aussi un signe de fausse libération !  

Je ne demande à quiconque de porter le poids de mon passé ; je me suis suffisamment musclée pour le porter seule. J’ai appris à m’entourer de personnes compétentes (psy quand j’ai besoin d’en parler ; gendarmerie quand il décide de trop m’épier).

Dorénavant, je sais ce dont j’ai besoin ; ça aussi c’est une avancée ! je ne veux surtout pas d’ une « relation de transition », une « relation de réparation ».  Je n’ai plus rien à réparer. Personne n’a à être le médecin de l’autre dans une histoire. Dans ces cas, c’est s’installer de nouveau dans une relation de dépendance où on doit à l’autre d’être mieux !

Tant qu’on est dans une phase de rémission par rapport à un Mal, il vaut mieux se guérir seul(e) mais pas en solitaire (les amis : si si les vrais, ils restent ; son psy : si si des bons il en existe aussi, la famille : encore si si les membres qui vous estiment sont encore là…).

Une fois ce cap passé (il n’y a pas de durée définie), ce cap dépassé,  on sait enfin ce dont on a besoin et “exit” tous ceux, qui cherchent à vous juger par rapport à votre passé, ceux qui s’offusquent à la 1ère remarque et qui vous lâchent au visage: « vous devriez vous estimez heureuse  d’être avec eux maintenant, vu celui avec qui vous étiez avant » ; ou ceux qui vous disent qu’ils « ne comprennent pas pourquoi vous n’acceptez pas, leurs « petits » défauts alors que vous en avez acceptés de pires précédemment ». Pour eux, à la limite vous n’êtes qu’une maso qui n’a pas eu suffisamment sa dose de souffrance !! 

A tous ceux là, je tiens leur dédier cette conclusion :  « ce que vous n’avez pas compris, connards, c’est qu’avant on était sous l’emprise d’un Mal qui nous a rendu malade et comme tout malade qui se respecte on n’avait plus de forces, on n’ était dans l’incapacité de voir les choses avec lucidité et  à votre grand désarroi, vous, vous nous avez rencontrés durant  la période « after –Mal »  donc si vous vous comportez comme des cons, comme des  PN,  vous  virez, c’est tout !!!!! »

23 Responses to “J’ai été avec un PN , oui… et alors ?”

  • Avatar of Aud
    Aud

    @ smile : Alors j’ai envie de dire yeaaaaaaaaaah, ça fait du bien nan? de l’écrire? ;) En plus tu me fais de la pub, la vache, je m’en remets pas dis donc^^ (merci ;-)) Evidemment, quand je te lis…je me revois forcément…et à la question est-ce qu’il faut en parler au prochain mec que l’on rencontre? Je pense que si c’est une relation sérieuse, biensur. Moi non plus je ne serai pas tenir ma langue de toute façon. J’ai pas encore eu l’occasion d’arriver à cette étape (que je redoute un peu aussi, c’est clair) : j’ai enchainé des profils PN après…et c’est tout le paradoxe des “victimes”, on doit rester vigilentes…les PN continuent à nous attirer parce qu’ils nous rassurent…oui, je sais, c’est le comble, mais stopper le schéma c’est pas si facile que ça. Je pense aussi que l’annonce de ce passé un peu compliqué doit se faire au bon moment, pas trop tot (parce que la le mec se barre direct j’pense) mais pas 3 ans après… et la façon d’en parler à aussi toute son importance. Je suis convaincue que si le mec en face éprouve des sentiments sincères, il trouvera pas un pretexte à la noix pour se barrer…
    Enfin tout ça pour dire que j’aime beaucouuup ton texte, et puis merciiiiii pour ton coup de gueule à la fin…juste jouissif^^

  • oh oui Aud, ça fait du bien de l’écrire et quant au coup de gueule, il vient du coeur!!!! merci pour ton commentaire.

  • “vous devriez vous estimez heureuse d’être avec eux maintenant, vu celui avec qui vous étiez avant” ho là! Mais vire-les ceux là, ils se prennent pour qui? On va ouvrir un club! Moi j’ai connu après le PN avec qui je me suis mariée un fragile somatisant, pas mieux. Traumatisant, mais autrement. Après, tu as peur de trop en parler, de ton PN qui est toujours là, puisqu’il est le père de ton fils. Peur de rendre malade (parce que c’est mon passé qui le rendait malade, c’est à cause de moi qu’il somatisait!). Faut croire qu’on est dans une société de malades? Il n’y a que moi qui suis saine d’esprit? Bon, d’accord, j’avoue, j’ai eu aussi recours à un psy ! Et maintenant, grace à lui, je sais que tous, ‘on n’est pas psychologiquement indemne, qu’on est tous plus ou moins névrosés, mais quand même, un mec bien, pas PN, pas fragile somatisant, ça n’existe pas? Faut croire qu’après, comme tu dis, il y a la catégorie des connards. Ceux qui te prennent pour la serpillère qui a servi avant, donc qu’on peut utiliser sans trop prendre d’égards. Et on s’étonne qu’après, ça soit difficile de donner sa chance au prochain. Je ressemble un peu à une Téfal, maintenant, je m’attache pas. Faudra me donner des news quand vous en aurez un qui survit à l’after PN… Je compte sur vous.

  • “je ne veux surtout pas d’ une « relation de transition », une « relation de réparation ». Je n’ai plus rien à réparer. Personne n’a à être le médecin de l’autre dans une histoire.” idem. Faut pas croire qu’on est des assistées. On a une histoire, un passé. Il nous appartient, il fait ce qu’on est. On ne le subit plus, on a choisi de s’en séparer. Pas besoi de chevlier, de sauveur. Fini, passé, mais par définition c’est arrivé et ça nous appartient. Point.

  • waouh!!!…il m’a fallu 5ans….et là je sais pas trop si ça ira.je vais bien.

    Personne ne peut comprendre sans l’avoir vécu ça…l’incapacité à réagir alors qu’on sait….

    Merci pour cet article Magadit et j’adore: PN: Persécuteur né, Pauvre nul…etc…

  • @ lili-mai: trés bon le coup de la tefal!;)

  • @ lil-mai et smile: merci pr vos réactions. Je suis persuadée qu’il existe des mecs biens (c’est à dire des mecs qui n’ont pas des tendances de PN), des mecs qui seront suffisamment intelligents pour nous aimer, pour ce qu’ on est dans présent, pour ce qu’on sera ou en tout cas ce qu’on aspire d’être dans le futur et non pas pour ce qu’on a été dans le passé! ce-dernier, comme tu le dis lili-mai, il nous appartient, point!! on le partage qu’à titre d’information!
    Pour ma part,je n’ai pas besoin qu’on me juge ni qu’on me plaigne avec des phrases comme “oh, ma pauvre, ça devait être dure, ect….!” . Je veux juste qu’on m’accepte comme je suis aujourd’hui. maintenant si c’est trop demandé, tant pis …

  • Cela me rappelle bien des choses cet article ( ainsi que les deux autres articles ^^), et quelque part me réconforte en montrant “qu’on est pas toute seule”. Ces questions internes, ces impressions d’avoir été grugée comme la dernière des dernières, la question de la honte, et toute cette “analyse” nécéssaire derrière pour se reconstruire

    Dans mon expérience, ce que vous appellez votre “petit voix intérieur”, je l’ai indentifié chez moi comme un “instinct de survie” qui m’a fait d’un coup comprendre que soit je restais avec cette personne et allait “m’effacer”, soit je devais partir… Etrange comme sentiment mais terriblement réel..

    Pour “l’après” j’ai eu la chance de ne pas rencontrer de personne terrorrisée comme vous évoquez. J’ai choisi d’en parler, pour qu’il sache, et cela nous a permit à tous deux d’avancer : A lui, de ne pas faire d’erreurs “fatales”, à moi de dé-angoisser et apprendre à faire confiance.. A deux on bataille mieux :)

    En tout cas, bon courage à toutes celles qui ont vécu ce genre d’expérience !

  • Trop bon de savoir qu’il y a un après le PN… Mais bon, je dois trop en demander, moi. Le garçon effrayé, c’était lui le grand chaperon rouge, pas moi!! Enfin, le grand “capon” rouge (en créole réunionnais, capon, ça veut dire “peureux”).

  • Mely, les coups de Téfal, tant qu’à faire, pour détacher un PN, ça doit pas être trop mal…

  • @mély: mille escuse pr ma 2ème réponse aux commentaires; elle était destinée à Lili et toi biensur et non à moi (crise aigue d’égocentrisme: quelle honte, désolée!!)

  • pas bien grave ça lol…

  • Je me sens bien moins seule du coup…

  • @photofilm: c’est tristement rassurant de voir que cet article, tout comme ceux de lili et Aud parlent autant aux gens!!! on aurait aimé ne pas le rencontrer ce PN. Courage l’union fait la force non?

  • La question que je me pose:
    Est-ce qu’un PN est toujours un homme?
    Les victimes sont-elles majoritairement des femmes?
    Les femmes ont-elles une propension plus grande à être victimes de PN?

    En fait je me pose la question parce que j’ai plus vue dans mon entourage ce genre de situation pour une femme que pour un homme et la proportion de femme ici ayant subi la situation est vraiment “alarmante”

  • @Bakeneko: à la question est ce qu’un PN est toujours un homme, la réponse est non! il est vrai qu’on parle plus souvent d’hommes PN mais il existe aussi des manipulatrices hors pairs au même titre que des femmes qui battent leurs maris. On en parle très peu (dommage) car l’orgeuil masculine en prend un sérieux coup. le sentiment de honte doit être exacerbé chez lui. dans les sociétés riches,c’est tout une remise en question du schéma partriarcale qui est remis en question!
    ceci dit je pense qu’il y a plus de victimes féminines de PN que de de victimes masculines. Pourquoi ? je ne saurais répondre . je ne m’aventurerai pas dans des explications psy de bas étage. mais si des ladies ont des idées je suis tout ouie!!!

  • Oui parfois les gens prennent peur et fuient ceux qui ont approche des PN. Perso je suis de cela. J’ai eu l’impression detre trompé que les petits gestes que j’ai pu faire n’avaient servi a rien. Grace a une amie j’ai fini par comprendre pourquoi”cette sage qui ne sait se taire” s’était conduite ainsi. Jetais centrée sur ma déception et je me contentais de regarder au loin ce que vivait cette amie. J’espère et je crois quelle a compris mon attitude mais malgré tout je tiens a lui dire que je suis desolée de tout ce temps que j’ai perdu loin d’elle. Elle est belle la vie….

  • @Lhuitre:elle est belle la vie , oh oui!! mais dans certaines situations, elle parait trop belle pr vous ou en tout cas vous vous trouvez trop moche pr elle.
    Comme je l’ai dit, j’ai blessé des gens dans cette relation infecte; j’ai encore honte de ne pas avoir réussi à dire stop bien avant. J’ai essayé mais (nécessaire “mais” dans ce cas précis)pr toutes les raisons évoquées au début du texte, je n’ai pas réussi. ça a été un processus rétroactif , avec des avancées et de nombreux reculs (reculs difficiles à comprendre quand on n’ est pas dans la situation: je comprends tout à fait que des gens ont fuit, par peur, par méconnaissance …je n’enveux à personne… au contraire, je remercie tout ceux qui en s’éloignant m’ont quand même “laissée les clés de leurs portes”. je savais que c’était à moi de venir les ouvrir quand j’en aurai été capable. c’est ce que je fais maintenant, je me pare, je me prépare , je me répare et quand je reprends ces clés et que je vois que les serrures n’ont pas été changées malgré le temps passé, je ne peux que les remercier!!!!

  • Avatar of Aud
    Aud

    @bake : Les femmes ont-elles une propension plus grande à être victimes de PN?

    Reponse: pas toutes les femmes et heureusement. Les victimes ont developpé des qualités qui font qu’elles deviennent des proies faciles: on dit d’elles qu’elles sont des “réparatrices” (grande capacité d’empathie, manque de confiance en elle, capable de se sacrifier pour quelqu’un etc…) Sache que pour la plupart, elles ont pu être élevé par un PN ( le père, ou bien la mère)…et dans cette situation, soit l’enfant devient un PN (puisque les PN sont des victimes, meme si ça m’arrache la gueule de le dire), soit elle devient “la future victime du PN”…répétition du schéma…tout ça…bref, c’est vraiment charmant.

  • Bon, ben moi j’vais m’acheter un chat hein? ;o)

  • mistermowax>> le poisson rouge, lui au moins tu l’entends pas

  • @mistermowax et bakeneko: une tortue aussi c’est pas mal!!!

  • C koi, PN ? Pine Nulle ?

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