Histoires

Et de mon côté à moi de la salle d’accouchement ?

Les futures mamans, désolée pour le passage qui va suivre, mais tant pis, je vais dire la vérité : j’ai cru mourir de douleur… Je n’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie… (et je ne suis pas douillette).

Et de mon côté à moi de la salle d’accouchement ?Dimanche, nous étions donc chez nous, après mon premier passage à la mat’. Ma mère et ma belle-mère (5 enfants chacune, je rappelle…) étaient convaincues que je devais y retourner, que j’allais accoucher. Mon mari m’a fait de la pizza, j’ai pu manger un peu avec lui, et à 19h30, les contractions étaient vraiment trop fortes, on est retourné à la clinique. Je me suis dit qu’au pire ils m’achèveraient, parce que c’était plus possible ! Je courrais dans le salon sur chaque contraction, qui me saisissait violemment les reins.

RIEN ne faisait passer cette douleur (les positions et tout, c’est vraiment de la merde, croyez-moi). La seule chose finalement utile, c’est de respirer comme un “petit chien“, ça aide à passer le temps ! J’ai failli frapper Monsieur Maguelone tellement j’avais mal. Et je peux vous dire que dans ces moments-là, on ne pense pas à son bébé, à son mari, à ci ou à ça : on pense qu’on va crever sur place (on aimerait bien, même !).

Arrivés à la clinique, une adorable sage-femme, Marie, me prend en charge.
Je suis bien en travail (ouuuuf, bor***, avec les douleurs que je me tape !), le col est ouvert à 3cm. Les contractions montent en puissance, sont longues (une bonne minute) et épuisantes. Marie me dit que je peux déjà avoir la péridurale (je ne sais pas encore que la péridurale est un don du ciel, mais je vais vite le découvrir), me propose sinon un peu de gaz “hilarant” (protoxyde d’azote). Elle me dit d’aller chercher nos bagages, et de faire un petit tour à deux avant le grand moment.

Nous restons dehors une vingtaine de minutes, j’envoie un message à une amie, nous prenons conscience que nous allons à la rencontre de Bébé, que ce sont nos dernières heures à deux… Et puis soudain, je suis saisie de douleur par une contraction, je dis à mon mari qu’on saute de la voiture entre deux contractions et qu’on fonce.

On arrive en haut, Marie s’occupe de nous, me dit de mettre ma tenue d’accouchement (en tee-shirt et slip, quoi), que Monsieur Maguelone doit se mettre un chapeau et une blouse, et on nous installe dans la salle prévue à cet effet. On nous met la radio, c’est sympa, ça occupe un peu le temps. On attend l’anesthésiste, le temps me semble long… Je continue de courir comme une folle sur chaque contraction, je souffre de plus en plus. Mais Marie me dit que ce sera bientôt fini.

L’anesthésiste arrive enfin,
mon mari sort de la pièce pour la pose de la péridurale. Je dois attendre la fin d’une contraction pour qu’on la pose, j’ai envie de pleurer de douleur. Marie me prend dans ses bras pour que je me penche, elle m’aide à respirer, et en quelques secondes, tout est posé. J’aurai juste senti la piqûre, mais rien de plus. Et là le miracle se produit… J’aime tout le monde, la vie est magnifique… Je sens que ça contracte, je sens Bébé qui bouge, mais je n’ai plus aucune douleur ! Le gynécologue arrive, je lui dis que c’est un miracle, que c’est merveilleux, je suis toute souriante et manque même de m’endormir tellement je suis soulagée…

Monsieur Maguelone revient, il est content de voir que je suis aussi bien.
Je peux enfin envisager de mettre au monde notre fille, je commence à réaliser… Il est 22h30. Marie revient pour examiner mon col, elle met un produit pour régulariser les contractions. Elle m’installe sur un coussin d’allaitement pour aider le col à s’ouvrir mieux, et nous attendons. Mon mari reste à mes côtés tout le temps, tandis que l’équipe va et vient dans la pièce. Marie revient voir où ça en est, col ouvert à 5-6cm. Elle perce la poche des eaux avec une pince. Je ne sens aucune douleur, juste du liquide chaud qui s’écoule. Bébé, visiblement, plonge dans mon bassin tout de suite après.

Par contre on s’aperçoit qu’elle a décidé de se présenter les yeux vers le plafond et non vers le sol. Ce qui veut dire qu’elle présente la partie la plus large de sa tête dans mon bassin, et que ça va être chaud.

Une demi-heure plus tard, je suis entièrement dilatée, ça a été très vite. Marie m’installe sur le côté, jambes écartées, pour aider Bébé à descendre. Nous attendons le gynécologue, mais il y a un accouchement qui ne se passe pas très bien à côté, du coup il faut patienter. Marie me fait répéter la poussée, après deux essais ratés, je retrouve ce que j’avais appris et je me sens prête.

Vers 3h30, le gynécologue est là. Il regarde le tracé de Bébé, qui n’est pas très bon. Elle descend trop bas, monte trop haut, et se présente mal, ce qui peut gêner son arrivée et la faire souffrir. Je ne suis pas inquiète, je me sens entre de bonnes mains, j’attends juste leur décision. Je sens qu’il est question de césarienne, mais finalement il choisit la ventouse.

On voit une énorme machine qui va aspirer le crâne de Bébé, afin de la faire descendre en vitesse. Je suis installée pour pousser, Monsieur Maguelone me tient la nuque. On vient de me remettre une dose dans la péridurale et de vider ma vessie avec une sonde. On me remet le produit pour que les contractions soient très fortes et très régulières.

Il faut enchaîner très vite, je souffle et bloque et en trois ou quatre poussées, on me dit qu’elle est là. Je sens sa tête sortir, elle glisse entre mes jambes. Elle hurle, je me penche pour l’attraper. J’ai peur de la faire tomber, mais on m’aide à l’installer sur mon ventre, directement sur ma peau. Elle me regarde, je la trouve magnifique, toute petite, elle gigote sur mon ventre et je reconnais les mouvements qu’elle avait à l’intérieur…

J’entends qu’on dit “3h59″. Mon mari est à côté de moi, il nous regarde, le médecin lui dit de venir couper le cordon. Je vois qu’il est fier et ému de voir sa fille, de voir qu’on va bien toutes les deux…

Et puis soudain, un pédiatre arrive, je me demande ce qu’il fait là.
En fait, il a été appelé en urgence à cause du tracé de Bébé, mais personne ne nous a rien dit pour ne pas nous affoler. Du coup, même si visiblement elle se porte bien, il l’ausculte dans la pièce. Monsieur Maguelone est à côté d’elle, et pendant ce temps on recoud mon épisiotomie.

Elle va bien, elle est pesée et je demande que ce soit son papa qui lui donne son premier biberon. On lui propose de se mettre torse nu et de faire du peau à peau avec elle, ce qu’il fait avec bonheur. Je les regarde tous les deux, je suis épuisée, mais tellement heureuse… Elle est là, elle va bien, elle est grosse comme une pomme de terre ;-)

Nous restons deux heures avec elle, seuls pendant la plupart du temps. Je la prends contre moi, on se regarde, on apprend à se connaitre… Ce sont des instants magiques, uniques. Je suis terriblement fière d’avoir réussi, et qu’elle n’ait pas souffert…

(cc) dpadua

28 Responses to “Et de mon côté à moi de la salle d’accouchement ?”

  • Avatar of Aud
    Aud

    @ maguelone: ça ne me rassure PAS DU TOUT ce que tu dis là hein!!!! ;) J’espère être une future maman un jour, mais l’accouchement…je n’arrive pas à le concevoir…glurps

  • Je n’arrivais pas à le concevoir non plus !
    Ma seule hantise pendant toute ma grossesse était d’avoir mal… Le reste ne me faisait pas peur…
    Avec le recul, c’était à la fois le pire et le plus jour de ma vie !

  • Le plus beau, zut ! (joli lapsus)

  • Avatar of Aud
    Aud

    @maguelone : m’enfin heureusement, comme tu le dis si bien, vive la péridurale quoi!!! :) Je reste persuadée que c’est un jour innoubliable,c ‘est sur…rien que d’entendre ma maman, pour chacun de mes anniversaires, me dire “…j’ai souffert le martyyyyyr pendant des heuuuuures…mais qu’est ce que j’étais heureuse…” c’est juste beau :)

  • Oui, c’était vraiment un très beau jour ! Dur mais magnifique…

  • Je rêve d’avoir un enfant (enfin quand j’aurais trouvé le papa!!) mais quand je lis des articles comme le tiens, cela me fait quand même flipper: mélange de terreur et de grand bonheur, difficile à concevoir! Merci pr ton témoignage

  • En te lisant, j’ai vu le cliché même d’un accouchement pas du tout accompagné et respecté comme il devrait l’être (alors que c’était un moment si fort pour toi et ton bébé). Au lieu d’un accompagnement humain et empathique à 100%, ils ont privilégié le soutien médicamenteux et médical qui a entraîné tout ce que tu as vécu… péri, ocytocyne, ventouse, épisiotomie… ! Et le fait d’avoir posé ton bb contre toi t’a fait oublié ce cauchemar, et heureusement !!! Mais il y a encore trop de femmes qui vivent ça et ce n’est pas normal !!!

    J’ai envie de te dire qu’il est possible de vivre des accouchements autres, moins “violents”, plus humain, plus respectueux, et qu’il existe des maternités et professionnels de santé qui vont dans ce sens… J’en ai eu l’expérience et d’autres femmes aussi.

  • @maman durable : détrompe-toi, l’équipe a été formidable.
    La péridurale, c’est moi qui l’ai voulue, parce que je crevais de douleur. La ventouse, c’est parceque ma fille était en position postérieure (en résumé, c’était ça ou la césarienne) et l’épisio, quand bébé se présente ainsi, c’est soit ça, soit une déchirure très importante.
    Pour schématiser, un bébé en position normale présente un diamètre de tour de tête dans le bassin de 9 cm environ, ma fille en présentait un de 10 ou 11 cm. Et l’équipe n’y était pour rien.
    Non, ce qui m’a fait mal, et désolée pour celles que je choque, c’est d’accoucher, pas d’être mal accompagnée.
    Il existe des femmes bénies, qui accouchent comme on va à la plage, je ne suis pas de celles-là.

  • Tu sais, l’importance n’est pas que l’équipe soit formidable ou gentille mais qu’elle se centre sur tes besoins et qu’elle t’accompagne et t’entoure, toi qui accouche. Ce que l’équipe n’a pas su faire puisque tu décris ton accouchement comme un épisode horrible !

    Je suis convaincue et j’aime à le croire que l’accompagnement empathique et respectueux par un professionnel de santé te donne plus de confiance et un sentiment de sécurité qui t’aide à mieux vivre l’accouchement.

    Je ne vais pas m’étendre sur tous les actes médicaux qui ont entouré ton accouchement, mais si tu le peux, n’hésite pas à t’informer vraiment si ça t’intéresse sur ces gestes et interventions que tu as vécues…

    Il est important que toutes les futures mamans enceintes puissent croire qu’il est possible de vivre une naissance heureuse, plus humaine, plus douce, plus chaleureuse, moins technique, moins interventionniste, moins instrumentalisée…
    et comme tout grand évènement dans la vie…ça se prépare.

    Des bouquins:
    - Préparer son accouchement de Sophie Gamelin-Lavois
    - Pour une naissance à visage humain de Claude-Suzanne Didier-Jouveau
    - Vivre sa grossesse et son accouchement, une naissance heureuse, de Isabelle Brabant

  • @maman durable : Non, ce que j’ai décrit comme horrible, ce sont les douleurs avant la prise en charge par l’équipe, pas le reste. C’est toi qui y as vu quelque chose d’horrible, parce que sans doute (et ça n’est pas un jugement, très loin de là) parce que ça ne te correspond pas.
    Pour ce qui est des gestes, je les connais parfaitement, puisque je suis infirmière depuis 6 ans…

    Que tu aies toi envie d’accouchement moins médicalisé, je le respecte tout à fait. Mais respecte le fait que moi cette médicalisation me convenait. Et relis moi : ma souffrance n’est pas venue de la prise en charge médicale.
    Sans cette médicalisation de mon accouchement, ma petite fille ne serait pas à mes côtés (et je sais de quoi je parle…).

  • C’est vrai qu’un accouchement, ça fait quand même très très mal :)
    On passe trop souvent cette information sous silence.

  • je ne tenais pas à juger ton vécu, mais c’est le ressenti que j’ai eu en te lisant comme d’autres l’ont eu dans leur commentaire (hantise, martyr, terreur , crever etc…)

    Je ne prône pas la dé-médicalisation de la naissance… je ne suis même pas contre la péri (puisqu’elle est nécessaire dans certains cas) ni pour tel ou tel type d’accouchement pro-nature ou je ne sais quoi….
    ce que dénonce c’est la systématisation des pratiques médicales autour de la naissance, et l’hypermédicalisation de la naissance au détriment d’un accompagnement humain (l’hypermédicalisation de la naissance fait perdre aux femmes le peu de confiance qu’elles ont elle…)

    d’ailleurs je n’invente rien, tu es peut-être au courant que le plan périnatalité 2005-2007 met l’accent sur 4 objectifs: dont l’humanisation de la naissance “humanité, proximité, sécurité, qualité” ?

    bref, je respecte tout à fait ton choix d’accouchement médicalisé et je suis heureuse que ta fille se porte bien, mais je trouve qu’il est bon pour toutes les femmes de s’informer vraiment sur ce qu’est finalement un accouchement , et la douleur etc ?

    question: peux-tu m’expliquer d’où venait ta souffrance et comment aurait elle pu être mieux gérer dès le début ?

  • @Maguelone : Je te comprends au delà des mots ! Je crois que les barreaux du lit de maternité ont gardé les traces de mes dents. Merde oui ça fait mal. J’en ai marre de lire le contraire. Comme si c’était une honte d’avouer qu’on a jonglé. Comme si c’était normal d’accepter la douleur parce qu’il y a un enfant à la clé.
    Alors oui c’est un jour magnifique, oui la récompense est là, Pour le reste arretons de déconner. Est ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi nous devrions encaisser la douleur la rose entre les dents ? à quel titre ? Eve tu as péché et tu enfanteras dans la douleur ?
    Je rêve…

    Je dis pour ma part que le type qui a mis en place la péridurale est un saint. Ni plus, ni moins. Et qu’elle fait de ce moment une épreuve tout à fait supportable. Heurement…
    A ce titre je dis bravo pour ton témoignage. Na ! n’en déplaise aux sadiques de l’accouchement.

    @Maman durable : crois tu vraiment qu’un bouquin puisse te préparer à cela ? J’ai l’impression que plus on en lit sur le sujet plus on psychote… Et en ce qui me concerne, je ne connais pas vraiment les alternatives à l’hyper medicalisation, mais entre nous, ma priorité était que mon fils aille bien (ce qui n’était pas le cas), punto. Le reste c’est de la cosmétique.

  • @magadit

    un bouquin ne te prépare pas à accoucher, mais qd tu pars en vacances, qd tu as achètes une maison, qd tu achètes une voiture…tu te prépares non ??? à plus forte raison qd tu vas donner la vie… ce serait une bonne idée de se préparer non???

    c’est trop facile de souffrir le martyr et puis dès qu’on pose le bébé sur nous…on est comme anésthésié…”oh l’importance c’est que le bébé aille bien”, “le fait d’avoir eu le bébé m’a fait tout oublié” , “bravo à l’équipe médicale, sans eux j’aurai été perdue” ..

    penses-tu que la douleur est recherchée par les femmes qui souhaitent accoucher sans péri ou autres médicaments ? je crois pas qu’elles soient mazo à ce point pour employer tes termes. Elles envisagent tout simplement cette expérience d’une autre manière.

    A chaque femme sa force et ses possibilités selon ses convictions.

    Moi je suis pour que les femmes arrêtent de se jeter les yeux fermés dans la sainte médecine toute-puissante. La grossesse et l’accouchement ne sont pas des maladies !
    Je souhaite un jour que tu puisses t’informer un peu plus sur les alternatives à l’hypermédicalisation.

    AUjourd’hui on cherche à être bio, écolo, etc… pourquoi pas s’informer tout simplement de manière objective sur d’autres façon d’envisager la naissance.

    Si tu n’aimes pas lire, tu peux surfer sur le net: http://www.naissance.ws; http://www.ansl.org; http://www.perinatalité.info

    L’importance pour moi c’est le bébé aille bien mais que je garde un bon souvenir de mon accouchement également !

  • @ Maman Durable : Je suis d’acc sur le principe, mais regarde autour de toi, plus je vois des femmes enceintes plongées dans les bouquins plus elles sont malheureuses à imaginer le pire en permanence. C’est dur de trouver le bon compromis.

    Pour le reste c’est sur j’ai du mal à envisager un jour de vivre l’expérience sans soutien pour la douleur. En fait je ne vois tout simplement pas l’intéret à morfler, même si nous sommes bien d’accord vivre la douleur n’est pas une fin en soi. Alors je me jette peut être trop facilement dans l’hypermédicalisation, je suis peut etre trop confiante dans les équipes médicales (en même temps c’est leur boulot pas le mien), et je reste persuadée que la priorité lors de l’accouchement est d’ordre sanitaire.
    Bien que la maternité ne soit pas une maladie il n’en reste pas moins que des vies sont en jeu. Alors oui là je mets ma propre expérience sur le tapis. Mais quand comme moi tu as failli y passer et quand ton fils aussi, le moins que je puisse dire c’est heureusement que la priorité n’était pas mise sur ma façon de percevoir ou de profiter de l’enfantement. Sic’était à refaire, je ne reprendrais pas le moindre risque… au risque de devenir une fois de plus la “malade lambda”. Et tant pis si je rate quelque chose. Je serai au moins là pour vivre avec mon enfant toutes les autres magnifiques expériences de sa vie

    Mais tu as entièrement raison sur un point : c’est l’histoire de chaque femme. C’est un choix personnel. A respecter.

  • allez un site qui en dit long, mais cette fois elles, ce sont vraiment des militantes de “l’accouchement naturel”… allez voir:

    http://www.dechainees.com

  • @magadit: c’est tout fait normal que tu te “jettes trop facilement dans l’hypermédicalisation” puisque que c’est ainsi en France, la naissance est entre les mains de la médecine, et la majorité des futures mamans lambda pensent comme ça. Elles n’ont jamais vu autre chose et même tenté de penser à autre chose puique ce n’est pas dans la culture de la naissance qui est proposée .
    Du coup les femmes n’ont plus du tout confiance dans leur capacité à accoucher ou à devenir des mères puisque la médecine veut maitriser et diriger tout pour elle.

    Si tu regardes juste dans les pays voisins, Suisse, belgique, allemagne, angleterre et surtout les pays nordiques… il y a carrément une autre culture obstétricale qui définit la naissance comme un processus physiologique normal, et dont les femmes peuvent s’approprier et en être les acteurs…et en partenarait et avec le soutien des professionnels de santé, sans les rejeter.

    80% des accouchements sont normaux et non pathologiques, et ça on ne le dit pas. Et de tout temps et dans toutes les civilisations, les femmes ont tjrs su accoucher.

    C’est l’histoire de chaque femme, mais ce qui est dommage c’est que les femmes ne puissent pas faire réellement des choix éclairés…

  • Je crois que c’est à chacune de trouver l’accouchement qui lui convient. Le mien a été douloureux mais m’a convenu, dans son hypermédicalisation.
    Quant à ma douleur, pour répondre à la question, on peut en chercher mille origines (je travaille en psychiatrie, alors les origines de la douleur, j’ai eu l’occasion de les chercher). Mais il se trouve avant tout qu’un bébé en position postérieure fait mal à sa mère, à chaque contraction, parce que sa colonne est écrasée contre celle de sa mère. C’est purement physique.
    Bien sûr, on peut avancer que j’ai subi ce dont j’avais le plus peur : la douleur.
    Mais je suis fière de ce que j’ai vécu pour ma fille, et bien au-delà de la souffrance.
    Pour ce qui est de préparer mon accouchement, oui, je l’avais fait. Mais le vivre est bien autre chose. Je vivrai certainement différemment un prochain accouchement !

  • @maguelone
    Je t’admire parce que bien que ton accouchement ait été douloureux (tu parlais même de souffrance), il semble te convenir. L’importance est de garder un bon souvenir de son accouchement, n’est-ce pas ?!

    A une douleur physique, il existe d’autres réponses que la béquille chimique. Et j’y crois toujours, la présence humaine qui t’accompagne, t’aide et te “guide” à traverser ce passage.

    Restons ouvertes et curieuses pour découvrir d’autres possibles de la naissance. L’information, les questionnements, l’accompagnement, le cheminement jouent un rôle primordial dans la construction de l’histoire de la naissance ! Il y a tellement à découvrir ;-)

  • Avatar of Rev
    Rev

    La femme lamda n’est pas une crétine. Avec les moyens à notre disposition aujourd’hui, internet, la télévision, Je pense que chacune est au courant des possibilités à sa disposition le jour de son accouchement.
    Il est très mal venu Je trouve de considérer que les femmes qui accouchent médicalement le fond car elles ne sont au courant de rien.
    Je suis peut-être un peu jeune mais Ca fait plusieurs années déjà que Je me renseigne sur les accouchements. J’adorerai accoucher dans l’eau par exemple. Mais Je pense ( Je suis même sûr ) que Je demanderai la péridurale si C’est possible. ( on sait que parfois les anesthésistes sont des êtres rares lol )
    J’ai déjà lu des témoignages magnifique de personne accouchant à quatre pattes ou luttant contre la douleur pour accoucher le plus naturellement possible.
    Mais Ce n’est pas pour moi, Je le sais au plus profond de moi.

  • @Rev:

    L’objectif je pense n’est pas d’opposer accouchement naturel et accouchement médicalisé, mais de redifinir l’accouchement comme étant un processus physiologique normal.
    Si tu comprends ça, tu t’aperçois que la systématisation des actes médicaux qui entourent la naissance ne sont pas nécessaires à tout prix et parfois non justifiés.
    Oui on a besoin de la technicité médicale quand elle s’intègre dans une pratique obstétricale respectueuse des besoins de la femme qui accouche !

    Et puis, il ne faut pas non plus s’acharner à vouloir accoucher dans l’eau ou à 4 pattes ou sur le côté comme cela est à la mode, mais accoucher dans la position du moment où tu te sens bien, apprendre à se faire confiance.

    C’est bien que tu saches ce que tu ne veux pas, mais ça pour moi c’est une attitude “crétine” pour reprendre tes termes: s’enfermer dans une position et ne pas croire en ses capacités. Qu’est-ce que tu sais de la douleur d’une femme qui accouche ? Est-ce que tu sais plutôt ce que tu veux ? Comment veux-tu vivre ton accouchement ?

    C’est fou parce que dès qu’on parle d’accouchement ou de médicalisation, on en revient tjrs à la péridurale… mais il n’y a pas que ça !!!!!! D’où la nécessité de s’informer sur le processus physiologique de la naissance par exemple… c’est pas un luxe !!!

    La liste des gestes médicaux pouvant être nocifs quand c’est fait de manière systématique et excessive est trrrrrrrès longue: touchers vaginaux répétitifs, perfusion d’hormone de synthèse, épisiotomie systématique, péridurale systématique, rasage de la vulve, sonde urinaire, rupture artificielle de la poche des eaux, position sur le dos imposée, interdiction de s’alimenter ou de boire…. etc etc

    Tu peux jeter un coup d’oeil sur ce que dit l’OMS d’un accouchement normal:
    http://www.who.int/reproductive-health/publications/French_MSM_96_24/care_in_normal_birth_practical_guide_fr.pdf

  • @Rev: je ne cherche pas à persuader les femmes d’accoucher de telle ou telle manière mais j’ai la profonde conviction que l’accouchement est une expérience profondément humaine, et que chaque femme mérite d’avoir l’accouchement dont elle rêve et une naissance heureuse !

  • C’est amusant de confronter les points de vue !

    Je crois surtout qu’il est important de reconnaitre à chacune le droit d’accoucher comme elle l’entend… Naturellement ou pas, avec péri ou pas, etc…
    Et ce même si on connait le processus physiologique de l’accouchement (parce que je l’ai préparé, mon accouchement… ).

  • Avatar of Rev
    Rev

    maman durable > Il me semble qu’effectivement tes convictions sont très ( TRES ) fortes

    Je rejoins donc maguelone sur le point qu’on doit reconnaître à chacune le droit de faire comme on veut.
    ( Pourquoi notre rêve Ca ne serait pas d’avoir accès a la péridurale ? )

  • @rev : j’avoue que la péridurale, c’était mon rêve (ben oui, chacune a les rêves qu’elle peut ;-)) ! Et maintenant que j’ai accouché, je sais pourquoi !!!

  • @Rev et maguelone: je vous rejoins dans le sens où on doit reconnaître à chaque femme le droit de faire comme elle souhaite.

    Mais encore faut-il qu’elle connaisse vraiment ce qu’elle veut (et non pas seulement ce qu’ELLE NE VEUT PAS: moi mon rêve c’est d’avoir un bébé mais ne pas le porter pdt 9 mois, ne rien ressentir ah non surtout pas, ne pas avoir à accoucher mais l’avoir directement dans les bras, un bébé qui ne pleure pas, qui fait ses nuits au bout de 2 jours…ah ah ah ) et qu’elle connaisse ses droits… si l’envie lui dit bien sûr.

    Concernant la péri parce que ça vous tient tellement à coeur: moi j’ai essayé sans et je voulais la garder en réserve si mon accouchement était insupportable (j’suis pas mazo)… mais non j’ai eu mal mais c’était CARREMENT supportable (j’ai découvert un potentiel, une confiance en moi que j’ignorais alors, je me sens complètement capable d’accoucher ;-), et si c’est à refaire je le referai… d’ailleurs je l’ai refait !!!

    Bref, le sujet de la péri, toujours et tjrs débattu. L’accouchement ne tourne pas qu’autour de cela…

    En tout cas mesdames, sachez qu’en France, le plan périnatalité va dans le sens d’une naissance plus humaine et moins médicalisée (bien sûr celle qui veulent xxxx multiples interventions médicales alors que tout va bien seront un peu déçues…) .

    BIentôt ouverture de maisons de naissance, de plateaux techniques…bref le pied quoi !!!! Au moins il y aura du choix pour tout le monde !

  • Bravo pour cet article très bien écrit!
    Je le trouve touchant, plein de tendresse et d’humour.
    C’était très sympa à lire, merci.

  • Merci de dire les choses, on est trop souvent mal informées car celles qui sont passées par là, occultent ou n’osent pas dire les choses telles qu’elles sont. Si ça fait mal, autant qu’on le sache pour s’y préparer! Je suis un peu chiante avec mes amies car je demande souvent des détails, je préfère savoir. Merci.

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